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"Le monde a complètement changé, et la dépression à laquelle nous assistons est une réalité démographique", a déclaré le président des Républicains.
"Le monde a complètement changé, et la dépression à laquelle nous assistons est une réalité démographique", a déclaré le président des Républicains.
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Grand oral

Nicolas Sarkozy aux patrons : "Notre pays est en train de sombrer"

L'ancien président de la République s'est exprimé ce mercredi devant la Fondation Concorde afin d'échanger avec des chefs d'entreprises sur Public Sénat.

Invité à répondre aux questions des patrons réunis par la Fondation Concorde, Nicolas Sarkozy a tout d'abord évoqué brièvement la situation démographique en France et dans le monde : "Notre pays est en train de sombrer, la question est de savoir si l'on peut sauver la France (…) Le monde a complètement changé, et la dépression à laquelle nous assistons est une réalité démographique (…) Dans 30 ans, le troisième pays du monde le plus peuplé sera le Nigéria, il y une impression que la civilisation européenne est en train de s'effondrer, il va falloir changer tout notre modèle (…) Il faut refonder l'Europe, refonder notre système de développement, nous aurons une chance de nous en sortir", a-t-il déclaré, estimant qu'il faut agir "maintenant, avant que cela ne soit vraiment trop tard". 

Interrogé sur la proposition de la Fondation Concorde de geler les recrutements de la fonction publique pour une durée de trois ans, Nicolas Sarkozy a répondu : "Je ne suis pas favorable au gel absolu, car si vous gelez complètement vous gardez les plus anciens et pas forcément les meilleurs, cela n'a pas de sens de mon point de vue, et c'est parfaitement infaisable (…) Vous allez garder des gens qui resteront pour de mauvaises raisons".

"Durant mon quinquennat nous avons supprimé 150 000 poste de fonctionnaires, personne ne l'avait fait avant. Le problème qui s'est posé, est que les collectivités territoriales en ont créé autant (…) La dépense publique pèse pour 57% du PIB, il faut donc aller plus loin, car si l'on supprime 300 000 ou 350 000 postes de fonctionnaires, il faut les faire travailler plus (…) Nous souhaitons passer la durée du travail de 35 à 37 dans la fonction locale et territoriale, c'est une politique extrêmement ambitieuse, nous souhaitons que les collectivités comme l'Etat puissent embaucher dans le privé", a également déclaré Nicolas Sarkozy. 

"La seule mesure de suppression de dépenses ne suffit pas, il faut absolument et simultanément un grand projet de loi de réduction des dépenses publiques et un grand plan de réduction des impôts, car cela ne suffit pas à résoudre le problème de la compétitivité de nos entreprises et nos industries", estime-t-il également. 

"La première des mesures doit être une baisse sans précédent des charges, car autrement la France deviendra un pays de tourisme où l'on ne peut plus rien produire (…) Notre objectif est de mettre la fiscalité des entreprises, puis des particuliers, sur la moyenne des pays européens (…) On ne peut pas être l'un des seuls pays qui a un tel impôt sur le patrimoine (…) Il faut un effort massif de baisse des charges sur l'entreprise et l'agriculture, car le besoin de production agricole va augmenter de 70% dans les années qui viennent", ajoute Nicolas Sarkozy. 

Sur la question de la réforme du droit du travail, le président des Républicains assure qu'il "faut refonder le code du travail en changeant complètement le fonctionnement de la démocratie sociale", prônant la "suppression des délégués syndicaux nommés par une centrale syndicale, pour des délégués élus (…) Pour la durée du temps de travail, il faut la possibilité d'un référendum en entreprise, pour décider à l'intérieur de l'entreprise".

"Vous déciderez par un dialogue avec vos salariés de la liberté de temps de travail (…) Si vous donnez cette souplesse et allégez un certain nombre de normes, vous mettez l'industrie française en situation d'être concurrentielle dans le monde d'aujourd'hui", a-t-il déclaré aux chefs d'entreprises. 

Vu sur Public Sénat

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