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Mediator : l'Etat reconnu responsable par la justice française
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Mediator : l'Etat reconnu responsable par la justice française

Pour la première fois, le tribunal de Paris a jugé l'Etat "responsable des fautes commises" par l'agence du médicament (ANSM), "pour ne pas avoir suspendu ou retiré à compter de 1999 l'autorisation de mise sur le marché du Mediator".

C'est une victoire pour les victimes du Mediator. Selon leur avocat, Charles Joseph-Ourdin, pour la première fois le tribunal administratif de Paris a retenu la responsabilité de l'Etat dans cette affaire. En effet, dans une décision rendue publique ce mercredi 9 juillet, il l'a jugé "responsable des fautes commises" par l'agence du médicament (ANSM), "pour ne pas avoir suspendu ou retiré à compter de 1999 l'autorisation de mise sur le marché du Mediator, dès lors que les dangers du benfluorex, substance active du Mediator, étaient alors suffisamment caractérisés". Par ailleurs, selon le tribunal, "pour importantes que soient les fautes et les manœuvres imputables aux laboratoires Servier (...), il n'y a pas lieu d'exonérer l'Etat" de sa " responsabilité". L'Etat pourra, s'il le souhaite, se retourner contre Servier.

Le tribunal avait été saisi l'an dernier par une patiente, victime du Mediator. Cette femme assure avoir été "exposée de 2001 à 2009 au Mediator en traitement d'un diabète", et souffrir depuis "d'essoufflement rapide à la marche et d'œdèmes des jambes. Par ailleurs, les médecins auraient diagnostiqué chez elle une "fuite aortique minime" et de l'"hypertension artérielle pulmonaire modérée". Le tribunal va ordonner une expertise pour répondre ou non à sa demande d'indemnisation. 

Le Mediator a été commercialisé pendant trente ans. Il était à l'origine recommandé pour lutter contre l'excès de graisses dans le sang. Il a ensuite été prescrit comme traitement adjuvant pour les diabétiques en surpoids, avant d'être retiré du marché en novembre 2009. Car le médicament était en fait couramment utilisé pour ses propriétés de coupe-faim. Selon une expertise judiciaire, il pourrait être la cause de 2 100 décès.

Lu sur Le Monde

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