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La présence de la protéine Spike dans le plasma de patients atteints de Covid long vient appuyer de nouveau l’hypothèse d’un « réservoir à virus ».
La présence de la protéine Spike dans le plasma de patients atteints de Covid long vient appuyer de nouveau l’hypothèse d’un « réservoir à virus ».
©DENIS CHARLET / AFP

Avancées de la recherche

Covid long : l’hypothèse d’un « réservoir à virus » dans l’intestin de certains patients se précise

La présence de la protéine Spike dans le plasma de patients atteints de Covid long, mise en évidence par une équipe de chercheurs d’Harvard, vient appuyer de nouveau l’hypothèse d’un « réservoir à virus ».

A travers la planète, des chercheurs se mobilisent pour trouver la cause et les origines des cas de Covid longs, mais aussi pour en faciliter le diagnostic et la prise en charge. Une hypothèse semble se préciser suite à de nouveaux travaux. Cette piste concerne la présence de « réservoirs à virus » dans l’intestin des patients atteints.

La recherche sur les causes du Covid long avance. Mi-juin, l’équipe du docteur David R. Watt, de l’école de médecine de Harvard, a fait paraître une pré-publication scientifique sur le portail MedRxiv. Dans le cadre de ces travaux, ils indiquent avoir identifié la protéine Spike du SARS-CoV-2 dans le plasma de deux tiers d’un panel de patients atteints de Covid long, alors que la protéine est totalement absente du plasma des patients Covid ne présentant plus de symptômes.

Bien que basées sur un petit échantillon de personnes (31), les conclusions de cette étude semblent si marquées que les chercheurs la jugent convaincante. Elle doit encore être revue par des pairs.

Ces conclusions viennent recouper celles d’études antérieures et permettent d’éclairer un peu plus les médecins sur les origines du Covid long, et donc, potentiellement, sur les moyens de le traiter.

Si la protéine Spike est retrouvée dans le plasma des patients Covid long, cela signifierait qu’il persiste quelque part dans leur organisme un réservoir de virus actif et que ce virus a trouvé un moyen de passer dans le sang.

L’hypothèse d’un « réservoir de virus » a déjà été avancée dans une étude de l’université de Stanford, publiée en avril et mai 2022 dans plusieurs revues scientifiques. L’équipe d’Ami Bhatt, oncologue et généticienne, avait alors mis à jour des « virus fantômes », ou fragments d’ARN du SARS-CoV-2 non pas dans les échantillons respiratoires (où le virus avait disparu) mais dans l’intestin de deux tiers des patients souffrant de Covid long jusqu’à 7 mois après leur infection.

Selon les chercheurs, le virus présent dans l’intestin aurait alors pu passer dans le sang grâce à une brèche de la barrière gastro-intestinale, rendue poreuse par l’inflammation.

Parallèlement, une autre étude de l’université d’Innsbruck, parue en mai 2022 dans la revue Gastroenterology a révélé que des fragments du virus SARS-CoV-2 étaient toujours présents au bout de six mois dans la muqueuse intestinale de la majorité des patients atteints de maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI). Les patients concernés ont souffert de symptômes de Covid long.

Ces résultats et les travaux de différentes études sur la question suggèrent que les symptômes du Covid long sont dus à la persistance du SARS-CoV-2 au niveau de l’intestin, qui permettrait en outre au virus de passer dans le sang.

Le Covid long pourrait être identifié par une simple prise de sang pour doser la présence de cette protéine. Les stratégies de traitement pourraient elles aussi progresser.

Aujourd’hui, plusieurs études estiment qu’après six mois, 10 % des malades ayant contracté le Covid présentent encore des symptômes, plus ou moins handicapants au quotidien.

Sud-Ouest

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