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François Hollande a connu bien des déboires ces dernières semaines.
François Hollande a connu bien des déboires ces dernières semaines.
©Reuters

Chroniques du pot aux roses

Caleçonnades élyséennes, diversion dieudonnesque, sondages manipulés : les infortunes de l'oligarchie

La grande machine à manipuler l’opinion a tellement chauffé cette semaine - et sur un si petit sujet - qu’on a cru qu’elle allait casser. Mais attention, on guérit moins facilement du mépris que du ridicule.

Serge  Federbusch

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

Il est l'auteur du livre L'Enfumeur, (Ixelles Editions, 2013) et de Français, prêts pour votre prochaine révolution ?, (Ixelles Editions, 2014).

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1 - Zizi rider

C’est potache et ce n’est pas de moi mais c’est si mignon que je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager le nouveau surnom de notre «Hollandais volage » (pour le coup, c’est de moi), joli cœur à scooter, courant le guilledou sur le bitume du huitième arrondissement.

Tout a été dit sur ces jeux de placard dignes de Courteline, ces escapades fleurant leur Marivaux, ces cachoteries que n’aurait pas reniées Feydeau. La presse étrangère en raffole, il n’est rien de plus caricatural et français. Mou-Président ne fait pas honte car il fait rire, c’est tout ce qui le sauve. La duplicité est sa marque de fabrique, on le savait. Elle n’avait aucune raison de s’arrêter à la politique.

Rappelez-vous : il y a trois mois à peine, Faouzi Lamdaoui, conseiller à l’Elysée, était sévèrement tancé par François Hollande et se voyait retirer sa protection rapprochée parce qu’il avait osé réclamer qu’elle lui apporte des viennoiseries. Selon que vous serez président ou simple collaborateur, les croissants vous seront fertiles ou misérables !

Enfin ... pendant que le peuple s’amuse de cette gaudriole, les suppôts du pouvoir se mettent à l’œuvre. L’oligarchie politico-médiatique, de gôôôche forcément de gôôôche, s’affaire, s’indigne. Il ne s’agit que de vie privée, bien sûr, tous les hommes politiques vous le diront. C’est d’ailleurs ce qu’ils commencent à prétendre, droite comprise.

Mais Copé et quelques autres ont décidé de mordre, les méchants. Il faut donc élever rapidement une autre digue. Ce scandale, c’est la manigance d’un cabinet noir agissant dans l’ombre portée de Sarkozy, murmurent soudain les pompiers du pouvoir de leur voix chevrotante.

Et si ça ne suffit pas, la conspiration sera déclarée plus vaste encore ! La palme complotiste revient pour l’heure au terrible Serge Raffy dans le Nouvel Obs : « Cet homme (François Hollande) à la pudeur d’un autre temps (!) est tombé dans un épouvantable guet-apens de tabloïd qui peut toucher n’importe quel homme public.» Pauvre victime ... qui passait là par hasard bien évidemment. Bientôt, on verra le keffieh d’Al Qaïda sous le casque du paparazzi.

Pendant ce temps, Najat Vallaud-Belkacem et Dominique Bertinotti, les sœurs sourires du féminisme gouvernemental, ne sont toujours pas signalées au chevet de Valérie Trierweiler, dont le sort n’émeut pas grand monde dans ce petit monde.

Donnent enfin l’artillerie du sondage et de la conférence de presse domestiquée : les Français s’en moquent paraît-il. Circulez, il n’y a rien à photographier. Une seule question éludée et hop ! Terminé. Personne ne relance le débat, à la stupeur de la presse étrangère.

La grande machine à manipuler l’opinion a tellement chauffé cette semaine - et sur un si petit sujet - qu’on a cru qu’elle allait casser. Mais attention, on guérit moins facilement du mépris que du ridicule.

2 - Liberté-toi !

Manuel Valls, l’impresario bénévole et survolté de Dieudonné, vient de perdre sept points dans les sondages. S’être donné tout ce mal pour aboutir à pareil déboire : ce doit être terrible pour ce communicant déguisé en super-flic.

Dans cette pitoyable affaire, l’oligarchie a dû à nouveau se serrer les coudes plus qu’à l’accoutumée, fabriquer des référés pour museler préventivement un histrion qui ne mérite qu’indifférence. Le silence serait pourtant la seule réponse efficace aux délires tarifés de Dieudonné. Même la Ligue des droits de l’Homme a reconnu que le précédent jurisprudentiel est terrible pour la liberté d’expression. Les périls montent autour des palais royaux.

3 - La diversion de la semaine

Après le choc de simplification, voici le pacte de responsabilité. Les milliards virevoltent dans la parole présidentielle. La semaine dernière, ils étaient cinquante, rangés sous la rubrique « économies sur cinq ans ». Hier, ils n’étaient plus que trente, sous forme de cotisations familiales comme par miracle promises à l’évaporation. Enfin ... cet allègement ne sera effectif qu’en 2016, quand les vingt milliards du Contrat emploi-compétitivité auront été versés, s’ils le sont. Mais ces vingt milliards, font-ils partie des trente ? Et d’où viendront les dix autres ? Des cinquante milliards d’économies, lesquelles ne sont que des moindres dépenses comme chacun sait. Mystère et coulis de Flanby ...

Plus concrètement, un comité super-Théodule est créé : le Conseil stratégique de la dépense, excusez du peu. Il s’ajoutera à tous les autres.

Si vous voulez retenir un chiffre bien réel, celui-là, retenez plutôt que La Redoute va supprimer 1178 emplois. Ou que l’Etat accepte de verser 17 millions d’euros au repreneur de Mory Ducros, le transporteur, qui va pourtant licencier, filiales comprises, près de 3 000 personnes, sans compter les quelques 2 000 salariés de sous-traitants menacés.

Pour eux, pas de diversion.

4 - Insondables sondages

Voilà le Figaro se précipitant sur un sondage donnant pour la première fois Kosciusko-Morizet un point devant Hidalgo au premier tour des municipales parisiennes. Le barbier de sa ville en fait même sa "une", oubliant au passage que les voix des frais alliés MoDem de NKM se sont évaporées dans la nature, ce qui donne à ce résultat un sens fort différent.

En juillet 2013, centristes et umpistes totalisaient 43 % des intentions de vote à Paris. En janvier 2014, ils ne recueillent plus que 39%. Mais le Figaro ne s’en rend pas compte et la plupart des organes de presse non plus. Le match doit se jouer entre bobos de droite et de gauche. Il faut sauver les petits soldats de l’oligarchie et le jeu politique où s’englue la France doit continuer comme si de rien n’était.

A lire de l'auteur de cet article :  "L'enfumeur", de Serge Federbusch, (Ixelles éditions), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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