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Chypre : les détails de l'accord enfin dévoilés

La deuxième banque du pays sera mise en faillite de manière ordonnée. Elle sera scindée entre une "bad bank", entité résiduelle amenée à disparaître, et une "good bank", où seront regroupés les dépôts inférieurs à 100 000 euros.

Chypre va devoir faire des efforts. Le pays a été à deux doigts de sortir de la zone euro mais finalement il a sauvé sa place de justesse. Mais l'accord trouvé durant la nuit de dimanche à lundi, va laisser des traces. L'avenir du pays s'écrit encore en pointillés. C'est en tout l'avis des spécialistes et des dirigeants de Chypre. "Finalement, Chypre sort d'une période d'incertitude et d'insécurité pour l'économie. Un défaut de paiement a été évité, ce qui aurait signifié une sortie de la zone euro, avec des conséquences dévastatrices", a indiqué lundi le porte-parole du gouvernement Christos Stylianides.

Le plan "se concentre sur les deux banques qui posent problème et la protection entière des dépôts dans toutes les banques", a déclaré la directrice générale du FMI Christine Lagarde. Le plan de sauvetage est "équitable", a assuré de son côté le ministre allemand des finances Wolfgang Schäuble. La deuxième banque du pays, la Laiki Bank (Popular Bank en anglais), sera mise en faillite de manière ordonnée. Elle sera scindée entre une "bad bank", entité résiduelle amenée à disparaître progressivement, et une "good bank", où seront regroupés les dépôts inférieurs à 100 000 euros, qui bénéficient d'une garantie publique dans l'Union européenne.

Cette mesure aura pour effet de réduire considérablement la taille du secteur bancaire chypriote. La première banque du pays, la Bank of Cyprus, reprendra à terme les dépôts garantis de Laiki Bank. Elle reprendra aussi les dettes de celle-ci envers la Banque centrale européenne, qui s'élèvent à 9 milliards d'euros. Les déposants la Bank of Cyprus vont aussi subir des pertes. Le porte-parole du gouvernement Christos Stylianides a indiqué que les dépôts de plus de 100 000 euros de la Bank of Cyprus subiraient une ponction d'"environ 30%".

Les autorités chypriotes vont également signer dans les prochaines semaines avec la troïka (UE, Banque centrale européenne et FMI) un protocole d'accord prévoyant des réformes structurelles, des privatisations et une hausse de l'impôt sur les sociétés qui passera de 10 à 12,5%. Parmi les efforts demandés à Chypre figurera aussi la lutte contre le blanchiment d'argent, en fonction des résultats d'un audit imminent. En échange, une aide allant jusqu'à 10 milliards d'euros sera fournie essentiellement par le pare-feu de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (MES), mais comprendra un apport du Fonds monétaire international qui reste à déterminer.

Nicosie va également restreindre les mouvements de capitaux, pour éviter leur fuite et la réouverture mardi des banques de l'île, fermées depuis le 16 mars, restait incertaine.

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