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Laurent Wauquiez estime que le parti Les Républicains ne doit pas devenir un "supplétif d'En marche" ni céder aux "sirènes des extrêmes"
©PHILIPPE LOPEZ / AFP

"La droite n'est pas à vendre"

Laurent Wauquiez estime que le parti Les Républicains ne doit pas devenir un "supplétif d'En marche" ni céder aux "sirènes des extrêmes"

Laurent Wauquiez a accordé un entretien à la rédaction du Figaro. Il revient sur la défaite aux élections, la ligne de la droite, l'avenir des Républicains, le positionnement face à La République en marche et au Rassemblement National. L'ancien président des Républicains a annoncé sa démission ce dimanche. Cette décision intervient après la défaite aux Européennes.

Après l'annonce de sa démission dimanche sur le plateau du journal de 20h de TF1, Laurent Wauquiez a accordé une longue interview à la rédaction du Figaro. Il considère que le parti Les Républicains ne doit ni devenir un "supplétif d'En marche", ni céder aux "sirènes des extrêmes".  

Laurent Wauquiez a souhaité mettre en garde contre l'éventuelle création d'un "grand parti mou de centre droit". 

"Si la droite se conçoit comme un supplétif d'En marche, soit en créant un grand parti mou de centre droit, soit en cédant aux sirènes des extrêmes et en courant derrière le RN, alors elle sera morte. L'avenir de la droite n'est pas dans un parti attrape-tout qui ne dit plus rien [...] La solution ne viendra pas d’une droite qui se dilue".

Laurent Wauquiez a insisté sur la ligne du parti et sur l'avenir de la droite : 

"Ce qui a tué la droite, c’est le sentiment qu’elle remet en cause sa ligne tout le temps, qu’elle n’a plus de colonne vertébrale ni de constance. […] Le problème, ce n’est pas la ligne, c’est que les gens ne nous croient plus. Il faut d’abord des paroles claires. Ensuite de la constance dans les idées que l’on défend. Et surtout il faut des actes forts là où nous sommes en responsabilité, notamment dans les collectivités locales". 

L'ancien président des Républicains a critiqué la politique d'Emmanuel Macron et pense que la droite a un avenir : 

"Mais une fois qu’on accepte de regarder la réalité du pays en face, ce qu’on voit n’est pas satisfaisant: dérive de la dépense publique, laxisme sur le régalien, et une pensée libertaire. Il y a trop de parfum de gauche pour que cela réponde aux aspirations d’un esprit de droite. Voilà pourquoi je crois profondément à l’avenir de la droite en France".

Laurent Wauquiez revient sur les raisons liées à sa démission et sur l'ambiance qui règne au sein des Républicains : 

"J'ai vu le danger du retour de la guerre des chefs, le désir de revanche et au fond un état d'esprit que j'ai connu par le passé et qui m'a écœuré, comme pendant l'affrontement Copé-Fillon ou pendant la présidentielle. […] J'en ai tiré la conclusion que si ma présence était un obstacle, alors il fallait partir. J'espère que ma démission permettra de sortir de la querelle des personnes et de travailler sur le fond. Au fond, il y a deux chemins pour la droite. Entre le reniement et les convictions, j’ai clairement choisi".

Malgré les difficultés et sa démission, Laurent Wauquiez souhaite rester optimiste. 

"C’est peut-être paradoxal mais je veux partager un espoir. Je crois en l’avenir de la droite même si tous les signes aujourd’hui montrent l’inverse: les âmes mortes chancellent ; les esprits perdent leur sang-froid. On n’est sûrement pas au bout des épreuves, je le sais bien. Mais j’appelle à garder l’espoir. Je suis convaincu qu’il y aura une reconstruction, même si cela prendra du temps. Pour cela, il y a néanmoins une condition essentielle: on a besoin d’une droite de convictions. La solution ne viendra pas d’une droite qui se dilue et ne dit plus rien. […] Si la droite n’oublie pas ses convictions ni ce qu’elle est, elle se reconstruira. Et je le souhaite de tout cœur. […] Le macronisme comme l’extrême droite sont en train de fracturer le pays en opposant les uns aux autres. Je le dis à mes amis: il ne faut pas baisser les bras, il ne faut pas renoncer". 

Laurent Wauquiez a tenu à être clair et ferme sur la question des aliances éventuelles entre Les Républicains, La République en marche et le Rassemblement National : 

"L’avenir de la droite n’est pas dans un parti attrape-tout qui ne dit plus rien. L’avenir de la droite n’est pas de se reforger en cherchant des alliances parce que l’on n’aurait pas le courage de se poser les questions de fond. La droite n’est pas à vendre à la découpe à LREM ou au RN. Il faut repartir du cœur de la politique: quel est le sens de l’intérêt général que nous portons, que faire pour que la France ait un avenir?"

Le président du Sénat Gérard Larcher organise ce mardi une réunion sur l'avenir des Républicains. 

Jean Leonetti a remplacé Laurent Wauquiez à la tête des Républicains pour une période de transition. Des élections devraient être organisées dans les mois à venir pour désigner le nouveau dirigeant des Républicains. 

Le Figaro

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