Le cannibalisme était "endémique" dans les camps de concentration nazis, révèlent de nouveaux témoignages de survivants | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
International
Le cannibalisme était "endémique" dans les camps de concentration nazis, révèlent de nouveaux témoignages de survivants
©Reuters

L'enfer sur Terre

Le cannibalisme était "endémique" dans les camps de concentration nazis, révèlent de nouveaux témoignages de survivants

"La nuit, vous tuiez ou étiez tué."

Les archives britanniques ont publié jeudi des témoignages inédits de survivants de camps de concentration, dont le seul Britannique ayant survécu au camp de Bergen-Belsen (Allemagne), Harold Le Druillenec. Cet homme, qui vivait sur l'île anglo-normande de Jersey, a été arrêté en juin 1944 pour avoir caché un prisonnier de guerre russe ayant réussi à s'échapper. Il fut, à la libération, une des personnes ayant témoigné lors du procès de Belsen, qui ciblait plusieurs dizaines de SS.

Dans les documents déclassifiés, Harold Le Druillenec décrit ses dix mois de détention dans le camp, où 70.000 personnes furent tuées pendant la guerre. Ce témoignage était destiné à un fonds gouvernemental chargé d'indemniser les victimes des nazis, dans les années 1960.

Il explique qu'il n'y avait ni eau potable, ni nourriture, ni possibilité de dormir dans le camp de Belsen, le pire des trois camps où il a été retenu. "Tout le temps que j'ai passé là-bas a consisté à traîner des cadavres dans des fosses communes gentiment creusées pour nous par des 'travailleurs extérieurs', puisque nous n'avions plus la force de faire ce type de travaux, ce que les autorités du camp avaient remarqué", témoigne-t-il.

"La loi de la jungle régnait parmi les prisonniers ; la nuit, vous tuiez ou étiez tué ; le jour, le cannibalisme était endémique". Il explique que c'est dans ce camp qu'il a entendu l'expression : "il n'y a qu'un moyen de sortir d'ici : par la cheminée".

Dans son témoignage, Harold Le Druillenec détruit plusieurs moyens de mise à mort utilisé par les nazis : la noyade, la crucifixion, la pendaison, les coups... Les tentatives de suicide "étaient un crime majeur, car nous n'avions pas le droit de choisir notre mort. Et comme il n'y avait pas la moindre intimité, je ne me souviens pas d'une seule tentative de suicide réussie".

En dix mois d'emprisonnement, il a perdu la moitié de sa masse corporelle et a mis plus d'un an à se remettre de différentes maladies (dysenterie, septicémie, etc.). Suite à son témoignage, il a reçu une indemnisation de 1835 livres sterling, l'équivalent de 43.000 euros aujourd'hui.

Lu dans The Independant

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !