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Réforme pénale : les réactions au projet de Christiane Taubira
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Justice

Réforme pénale : les réactions au projet de Christiane Taubira

La ministre de la Justice a confirmé samedi à La Rochelle la création d'une "peine de probation", hors prison, et des mesures pour renforcer les sorties aménagées de détention.

Le projet de réforme pénale est sur toutes les lèvres. Depuis que celui-ci a fuité dans la presse, la polémique est vive et les désaccords sont nombreux. Ainsi, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls s'est montré particulièrement virulent à ce sujet s'en prenant ouvertement à Christiane Taubira. Mais la ministre de la Justice n'a pas encore cédé. Mieux, elle a détaillé ce samedi, lors de l'université d'été du PS à La Rochelle, les grandes lignes de sa réforme. En clair, elle a confirmé ce qui avait fuité auparavant, c'est-à-dire la création d'une "peine de probation", hors prison, et des mesures pour renforcer les sorties aménagées de détention. Projet de loi qui n'a pas tardé à faire réagir.

Ainsi, Marie-Jeanne Ody, la secrétaire nationale de l'Union syndicale des magistrats (USM) s'est exprimée sur France Info. "Une peine de probation comprend des mesures d'assistance, de contrôle, de surveillance. [...] Et cette probation existe depuis 1958", a-t-elle rappelé. Et de souligner que les peines exécutées hors des murs de la prison posent un problème. "Si la personne viole cette peine de probation, si elle ne la respecte pas, qu'est-ce qu'il adviendra ? Ce sera une nouvelle procédure ? [...] Alors que les tribunaux sont déjà complètement engorgés... Pour nous, à l'USM, ça ne nous paraît pas un progrès considérable", estime la secrétaire nationale.

Des propos qui rejoignent ceux formulés samedi par Christophe Régnard, le président de l'USM. Celui-ci a regretté n’être pas informé officiellement "de la teneur" du projet. "La peine de probation n’est pas financée et les juges d’application des peines, en nombre déjà insuffisants, ne pourront absorber plus d’activité", a-t-il aussi estimé.  A l’UMP, le député Frédéric Lefebvre a assuré ne pas être opposé à la peine de probation à condition "qu'elle ne soit jamais prononcée s'il y a eu violence physique". Quant à Christian Estrosi, le député-maire de Nice, il a dénoncé le "scandale" d’une "purge des prisons".

Enfin, Françoise Martres, la présidente du Syndicat de la magistrature (SM), se dit "satisfaite". Sur France Info, elle a toutefois émis quelques doutes. "La question sera de voir quel va être le sort réservé à cette nouvelle peine. Est-ce qu'elle va se rajouter à tout ce qui existe déjà, ou est-ce qu'elle va venir remplacer d'autres peines ?" s'est-elle interrogée. "Nous pensons qu'il faut une réforme globale de la justice pénale", a expliqué la magistrate, et des moyens pour la mettre en œuvre. "Rajouter une peine sur une peine ne sert pas à grand chose. Pour que cette peine ait un vrai sens, il faut donner les moyens aux conseillers de probation pour pouvoir assurer cet encadrement." Il reste donc encore du travail à Christiane Taubira avant que sa réforme pénale ne fasse l'unanimité.

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