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Martin Hirsch veut une assurance maladie universelle
©Reuters

A contre courant

Martin Hirsch veut une assurance maladie universelle

Notre système "à deux étages", assurance-maladie et couverture complémentaire (assurances, mutuelles), est "source de complexité, de coût et d'iniquité", écrit le directeur général de l'AP-HP dans une tribune publiée dans Le Monde.

Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, et Didier Tabuteau, responsable de la chaire santé de Sciences Po, publient ce samedi dans Le Monde une tribune dans laquelle ils estiment qu'une "assurance-maladie universelle", qui rembourserait les soins de santé à 100% "n'est pas une utopie", mais qu'au contraire ce serait "une source d'économies et d'amélioration" pour les Français.

Dans cette tribune, les deux auteurs commencent par noter que "les indices convergent pour considérer que les performances de notre système de santé sont parmi les meilleures. La santé ne se trouve donc pas dans la même situation que l’éducation, où les comparaisons sont moins favorables pour la France." Pour autant, un "système de santé doit constamment évoluer pour rester performant et égalitaire", disent-ils. Selon eux, "Si rien n’est fait, notre système risque de ne pas résister aux tensions contradictoires entre les réalités épidémiologiques et technologiques, les contraintes financières et les aspirations des professionnels comme les besoins des malades".

Ils appellent donc à "une réforme majeure" à "contre-courant de la pensée dominante", qui permettrait "à la fois d’améliorer la protection des Français et de réduire les dépenses : étendre l’assurance- maladie à l’ensemble des dépenses de santé, en incluant dans la Sécurité sociale la couverture complémentaire, aujourd’hui essentiellement assurée par les mutuelles et les assurances".

Actuellement, le système "à deux étages", avec d'un côté l'assurance-maladie et de l'autre les complémentaires, est une "source de complexité, de coût et d'iniquité". Les complémentaires santé et la Sécu dépensent chacune six milliards d'euros par an en frais de gestion et leur fusion permettrait "de faire des économies substantielles", soulignent-ils. "Elle permettrait de réinjecter à terme des milliards d'euros (...) dans le financement de médecins, d'infirmiers, d'hôpitaux". 

"Il s’agit ni plus ni moins d’étendre à l’ensemble de la France, en le complétant, ce qui existe déjà en Alsace-Moselle", précisent les auteurs, qui pointent néanmoins deux problèmes : celui des dépassements d’honoraires, "aujourd’hui couverts en grande partie par les assurances complémentaires et qui n’auraient pas vocation à l’être par le nouveau régime", et celui du devenir des mutuelles, en particulier de l'avenir de leurs personnels.

Lu dans Le Monde

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