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News of the World est empêtré dans un scandale d'écoutes téléphoniques de personnalités...
News of the World est empêtré dans un scandale d'écoutes téléphoniques de personnalités...
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Titanic

GB : News of the World meurt de honte

Un (énorme) scandale de trop : le magnat de la presse Rupert Murdoch ferme son journal. L'hebdomadaire pratiquait des écoutes illégales tous azimuts.

L'hebdo britannique dominical News of the World (2,6 millions d'exemplaires), acheté par le magnat australien Rupert Murdoch en 1969 est un vénérable tabloïd (168 ans, il a été fondé en 1843) qui n'a jamais cessé de vivre de scandales, et d'employer depuis une dizaines d'années tous les moyens, même les plus inavouables, pour y parvenir. Mais il est finalement lui-même au centre d'un scandale et cela l'a tué : il publiera son dernier numéro dimanche.

News Corporation, propriétaire de News of the World a annoncé par la voix de son directeur, le fils de Rupert Murdoch, la fermeture du journal. L'information figure à la Une de son site.

Depuis des mois, News of the World est empêtré dans un scandale d'écoutes téléphoniques de personnalités dont les répondeurs téléphoniques de mobiles ont été écoutés par un détective employé par le journal. Malgré toutes les tentatives d'étouffer l'affaire en dédommageant des personnalités concernées, l'affaire n'a pas cessé de s'envenimer.  

Le coup de grâce final est arrivé lorsque le Guardian a révélé cette semaine, que le détective en question avait écouté le répondeur du mobile de Milly Dowler, une adolescente de 13 ans, pendant que les policiers enquêtaient sur sa disparition en mars 2002. Le détective a même effacé certains messages compliquant l'enquête. La fillette a été retrouvée morte assassinée.

Rupert Murdoch, magnat australien de la presse, possède des quotidiens respectés comme le Times (Londres), le Wall Street Journal (New York), mais aussi des tabloïds comme le New York Post ou News of the World. Cela ne l'a jamais gêné. Mais le scandale Dowler a fait fuir les annonceurs, baisser les actions de son groupe en bourse, et menace son projet de rachat d'un bouquet de chaîne satellite britannique BskyB.

La décision de fermeture est brutale mais logique, Murdoch ne pouvait pas laisser News of the World abimer l'image de son empire, et risquer de voir remis en cause ses projets d'expansion. C'est un choc pour les journalistes de cet hebdomadaire, mais aussi pour le paysage médiatique britannique : News of the World était acheté par plus de 2,6 millions de personnes, et les générations précédentes l'adoraient : 8 millions de Britanniques l'achetaient en 1950, pas mal pour un pays de 50 millions d'habitants à l'époque, comme le rappelle CNN.

De plus, Murdoch qui est un fidèle soutien du gouvernement conservateur de David Cameron, actuel Premier ministre britannique a mis celui-ci en difficulté, après avoir contribué à le faire élire, via ses journaux. Face au scandale qui a secoué le Parlement britannique, Cameron, contraint et forcé, venait d'annoncer l'ouverture d'une enquête officielle. Le scandale le touche également parce qu'il avait comme directeur de communication jusqu'en janvier dernier, Andy Coulson ... l'ancien patron de News of the World, convoqué par la police qui souhaite l'entendre. Autre élément à charge pour le Premier ministre : Rebecca Brooks, rédactrice en chef du tabloïd au moment des faits présumés, est une très bonne amie de la famille Cameron.  "David Cameron et Rupert Murdoch sont les deux seules personnes dans le pays à penser que Rebecca Brooks ne devrait pas être licenciée", a ironisé jeudi le dirigeant travailliste Ed Milliband.

L'opposition profite de cette affaire pour dénoncer les liens étroits qui unissent Murdoch et le parti au pouvoir dénonçant le rôle du patron de presse dans l'accession au pouvoir des conservateurs aux dernières élections. Même Gordon Brown est intervenu sur cette affaire révélant que Murdoch l'avait contacté pour lui demander d'arrêter les investigations qui étaient menées sur des écoutes téléphoniques. Face au refus de l'ancien Premier ministre, Murdoch l'aurait "lâché" pour les élections, rapporte The Business Insider. Le journal termine en s'interrogeant sur l'avenir de la capacité de la presse britannique à faire élire son candidat  : " Pourrait-il y avoir enfin une élection en Grande-Bretagne où Murdoch ne déciderait pas de son gagnant ? Cela y ressemble de plus en plus..."

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