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En tentant d'éteindre la polémique, François Hollande l'a ravivée.
En tentant d'éteindre la polémique, François Hollande l'a ravivée.
©Reuters

Tollé

Affaire Leonarda : les critiques continuent de pleuvoir sur François Hollande

En proposant samedi de laisser revenir Leonarda, mais seule, le président n'a pas réussi à éteindre l'incendie et à faire taire les critiques dans son propre camp.

[Mis à jour samedi à 20h15]

Son offre est un véritable flop. En proposant à Leonarda de revenir poursuivre sa scolarité en France, mais sans sa famille, François Hollande n'a fait que raviver la polémique. A gauche, on pointe du doigt un choix cruel, tandis qu'à droite, on critique l'absence de fermeté et le discours ambigu du chef de l'Etat sur l'immigration irrégulière.

Dimanche :

Jean-François Copé, président de l'UMP (Europe 1) : "Tout cela fait monter le Front national et je ne laisserai pas faire ça", a-t-il déclaré. "Il n'est pas question de laisser l'extrême droite profiter de l'impéritie du président de la République." Il a ensuite accusé François Hollande d'avoir "bafoué l'autorité de l'Etat".

Rachida Dati, eurodéputée UMP (France 3) : "Cette affaire révèle non seulement les contradictions mais aussi l'incompétence extrêmement dangereuse de ce gouvernement qui remet en cause l'Etat de droit et le respect de la loi", a-t-elle dit. "Le pire, c'est de dire 'Leonarda peut revenir, à la charge de la France, faire sa scolarité'. Mais sur quels principes ? Le président de la République viole la Constitution en disant cela."

Bruno Le Maire, député UMP (JDD) : Le président "a agi en chef de parti". "En autorisant le retour de cette collégienne sur le sol français, François Hollande a commis une faute inexcusable." "En principe, le président de la République est le garant du droit et des institutions. En réalité, il les bafoue. [...] Honte à lui de contourner les lois de la République !"

Malek Boutih, député PS (RCJ) : Il a critiqué une décision qui n'avait "ni un sens politique, ni un sens juridique". "Soit on considérait, et c'était intelligent politiquement, qu'il y avait un trouble à l'ordre public [...] et on réétudiait le dossier en faisant revenir la famille, quitte à reprendre la même décision après. Soit on considérait que la décision de justice et de police avait été entérinée et il fallait en rester là." "Il semble désormais que le président de la République décide de tout, de la politique économique, du sort d'une lycéenne, d'une famille [...]. Ca m'inquiète", a-t-il ajouté.

Europe Ecologie-Les Verts (communiqué) : Le parti a qualifié d'"inhumains et incompréhensibles" les propos de François Hollande et de Manuel Valls. EELV a demandé à ce que la collégienne et sa famille "puissent revenir sur le territoire au plus vite", tout comme l'étudiant arménien Khatchit Khachatryan expulsé récemment. 

La direction d'Europe Ecologie-Les Verts a déclaré dimanche soir que ce communiqué d'un porte-parole du parti était "une initiative personnelle" et "n'a été validé par personne". 

Samedi : 

Noël Mamère, député écologiste (communiqué) : Il a dénoncé "une ignominie" et une "proposition infâme". "Nous avons un président de la République qui est incapable de trancher et qui est à la recherche désespérée du compromis", a-t-il ajouté.

Harlem Désir, premier secrétaire du PS (AFP) : Il a souhaité "que tous les enfants de la famille de Leonarda puissent finir leurs études en France accompagnés de leur mère". "Je vais en discuter avec le président et le gouvernement", a-t-il ajouté.

Danielle Simonnet (Parti de gauche) : "La jeune collégienne est sommée par le président de la République de choisir entre vivre en famille ou revenir seule en France poursuivre ses études. C'est d'une cruauté abjecte."

Le PCF a pointé du doigt "un affront aux valeurs républicaines". "La ligne Valls, dans la continuité du sarkozysme, est confortée alors qu'il faut changer la loi et mettre fin sans délai à toutes les expulsions de jeunes étrangers scolarisés."

Eric Ciotti, député UMP (communiqué) : François Hollande "ridiculise notre pays en renonçant à l'autorité de l'Etat par sa proposition d'accueillir Leonarda en dépit des décisions de justice". "C'est un très dangereux signal adressé dans la lutte contre l'immigration irrégulière."

François Fillon, ancien Premier ministre UMP, a regretté "l'indécision caricaturale" du chef de l'Etat qui, "à force de chercher des synthèses, apparaît ambigu face à l'immigration irrégulière".

Jean-Louis Borloo, président de l'UDI, a estimé le position du président "incompréhensible tant en terme du respect de la loi que du respect de l'unité d'une famille".

Florian Philippot, vice-président du FN, a jugé "ahurissante" l'offre de François Hollande. "Quelle est la légalité d'un tel retour, et cette décision fera-t-elle jurisprudence ? Comment envisager que cette fille vive seule en France sans un soutien public ? Cette décision sera en tout cas un signal extrêmement négatif qui va encourager l'immigration clandestine et compliquer les expulsions", a-t-il ajouté.

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