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Les confessions fleuves de Nicolas Sarkozy dans l'hebdomadaire Le Point
©ALFREDO ESTRELLA / AFP

Nostalgie

Les confessions fleuves de Nicolas Sarkozy dans l'hebdomadaire Le Point

L'ancien chef de l'Etat s'est confié auprès de nos confrères du Point dans un long entretien.

L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy vient d'accorder un entretien exceptionnel à la rédaction du Point. Dans le cadre de cette interview fleuve, l'ancien homme fort de la droite, officiellement retiré de la vie politique, dévoile sa vision du monde. 

Nicolas Sarkozy s'est confié sur les leaders du monde entier comme Donald Trump, Vladimir Poutine, le prince héritier Mohammed ben Salmane ou bien encore Angela Merkel. 
Nicolas Sarkzoy a évoqué les difficultés rencontrées par Emmanuel Macron. Il n'a pas souhaité accabler l'actuel chef de l'Etat : 
"Je ne suis plus dans le combat politique. Je sais combien il est difficile de satisfaire toutes les attentes nées d'une élection. Je m'abstiendrai donc de le critiquer. J'observe d'ailleurs qu'en matière de critiques il semble servi… Et c'est si facile de détruire. Donnons-lui le temps. Les Français s'exprimeront lors des prochaines échéances électorales. La seule chose que je souhaite, c'est le meilleur pour notre pays".
L'ancien ministre de l'Intérieur a aussi abordé la crise des migrants.
"Malheureusement, nous n'avons encore rien vu de la crise migratoire qui s'annonce".
Nicolas Sarkozy a affiché son engagement envers l'Europe et au sujet du Brexit et de la Grande-Bretagne :
"Une seule priorité : mettre un nouveau traité sur la table pour définir l'Europe de l'avenir et changer profondément les règles du jeu. Cela permettra également de dire aux Britanniques : "Vous avez refusé de continuer avec la vieille Europe, construisons ensemble celle de demain". (...) Avec des compétences moins nombreuses mais plus lisibles. La mondialisation ne doit pas faire face à la diversité. C'est pour cela que je suis tellement opposé au Brexit". 
Il a également à nouveau abordé le dossier sensible de la Turquie et de l'Union européenne : 
"J'étais le seul à m'opposer à l'entrée de la Turquie en Europe et je ne le regrette pas. Jacques Chirac et François Hollande y étaient favorables. Barack Obama me l'avait également demandé. Mais aujourd'hui, avec l'effondrement de la livre turque, il faut tendre la main aux 80 millions de Turcs. Tout comme il faut tendre la main à la Russie. Il importe maintenant d'imaginer au-dessus de l'Europe une nouvelle organisation supranationale qui rassemblerait trois partenaires fondateurs : l'Europe, la Turquie et la Russie. On instaurerait ainsi un dialogue politique à haut niveau et on évoquerait les questions de sécurité, de terrorisme et de coopération économique.
Cette organisation pourrait, dans un second temps, être rejointe par des pays qui, comme l'Ukraine et la Géorgie, ont vocation à être des ponts entre les espaces européen et russe. Ainsi, ils n'auraient plus à choisir entre l'Europe et la Russie, et l'architecture de sécurité de notre continent en sortirait renforcée".
L'ancien chef de l'Etat s'est confié sur l'exercice du pouvoir : 
"Le pouvoir est dangereux, il peut devenir une drogue. Et un peu d'expérience ne nuit pas face aux dangers que les vapeurs du pouvoir peuvent générer". 
Nicolas Sarkozy n'est pas tendre avec la classe politique actuelle :
"J'ai profondément aimé la politique épique, avec un grand souffle… Je suis aujourd'hui consterné par cette fascination pour la transparence dévastatrice". 
L'ancien homme fort de l'UMP s'est confié sur l'affaiblissement des démocraties : 
"Nous avons une mauvaise conception du mot égalité, qui conduit à l'égalitarisme et au nivellement, et qui fait qu'aujourd'hui le principe même du leadership est contesté, voire illégitime. Or, pour conduire un pays, il faut une vision, donc un leader qui l'incarne, et du temps. Nos sociétés démocratiques ne donnent plus de temps et ne tolèrent plus le leadership, qui devient illégitime au regard de la vision déformée de l'égalitarisme. Cela ne concerne pas seulement les leaders politiques, mais aussi les dirigeants dans les domaines économique, culturel, sportif… Ajoutez à cela des réseaux sociaux qui veulent faire croire que toutes les paroles se valent. Nos sociétés ont fini par devenir des forums bruyants où tout se mélange sans ordre ni hiérarchie. L'affaire Benalla occupe des semaines en pure perte".
Nicolas Sarkozy a été interrogé également sur l'élection de Jair Bolsonaro :
"Je n'adhère évidemment pas aux positions radicales, voire parfois extrémistes, de Jair Bolsonaro sans parler de sa nostalgie assumée de la dictature militaire. Mais présenter l'élection au Brésil, comme on l'entend parfois, comme un choix entre la dictature et la démocratie me semble par trop caricatural. Les raisons de sa victoire sont multiples : volonté de sanctionner la classe politique sortante en raison d'une triple crise politique, économique, morale. On peut trouver cela injuste.
Mais, pour compter beaucoup d'amis dans ce grand pays, je crois pouvoir dire que l'immense majorité des Brésiliens qui ont voté Bolsonaro n'a pas voulu élire un dictateur et que, s'il lui arrivait malgré tout de l'oublier, une majorité plus grande encore saurait le lui rappeler. Ma conviction est que la démocratie brésilienne est plus forte que ce que l'on dit".
Questionné sur un éventuel retour en politique, Nicolas Sarkozy n'a pas éludé la question :
"Je savais dès le début que le pouvoir était une parenthèse dont on n'est pas propriétaire. Je suis profondément reconnaissant aux Français de m'avoir confié le destin du pays pendant un temps donné. Ce fut un immense honneur et une chance. Il y a tant de choses qui me passionnent que je n'ai pas besoin du pouvoir pour vivre. J'ai commis des erreurs, il y a des choses que je referais différemment, mais je n'ai aucune amertume, aucun regret. (...) Croyez-le ou pas, je suis trop occupé pour être en manque. Par ailleurs, j'ai profondément aimé la politique épique, avec un grand souffle… Je suis aujourd'hui consterné par cette fascination pour la transparence dévastatrice. On vous demande où vous habitez et avec qui vous vivez, mais on ne vous demande plus ce que vous voulez faire de votre pays. Cette fausse proximité avec l'électeur, cette dangereuse normalité, cette inquiétante banalité, cette apologie de l'amateurisme me sont étrangères. Et il y a tant de choses à vivre en dehors de la politique. J'ai la chance de rencontrer beaucoup d'entrepreneurs. L'aventure entrepreneuriale aussi est passionnante".
Lu sur Le Point

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