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Grossière erreur

Etat islamique : la CIA n'aurait pas pris en compte des informations cruciales livrées par des espions de l'Armée syrienne libre

Selon nos confrères du Monde, qui ont pu contacter un espion de l'opposition modérée en Syrie, les renseignements américains auraient négligé une mine d'informations sur les groupes djihadistes.

La CIA aurait négligé des informations de l'Armée syrienne libre (ASL) sur l'accaparement de la révolution par les deux groupes djihadistes aujourd'hui aux commandes : le Front Al-Nosra et l'organisation Etat islamique (EI). Selon des informations du journal Le Monde, les rebelles modérés auraient à de nombreuses reprises contactés la CIA pour leur transmettre des rapports très fouillés contenant de nombreuses données (cartes, photographies, coordonnées GPS, numéros de téléphone).

Le Monde a recueilli les confessions du maître-espion de l'ASL, un dénommé "M.", et eu accès à certaines pièces capitales, notamment la localisation des bureaux et des checkpoints des djihadistes à Rakka.

"Ces étrangers venaient voler notre pays, nos droits et notre terre", s’indigne "M.". Pour lui, les groupes djihadistes représentent un véritable danger pour la révolution. "Du moment où Daech comptait vingt membres à celui où il en a compté vingt mille, nous avons tout montré aux Américains, explique 'M.'. Quand on leur demandait ce qu’ils faisaient de ces informations, ils répondaient de façon évasive, en disant ce que c’était entre les mains des décideurs."

Afin de financer son réseau d'espionnage, "M." a demandé un soutien financier de 30 000 dollars (27 000 euros) de la part des forces occidentales, il n'en reçoit que 10 000. Dérisoire.

Comment expliquer une telle bévue de la part de la CIA ? "Nous sous-estimons la richesse que les Syriens peuvent apporter en termes de renseignements sur l’EI", affirme Charles Lister, un spécialiste des mouvements djihadistes syriens, qui a pu constater que des informations avaient été ignorées par les renseignements américains.

"A la fin de l’année 2013, nous avons raté deux coches, renchérit un diplomate occidental. Le premier, c’est l’attaque chimique contre la banlieue de Damas [le 21 août 2013], qui est restée sans réponse, ce qui a remis en selle le régime. Le second, c’est le renforcement de l’acteur qui aurait lutté contre Daech, et l’ASL était la mieux placée pour assumer ce rôle."
 

Lu sur Le Monde
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