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Gabon : la victoire d’Ali Bongo a déclenché de violentes manifestations
©Capture d'écran / Voaafrique.com

Violences

Gabon : la victoire d’Ali Bongo a déclenché de violentes manifestations

Mercredi 31 août, Ali Bongo Ondimba a remporté l’élection présidentielle. Des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants ont éclaté dans la capitale, Libreville et se poursuivaient durant la nuit.

Selon des résultats officiels provisoires, Ali Bongo Ondimba a obtenu 49,80 % des voix contre 48,23 % à son adversaire, Jean Ping, lors de l’unique tour du scrutin.  L’opposition a aussitôt rejeté les résultats et réclamé un nouveau décompte dans la province du Haut-Ogooué, où a été signalé un taux de participation frisant les 100 %, a expliqué l’entourage de Jean Ping. "Les Gabonais n’accepteront pas ces chiffres", a ajouté un porte-parole du candidat.

Plusieurs foyers de tension se sont alors déclarés dans la capitale, Libreville. Des manifestations ont été dispersées à coups de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de jets d’eau. Il y a eu des blessés. Près du rond-point de la Démocratie, des groupes de jeunes ont aussi tenté de barrer les rues. Les forces de l’ordre ont aussi repoussé des manifestants, criant "Ali doit partir", qui tentaient de s’approcher du siège de la commission électorale (Cénap).

Dans la soirée, l’Assemblée nationale a été incendiée par des manifestants. Un panache de fumée rouge et noir se dégageait dans la nuit au-dessus du palais Léon-Mba, selon l’AFP. La ville restait sous très haute tension : check-points, grands axes coupés sur le front de mer, véhicules blindés aux carrefours, commerces fermés depuis mardi midi. La majorité des habitants sont cloîtrés chez eux. Des colonnes de fumée s’échappaient de plusieurs quartiers populaires. L’ambassade de France a appelé ses ressortissants à éviter tout déplacement jusqu’à nouvel ordre.

"Dans la paix et transparence" 

Quant au président réélu, il s’est félicité de cette élection "exemplaire", estimant qu’elle s’était passée "dans la paix et la transparence".

Jean Ping a pour sa part affirmé à l’AFP que son quartier général à Libreville avait été pris d’assaut par les forces de sécurité dans la nuit. "Ils ont attaqué vers 1 heure. C’est la garde républicaine. Ils ont bombardé par hélicoptères puis ils ont attaqué au sol. Il y a 19 blessés dont certains très graves», a-t-il avoué par téléphone, précisant qu’il n’était pas sur les lieux. Il a également affirmé que les manifestations avaient fait trois morts.

"Des personnes armées qui ont incendié le siège de l’Assemblée nationale se sont repliées au QG de Jean Ping en même temps que des centaines de pilleurs et de casseurs (...) Il ne s’agit pas de manifestants politiques mais de criminels", a déclaré à l’AFP Alain-Claude Bilie-By-Nze, le porte-parole d’Ali Bongo.

Paris et Washington expriment leur inquiétude 

Après cette annonce contestée, la France a demandé la publication des résultats de tous les bureaux de vote du Gabon. Selon le ministre des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault "les conditions de l’annonce des résultats de l’élection présidentielle au Gabon sont une source de préoccupation." "La France réitère son souci de transparence. Nous estimons nécessaire que les résultats de tous les bureaux de vote soient publiés.", a-t-il ajouté. Washington a exprimé la même volonté. 

Mercredi, avant même la proclamation de ces résultats, la responsable de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Federica Mogherini, avait appelé la commission électorale à publier "des résultats par bureau de vote", et non au niveau des neuf provinces ou au niveau national. Cette requête a été rejetée par le président de la Cénap, qui a invoqué la loi gabonaise. L’UE a également demandé aux protagonistes de maintenir le calme dans le pays.

 

 

Lu sur Le Monde

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