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Entre tortures et violation des droits de la défense, la police de Chicago sous le feu des critiques
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Chicago confidential

Entre tortures et violation des droits de la défense, la police de Chicago sous le feu des critiques

Un article du Guardian détaille certaines pratiques sombres de la police de la troisième ville américaine.

Une enquête qui fait froid dans le dos. Le Guardian a publié ce mardi un article exclusif sur les bavures policières à Chicago. L'enquête se concentre notamment sur un bâtiment situé à Homan Square, à l'ouest de la capitale de l'Illinois.

Selon les témoignages recueillis par le Gardian, ce bâtiment abrite les unités de lutte contre les gangs, le trafic de drogues ou les crimes sexuels. Mais on y trouverait aussi des véhicules militaires, plusieurs cellules et même une cage.

Il aurait été utilisé comme lieu de détention au mépris de toutes les lois de la défense des suspects. Afin de les interroger et obtenir des aveux, les détenus pouvaient disparaitre plusieurs heures et se voyaient refuser le droit à un avocat, au mépris du cinquième et du sixième amendement de la constitution américaine.

Flint Taylor, avocat de profession, a déclaré que Homan Square était une sorte "d'institutionnalisation des pratiques, comprenant le nom du respect du droit à un avocat ou l'utilisation de la violences physique pour obtenir une déclaration". 

Le Guardian s'est intéressé au cas de Brian Jacob Church. Ce dernier avait été accusé de préparation d'acte terroriste avec deux de ses connaissances, avant d'être amené à Homan Square, le 16 mai 2012. Il avait alors explicitement demandé le droit à un avocat, ce qui lui avait été refusé. Il restera attaché durant plus de 20 heures, avant d'être transféré vers un autre poste de police et de se voir notifier les charges retenues contre lui.

"Ce n'est pas un endroit comme les autres", témoigne-t-il. "Il rappelle les lieux d'interrogatoire utilisés au Moyen-Orient. C'est un site secret, mais sur le continent américain. Quand vous y rentrez, personne ne sait ce qui va vous arriver."

Au moins un homme serait mort dans les cellules d'interrogatoire de ce bâtiment.

La police de Chicago a déjà été sous le feu des critiques pour causes d'accusations de torture. Ancien soldat au Vietnam devenu commissaire, Jon Burge, a utilisé des techniques d'interrogatoire, comprenant électricité, coups, apprises durant la guerre.  Il a été renvoyé de la police en 1993, pour avoir torturé le meurtrier d'un policier. Il n'a été condamné qu'en 2010, non pour ses actes, mais pour avoir menti sous serment sur l'usage de la torture.

Selon le Guardian, entre 1976 et 2011, l'Illinois a connu 85 erreurs judiciaires, dont 55 pour Chicago. Elles auraient coûté aux contribuables 214 millions de dollars.

Lu sur The Guardian

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