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Georges Papandréou est contesté jusque dans les rangs de son parti socialiste pour son projet de référendum sur le plan européen d'aide financière à la Grèce.
Georges Papandréou est contesté jusque dans les rangs de son parti socialiste pour son projet de référendum sur le plan européen d'aide financière à la Grèce.
©Reuters

Virage à 180°

Grèce : référendum annulé, Papandréou sur le départ

Le Premier ministre grec Georges Papandréou, fort du vote de confiance des députés, devrait pourtant laisser la place à son ministre des finances dans le prochain gouvernement d'union nationale. L'idée d'un référendum sur le plan européen est abandonnée.

[Mise à jour samedi 14h30]

Le Premier ministre Georges Papandréou a rencontré ce matin le président de la République grecque Karolos Papoulias en vue de former le prochain gouvernement d'union nationale. Les deux hommes semblent s'être accordés, puisque M. Papandréou a annoncé qu'il allait que les consultations des différentes forces politiques allaient commencer sous peu.

Le scénario de son éviction de la prochaine formation gouvernementale semble pourtant se confirmer, au vu de ses déclarations récentes, rapportées par Le Figaro.fr : « Mon poste est la dernière chose dont je me soucie. Peu importe même que je ne sois pas réélu. (...) Je n'ai jamais conçu la politique comme une profession. » Il devrait laisser sa place à son ministre des Finances Evangelos Venizelos à la tête d'une coalition du parti socialiste grec avec le centre-droit et l'extrême-droite. L'opposition de droite, Nouvelle Démocratie, a en revanche refusé de s'y associer, réclamant toujours des élections.

[Mise à jour samedi 8h30]

L'annonce de l'abandon de son projet de référendum sur l'avenir européen de la Grèce, vendredi, a permis au Premier ministre Georges Papandréou de conserver la confiance du Parlement. Dans le vote de confianceIl a été conforté par 153 députés, face à une opposition de 145 voix, alors que beaucoup d'observateurs l'annonçaient perdant.

M. Papandréou a estimé que ce vote, à défaut d'un référendum, lui conférait un "mandat pour créer un accord politique plus large afin de soutenir l'accord européen". Un nouveau gouvernement de coalition devrait être formé dans les prochains jours : à sa tête, le ministre des Finances Evangelos Vinezélos devrait vraisemblablement remplacer Georges Papandréou, qui avait déjà indiqué qu'il n'était pas "inamovible". 

Selon M. Vinezélos, le nouveau gouvernement devrait rester au pouvoir jusqu'à la fin du mois de février. Il aura pour mission de valider le budget, de réviser le plan d'austérité, mais surtout de "préserver la crédibilité internationale [de la Grèce]. Les discussions sur la participation du secteur privé à la réduction de la dette grecque devront également être conclues sous son égide.

[Mise à jour à 12h55]

La Grèce a abandonné son projet de référendum sur le plan de sauvetage financier du pays mis au point par l'Union européenne, a annoncé vendredi 4 novembre le ministère grec des Finances, Evangelos Venizelos.

Dans un communiqué, M. Venizélos a ainsi confirmé auprès du dirigeant de l'eurogroupe Jean-Claude Juncker, du Commissaire aux affaires économiques Olli Rehn et de Wolfgang Schauble, l'intention affirmée la veille par le Premier ministre Georges Papandréou. Il a aussi souligné que le gouvernement briguait vendredi soir la confiance "pour obtenir le plus grand consensus possible" politique "avec la formation d'un gouvernement en ce sens"

[Mise à jour à 10h]

Dans un accord conclu avec ses ministres, le Premier ministre grec, Georges Papandréou s’engage à démissionner et à laisser la place à un gouvernement de coalition s'ils l'aident à remporter aujourd’hui, un vote de confiance au Parlement, nous apprend Le Point.

Contesté jusque dans les rangs de son parti socialiste pour son projet de référendum sur le plan européen d'aide financière à la Grèce, Georges Papandréou a déclaré jeudi qu'il n'était pas inamovible à son poste de Premier ministre. De son côté, l'opposition conservatrice exige le départ du chef du gouvernement et la tenue d'élections législatives anticipées dans un délai de six semaines.

Ces rebondissements dans la politique intérieure grecque sont suivis de près à Cannes, où l'attention des dirigeants des pays du G20 est entièrement tournée focalisée sur la crise de la dette dans la zone euro.

Selon des sources gouvernementales grecques, plusieurs ministres emmenés par Evángelos Venizélos, le ministre des Finances, ont discuté avec Georges Papandréou pour tenter de lui trouver une porte de sortie honorable après le choc provoqué dans les autres pays européens et sur les marchés financiers par son projet de référendum.

"Il lui a été dit qu'il devait se retirer dans le calme afin de sauver son parti", a dit l'une de ces sources à Reuters, sous le sceau de l'anonymat. "Il a accepté de démissionner. Cela s'est passé de manière très civilisée, sans acrimonie (…) à condition qu'il survive au vote de confiance, ce qui n'est pas du tout certain." Le parti au pouvoir dispose de 152 élus sur 300, mais la fronde contre le Premier ministre menace de le priver de majorité.

Un ministre a déclaré que Georges Papandréou avait accepté le principe de sa démission à la suite d'un accord de coalition avec Nouvelle Démocratie, le parti conservateur d'opposition emmené par Antonis Samaras.

Selon des sources internes, Nouvelle Démocratie envisage la formation d'un gouvernement de techniciens chargé de diriger le pays de un mois à six semaines et il pose comme condition essentielle la démission de Georges Papandréou. "Nous ne demandons même pas d'avoir nos représentants au sein de ce gouvernement. En fait, la meilleure solution serait qu'il soit totalement apolitique", a dit un responsable de Nouvelle Démocratie.

Au sein du gouvernement, on dit que les dirigeants socialistes engageront les négociations sur un mandat de six mois pour ce gouvernement, afin d'obtenir au bout du compte une durée de trois mois.

[Mise à jour le 3 novembre à 18h]

Conséquence de la pression qu'exercent sur Georges Papandréou les dirigeants européens et une partie de la classe politique grecque depuis l'annonce de l'organisation d'un référendum sur l'euro, jeudi après-midi, le Premier ministre s'est dit prêt à retirer son projet, afin de garantir le plan de sauvetage du pays.

Il a également indiqué que des négociations allaient être ouvertes avec Antonis Samaras, le chef de l'opposition de droite, "pour avancer sur la base d'un [gouvernement] de consensus". "Je crois en ce moment historique que les partis politiques peuvent se mettre d'accord", a-t-il assuré.

Pourtant, dans le même temps, Antonis Samaras a lui réclamé la démission du Premier ministre socialiste et la tenue d'élections législatives anticipées dans un délai de six semaines.

Le référendum grec est prévu pour le 4 décembre, à condition que le gouvernement Papandréou soit toujours en place. Rien n'est moins sûr : le vote de confiance qu'il subira demain, vendredi 4 novembre, au sein de son parlement s'annonce très serré. Jeudi matin, deux députées de la majorité socialiste grecque ont annoncé qu'elle ne voteront pas la confiance au gouvernement grec, qui perd ainsi sa majorité au Parlement. Dans la foulée, le Premier ministre a convoqué une réunion d'urgence de son cabinet aujourd'hui à 11 heures. Il se rendra ensuite auprès du Président grec Karolos Papoulias, annonce la télévision publique. 

Toujours dans la matinée jeudi, les ministres socialistes de la Santé, de l'Education et des Transports ont annoncé qu'ils préparaient une proposition pour former un gouvernement de coalition avec à sa tête Lucas Papademos, l'ancien vice-président de la Banque centrale européenne. Opposés au projet de référendum, ils tentent de convaincre Georges Papandréou de quitter le pouvoir, mais celui-ci a fait savoir par la voix de ses portes-parole qu'il "n'a pas l'intention de démissionner".

Depuis mercredi, l'opposition au référendum donne de la voix, ce qui met le Premier ministre en bien mauvaise posture : au sein du gouvernement, le ministre des Finances et celui du Développement se disent opposés à la tenue du référendum et demandent que le plan européen de sauvetage financier de la Grèce soit ratifié au Parlement comme le réclame la zone euro pour maintenir le pays solvable et dans la zone euro. Pour le Premier ministre grec la question est claire : "Il s'agit de savoir si les grecs veulent ou non rester dans la zone euro."

Invité jeudi matin sur  France Inter, le député européen écologiste Daniel Cohn-Bendit a accusé Nicolas Sarkozy et Angela Merkel d’avoir joué les gros bras face au Premier ministre Grec, "convoqué" par les deux dirigeants hier soir. Selon le député Vert, Sarkozy et Merkel auraient reçu à Cannes Georges Papandréou après l’avoir fait attendre de longues heures. Cohn Bendit a jugé cette attitude particulièrement "impolie".

Sur RMC et BFM TV, Brice Hortefeux a dénoncé l'attitude du Premier ministre grec "qui n'a pas informé, associé les autres dirigeants européens" à l'organisation du référendum.

Le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la présidentielle, a quant à lui estimé hier à l'Assemblée nationale que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se comportaient "en apprentis dictateurs" vis-à-vis de la Grèce. "A-t-on jamais vu un président de la République dénier, de la cour de l'Elysée, à un peuple le droit de voter? Le général De Gaulle doit se retourner dans sa tombe", a-t-il lancé.

"Aux Grecs de décider si oui ou non ils veulent rester dans la zone euro", a déclaré Laurence Parisot, la présidente du Medef, au micro d'Europe 1.

Jean Léonetti fait lui déjà le deuil de la Grèce dans la zone euro "La Grèce est à la fois quelque chose qu'on pouvait surmonter et en même temps quelque chose dont on peut se passer", a déclaré le ministre français des Affaires européennes sur RTL.


Jeudi matin, une seule question était dans tous les esprits à Cannes :  la Grèce va-t-elle, ou non, sortir de la zone euro ? Après le séisme provoqué par l'annonce du Premier ministre grec, Georges Papandréou, d'organiser un référendum pour consulter ses concitoyens sur le plan d'aide européen adopté dans la nuit du 26 au 27 octobre dernier, mercredi soir le couple franco-allemand et le Premier ministre grec ont éclairci les choses.

"La seule question qui se pose pour les Grecs c'est de savoir s'ils veulent rester membres de la zone euro." Une phrase prononcée avec gravité cette nuit par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Et qui sera sans doute répétée à l'envi tout au long des deux jours du sommet du G20 qui débute ce jeudi.

Côté européen, la course contre la montre est lancée : il s'agit en effet de mettre en place la nouvelle formule du Fonds européen de stabilité financière rapidement, pour qu'il fasse office de pare-feux en cas de "non" grec.

Nicolas Sarkozy a prévenu que les Européens et le FMI ne pourraient pas "verser le moindre centime" à la Grèce tant qu'elle n'aura pas "adopté l'ensemble" du plan anti-crise européen et tant que "toute incertitude sur l'issue du référendum" n'aura pas été "levée". C'est à prendre ou à laisser : s'ils disent "oui" le 4 décembre, les Grecs n'échapperont ni à la rigueur, ni à l'austérité et devront s'asseoir sur le plan d'aide, si difficilement mis en place. "Nous ne pouvons engager l'argent des contribuables européens, français et allemand, qu'à partir du moment où les règles sont respectées", a insisté Nicolas Sarkozy.

Mercredi soir, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont lancé un "appel solennel au peuple grec souverain pour qu'un compromis politique soit rapidement trouvé dans le pays", autour d'un oui à l'euro.

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