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Sommet européen : Berlin sous pression
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Conseil européen

Sommet européen : Berlin sous pression

Le sommet européen s'est conclu sur un accord. Le "pacte de croissance" à 120 milliards d'euros a été adopté, et l'Union va se doter d'un mécanisme unique de supervision financière. Le fonds de secours pourra recapitaliser les banques en direct sous conditions et acheter des titres de dettes d'État.

Mise à jour le 30 juin à 10h30 :

La presse européenne est unanime : Angela Merkel serait la grande perdante de ce sommet européen. L’Italie et l’Espagne sont parvenues à rester fermes pour obtenir des solutions de court-terme. "Personne ne devrait dire: 'J’ai gagné' ou 'J’ai perdu'. Ce qui était en cause, c’était l’Europe et c’est elle qui a gagné. C’est la zone euro qui a été confortée et renforcée", a déclaré François Hollande. Avant d’ajouter: "La France et l’Allemagne ont contribué avec d’autres pays à l’élaboration de ces solutions. Angela Merkel a participé à cette recherche et cette volonté de conforter et de consolider la zone euro".

Angela Merkel aurait toutefois obtenu certaines garanties.

Pour un porte-parole de la Commission européenne, "Angela Merkel ne s’est pas départie de sa logique. Elle poursuit toujours la même stratégie: lorsque des Etats ont demandé des plans de sauvetage, elle a fini par les accepter à condition que la troïka puisse contrôler les opérations. Cette fois-ci, elle consent à aider les banques, mais avec un contrôle accru de la Banque centrale européenne (BCE)".


Mise à jour 18h :

Les bourses continuent de saluer l'accord trouvé à Bruxelles dans la nuit de jeudi à vendredi par les pays membres de l'Union européenne. La Bourse de Paris a en effet signé ce vendredi sa plus forte hausse de 2012 (+4,75%) terminant tout juste sous la barre des 3200 points, 3196,65 points exactement.

La Bourse de Milan a quant à elle clôturé sur un envol spectaculaire à 6,59%, confirmant l'euphorie des investisseurs après l'accord des dirigeants de la zone euro qui doit notamment permettre d'aider Rome et Madrid à calmer les marchés.

La Bourse d'Athènes a terminé ce vendredi sur une hausse de 5,68%. L'indice général Athex s'est établi à 611,16 points.

Mise à jour 17h45 :

Nouvelle réaction. C'est Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, qui s'exprime cette fois sur les décisions prises lors du sommet européen de Bruxelles. Elle salue notamment les "avancées majeures" qui permettent selon elle de remettre l'Europe "sur les rails de la solidarité et de l'avenir". Elle ajoute qu'"après de nombreux 'sommets de la dernière chance', dont les seuls résultats ont été d'ajouter de l'austérité à l'austérité, celui des 28 et 29 juin frappe par la solidité des réponses apportées et par l'ampleur de la réorientation opérée". Selon elle, "avec François Hollande à l'initiative, l'objectif de croissance a été remis au coeur du débat, les lignes ont bougé en Europe et le résultat de ce sommet en est la preuve concrète".

Mise à jour à 15h :

François Hollande a donné une conférence de presse à l'issue du sommet européen. Il a promis de présenter le paquet budgétaire devant le Parlement français "parce qu'il y a une cohérence, un accord global".

François Hollande a annoncé une décision sur les transactions financières prise en coopération renforcée.

François Hollande ne veut pas voir de défaite française ou allemande : "ce qui s’est passé, c’est un compromis, une dynamique". "J'ai veillé à ce que nous puissions tous tenir le même discours", a-t-il précisé.

Sur la mise en place d’un mécanisme visant à recapitaliser directement les banques : "La BCE est outillée pour mener cette supervision bancaire. Je suis pour une supervision pour toutes les banques", explique François Hollande.

François Hollande a réaffirmé son opposition à une loi sur les déficits : "Nous ne mettrons pas dans la Constitution française une loi qui permet de maîtriser les déficits, une loi de programmation budgétaire. Mais ce sera une loi organique."

Le chef de l’Etat est aussi revenu sur la baisse des effectifs publics de 2,5%, baisse qu’il avait qualifiée d’ "invraisemblable". "Les effectifs de la fonction publique ne baisseront pas globalement en 2013."

 Mise à jour à 14h40 :

Alors que le vote de ratification du fonds de secours MES par le Bundestag est censé se dérouler aujourd'hui, beaucoup estiment désormais qu'il devrait être remis à plus tard étant donné qu'il représente un virage à 180° des décisions précédentes. Et de se demander si le sommet européen pourrait générer une crise politique en Allemagne.

Le célèbre quotidien allemand Die Welt écrit : "Etant donné le confusion sur les décisions prises au sommet de l'UE à Bruxelles, des spéculations concernant la remise à plus tard du vote sur le MES circulent à Berlin. Plusieurs membres de la coalition CDU-FDP appellent aussi à une annulation des décisions prises en soirée. Cela a été dit juste après le début d'une réunion spéciale de la Commission du budget. Le point de mécontentement touche au fait que la chancelière Angela Merkel a fait plus de concessions qu'attendues en ce qui concerne le crédit aux banques en Europe". La chancelière devra donc affronter la fronde des députés eurosceptiques de sa majorité au Bundestag qui estime que Merkel a cédé sur un principe martelé depuis le début de la crise par la Chancellerie et le ministère des Finances, soit le refus d'attribuer des aides financières sans soumission des Etats à un strict programme de réformes structurelles en contrepartie.

Mise à jour à 11h57 :

A l'issue du sommet de la zone euro vendredi à Bruxelles, qui a vu un accord sur des mesures pour relâcher la pression des marchés sur l'Italie et l'Espagne, "c'est l'Europe qui a gagné", a déclaré le commissaire européen au Marché intérieur, Michel Barnier. "Chacun autour de la table a des problèmes, a des questions, a des idées, a des ambitions aussi. Et la discussion se fait longuement, (...) et finalement, c'est l'Europe qui gagne. C'est le projet européen qui s'améliore", a expliqué le commissaire français, également en charge des services financiers.

Mais cette nuit, c'est surtout l'Italie et l'Espagne qui ont gagné, en soumettant leur accord au pacte de croissance prôné par François Hollande a la mise en place de mesures pour les protéger des marchés et recapitaliser leurs banques. "Chantage ? Je ne crois pas que ce soit le mot. Ce n'est pas la méthode de Mario Monti ni, pour autant que je sache, celle de Mariano Rajoy", a commenté François Hollande.

Le président français a ensuite estimé que "nous avons engagé l'avenir de la meilleure façon qui soit", avec des mesures immédiates et des avancées à plus long terme. Il a noté que que les décisions du Conseil européen ont "déjà eu des effets heureux" sur les marchés. "Je pense que nous avons réalisé quelque chose d'important, mais nous sommes restés fidèles à notre philosophie: aucune prestation sans contrepartie", a pour sa part déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.

Les différents partis politiques français ont fait part de leur réaction, dans la matinée. Pour le nouveau président du groupe socialiste à l'Assemblée, Bruno Le Roux, "ce sommet européen marque un tournant". "Sous l'impulsion de François Hollande, une stratégie de croissance est en train de remplacer la politique d'austérité généralisée qui était imposée depuis trois ans".

Pour Alain Juppé, "le pacte de croissance était déjà dans les tuyaux depuis longtemps, il consiste à réutiliser des fonds qui étaient disponibles mais enfin, cela va dans la bonne direction. De même que la décision de faire intervenir le fonds de secours pour recapitaliser les banques en difficulté des pays qui sont vraiment dans la tourmente aujourd'hui". Il regrette néanmoins que l'accord n'aille pas plus loin : "il y a encore beaucoup à faire pour progresser vers une véritable union bancaire, une véritable union budgétaire, politique", a-t-il déclaré sur France Info.

La présidente du Front national a, elle, prédit que l'accord "ne marchera pas". Les responsables européens "injectent des milliards dont on voit bien que c'est de l'eau sur le sable, car ces milliards sont aspirés par les banques sans aucun bénéfice, d'ailleurs, pour les peuples, et on est en train d'arriver au bout de cette logique", estime Marine Le Pen.

8h :

Les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles jeudi, se sont mis d'accord sur un pacte pour la croissance et l'emploi. "Nous nous sommes mis d'accord pour améliorer le financement de l'économie à hauteur de 120 milliards d'euros pour des mesures immédiates de croissance", a déclaré le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy au soir du premier jour du sommet de Bruxelles, qui doit en durer deux.

Ce pacte sera financé pour moitié par la réaffectation de fonds structurels non utilisés et par une augmentation de la capacité de prêt de la Banque européenne d'investissement (BEI) de 60 milliards d'euros. Des bons sur projets d'un montant de 5 milliards d'euros seront en outre "lancés à l'été" pour financer des infrastructures de transport et d'énergie. Ce plan représente 1% du budget européen.

Par ailleurs, la zone euro a décidé de mettre en place d'ici à fin 2012 un mécanisme qui permettra de recapitaliser les banques directement via son fonds de secours, a précisé Herman Van Rompuy plus tard dans la nuit. Cette décision, attendue par l'Espagne et l'Italie, leur a enlevé toute réticence à signer le pacte de croissance européen, qui a été adopté.

Enfin, le fonds de secours de la zone euro pourra également acheter directement des titres de dette des pays membres qui en feraient la demande.

François Hollande, qui revendique avoir imposé le thème d'un pacte de croissance dans l'agenda européen, a estimé que "1% du PIB, on peut toujours espérer plus mais il y a quelques semaines ce n'était pratiquement rien". Il n'a toutefois pas encore voulu annoncer la ratification du traité de stabilité budgétaire.

Lu sur Le Monde

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