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Loi Travail : les esprits s'échauffent de toutes parts avant la rencontre entre Myriam El Khomri et Philippe Martinez
©Reuters/Charles Platiau

Chaud devant

Loi Travail : les esprits s'échauffent de toutes parts avant la rencontre entre Myriam El Khomri et Philippe Martinez

Alors que la ministre du Travail et le leader de la CGT doivent se rencontrer vendredi pour évoquer la loi Travail, les échanges musclés entre les forces syndicales et le gouvernement se multiplient.

Un contexte qu'on qualifiera poliment de "tendu". Alors que Myriam El Khormi et le leader de la CGT Philippe Martinez doivent se rencontrer ce vendredi 17 juin pour évoquer la loi Travail (à 8 heures au ministère du Travail), les échanges musclés entre les forces syndicales et le gouvernement se multiplient. Mercredi, Manuel Valls avait lancé un pavé dans la mare en déclarant que "l'attitude du service d'ordre de la CGT" avait été "ambiguë" concernant les casseurs.

Invité de RTL ce jeudi matin, Philippe Martinez lui a vertement répondu. "Le gouvernement, au lieu de jeter de l'huile sur le feu, devrait se calmer. On a l'impression que tout ce qui se passe mal, c'est le problème de la CGT. Il faut arrêter avec ce climat qui tend à nous culpabiliser". Le leader syndical estime en outre que les propos du chef du gouvernement pouvaient "énerver".  "Alors qu'un dialogue va s'ouvrir, je trouve étonnant une telle charge du Premier ministre", s'agace-t-il. "Malgré ce qu'il a dit, nous irons au rendez-vous car nous, nous avons le sens des responsabilités". 

Par ailleurs, des images publiées par la préfecture de police et qui tournent sur les réseaux sociaux ont fait état de manifestants affublés de chasubles rouges, arracher des pavés lors de la grande manifestation de mardi. Interrogé sur la question, Philippe Martinez n'a pas nié mais a tenté de défendre les auteurs des dérapages. "Il y a dû avoir un ordre, je pense, de la préfecture de police, de charger les manifestants. Quand c'est comme ça, chacun essaie de se défendre" a-t-il soutenu. Le syndicaliste demande au gouvernement "d'arrêter de noyer le poisson" et de se concentrer "sur le vrai problème, la loi Travail". 

Un avis partagé par Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, sur l'antenne de RMC et BFMTV. "Le gouvernement est dans l'impasse et cherche à discréditer le mouvement social anti-loi Travail" a-t-il condamné. "On voit qu'il y a la volonté de discréditer un mouvement social parce que le gouvernement est dans l'impasse, parce qu'il s'accroche à une loi dont le pays ne veut pas, sur laquelle il n'obtient pas de majorité parlementaire. Il répète qu'il ne veut pas bouger, alors que c'est la seule manière de sortir du conflit".

En revanche, le patron de la CFDT Laurent Berger (qui soutient la loi Travail), a envoyé une pique à la CGT sur France Info, estimant qu'il fallait "'arrêter de réclamer des discussions quand on n'a pas été là au moment où elles ont eu lieu". Sa secrétaire générale adjointe, Véronique Descacq, a jugé que ce n'était "plus possible". Et d'ajouter. "Avec toutes ces violences, on ne parle même plus du fond. Il est grand temps de réinstaller la culture du dialogue dans ce pays".

De son côté, Arnaud Montebourg a critiqué de manière plus large la façon de faire du gouvernement sur France Culture. "Nous sommes en face de la politique du coup de force permanent", a jugé l'ancien ministre de l'Economie. "Vous avez un problème parlementaire, on sort le 49-3. Vous avez une motion de censure sur le point d'être déposée par des parlementaires de la majorité, fait exceptionnel, on sort la machine à sanctionner. Vous avez un problème avec les organisations syndicales, les pétitions, vous leur interdisez de manifester. Vous avez un problème d'impopularité du président qui pourrait peut-être ne pas avoir son investiture à la présidentielle, vous supprimez les primaires".

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