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Les marges de la grande distribution sur les fruits et légumes sont considérées comme abusives pour les producteurs.
Les marges de la grande distribution sur les fruits et légumes sont considérées comme abusives pour les producteurs.
©Reuters

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Fruits et légumes au juste prix : la vérité sur les marges abusives de la grande distribution

"Abusives" pour les producteurs, "extrêmement faibles, voire négatives en moyenne" pour les distributeurs : la guerre des marges fait toujours rage.

Du producteur à l’assiette : c’est le schéma rêvé d’un certain nombre de consommateurs, les badauds du dimanche, grands amateurs des marchés. Or, pour beaucoup d’agriculteurs, le principal circuit de vente (en chiffre) reste la grande distribution.

Pour protester contre leurs marges qu’ils jugent abusives, le Modef, la confédération syndicale agricole des exploitants familiaux, a organisé 29 marchés de fruits et légumes frais au "prix juste" en Ile de France ce mercredi, dont un sur la place de la Bastille."Ce que l’on souhaite avec cette action qu'on a lancé pour la première fois en 1993, explique Raymond Girardi, secrétaire général du Modef, c’est montrer au consommateur que la grande distribution ne leur fait pas payer le juste prix, ne paye pas bien les agriculteurs et gagne beaucoup d’argent facile."

Il explique son propos : "si l'on vend un kilo de nectarines 2 euros, soit un euro pour le producteur et un euro pour la marge de la grande distribution, c’est le prix idéal, qui devrait être pratiqué dans les grands magasins. Dans les faits, le kilo de nectarines est à 4 euros". Selon le syndicaliste, le nombre de producteurs est en constante diminution : "Depuis 1990, les deux tiers des producteurs ont disparu. En 1990, la production nationale était excédentaire. On couvrait les besoins et on exportait. Au-delà de la disparition des ces producteurs, on ne couvre plus que 65% des besoins de la population, le reste est importé".

La bataille opposant les producteurs de tout type –avicole, ovin, céréaliers etc.- et la grande distribution ne date pas d’hier. Les premiers dénoncent les marges abusives des grands noms de la vente. Un article du Figaro daté de l’an dernier observe les résultats d’une étude de l’Observatoire des prix et des marges sur les produits agricoles. Le rapport met en avant la responsabilité des enseignes de distribution dans le maintien des prix de vente, malgré une baisse des prix des matières premières. L’article pointe l’exemple de la vente de cerises bigarreau, affichées en magasin cinq fois plus chères que le prix payé par le distributeur.

Pour Raymond Girardi, il existe des solutions pour palier ces abus : "le gouvernement devrait mettre en place deux mesures phare. D’une part il faut réactiver le coefficient multiplicateur – qui était en pratique jusqu’en 1986 afin d’encadrer les marges de la grande distribution, et d’autre part il est nécessaire de mettre en place un calendrier d’importation pour n’importer que ce dont on a besoin ou ce qu’on ne produit pas ; mais pas importer massivement quand on est en production".

Toutefois, le camp de la grande distribution n’est pas sur la même longueur d’onde que les agriculteurs. La réaction de la Fédération des Entreprises du Commerce et de la Distribution (FCD) qui regroupe des enseignes comme Auchan, Carrefour, Casino, Cora et Système U  aux marchés militants du Modef ne s’est pas faite attendre ce mercredi. Ils mettent en avant les chiffres "erronés" du syndicat de producteurs et attestent "qu’en ce qui concerne le rayon fruits et légumes, il apparaît que les marges moyennes sont négatives : -0,74%". La FCD rappelle qu’un "certain nombre de charges incompressibles doivent être prises en compte avant de fixer les prix de vente". Et de citer le transport et la logistique des produits, les charges du magasin et le coût de la perte (produits abîmés, entre autres). La guerre des prix risque de durer encore longtemps.

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