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Etat islamique : un "11 septembre" sur le sol français redouté par les services secrets
©Reuters

Menace

Etat islamique : un "11 septembre" sur le sol français redouté par les services secrets

La menace est bien réelle selon plusieurs experts et responsables qui avertissent d'un risque d'attentats islamistes contre la France, d'une ampleur inégalée, risquant d'être impossibles à déjouer.

Les mauvaises annonces se multiplient ces dernières semaines quant à la menace qui pèse sur l'Hexagone. Après la mise en garde très pessimiste de l'ancien juge antiterroriste Marc Trévidic, d'autres experts et responsables avertissent d'un risque d'attentats islamistes contre la France, d'une ampleur inégalée, risquant d'être impossibles à déjouer. Déjà fin août dernier, le quotidien anglais The Telegraph expliquait que les risques d'une attaque terroriste qui pèsent sur la France seraient en augmentation. Le journal parlait même d'un "11 septembre" possible.

A lire : 11 Septembre à la française : les services de renseignements français s'attendraient à une attaque par missile

"Le thermomètre grimpe. Pour l'instant, nous avons eu des attentats de cour de récréation", avoue ainsi un responsable de la lutte antiterroriste. "Si l'attaque dans le Thalys avait fonctionné, on était très mal. Le gars avait mal engagé le chargeur de sa kalachnikov. Nous pensons que Sid Ahmed Ghlam (auteur de l'attaque avortée contre une église à Villejuif) s'est dégonflé au dernier moment et s'est tiré dans la jambe".

Et d'ajouter toujours aussi pessimiste : "Les modes opératoires ont changé : avant on mettait des bombes. Aujourd'hui il faut tenir dans le temps, pour que les médias puissent s'accrocher à l'événement, le diffuser en direct pour un maximum de publicité"., avant de conclure : "La mode est désormais des attaques à la kalachnikov, qui vont durer".

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Les services antiterroristes craignent particulièrement un attentat avec le même mode opératoire que l'attaque par un commando bien armé du centre commercial Westgate à Nairobi, en septembre 2013, qui a fait 68 morts au terme de quatre jours de siège. Cela se passerait à Paris ou dans une grande ville. Et d'expliquer leur peur : "S'ils s'enferment dans un grand magasin, c'est le cauchemar pour les trouver", poursuit le même responsable. "Rien que pour savoir combien il y a de tireurs, puis pour les trouver, les neutraliser, il faut des heures. Le jour où on tombe sur deux bons vétérans des combats en Syrie, on est mal".

Un autre responsable antiterroriste, qui demande également à ne pas être identifié, va dans le même sens : "Jusqu'à aujourd'hui, on a eu les peintres en bâtiment. Ce qu'on craint vraiment, ce sont les professionnels qui vont suivre". Et malgheureusement, selon cet homme l'avenir n'est pas radieux : "Les jours plus sombres sont devant nous. La vraie guerre que l'EI entend porter sur notre sol n'a pas encore commencé", dit-il.

Les services de renseignement, de police, de secours se préparent depuis des mois à l'éventualité d'une attaque de grande ampleur. Ils répètent les réponses, leurs modes de mobilisation et de coopération pour y faire face, tentent de raccourcir leurs temps de réponse et d'améliorer leurs techniques d'intervention, tout en sachant que le jour J ils seront certainement surpris par certains détails qui n'avaient pas été anticipés.

Dernier point de vue, celui de l'expert Yves Trotignon, ancien de la DGSE, "le danger peut venir d'une équipe plus ou moins grosse de gars qui viennent de théâtres d'opérations où ils se sont aguerris, peut être la Syrie, peut être la Libye, le Yémen, qui trouvent les armes sur place et passent à l'action". "Des gars décidés, prêts à mourir, qui ont étudié la cible et sont solides du point de vue opérationnel peuvent faire très mal. Le nombre de djihadistes vétérans augmente tous les jours. Face à çà, il faut bien le dire, les services sont submergés".

Lu sur Le Nouvel Obs

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