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"Mis plus bas que terre", les salariés d'Air France poursuivis s’expriment pour la première fois
©Reuters

Prise de parole

"Mis plus bas que terre", les salariés d'Air France poursuivis s’expriment pour la première fois

"Ils ont fouillé chez moi, j'avais l'impression d'être un terroriste" a témoigné l'un d'entre eux.

Ils sortent pour la première fois du silence. 4 des 5 salariés d'Air France poursuivis pour violences ont rencontré un journaliste de l'AFP et deux ont accepté de s'exprimer. Mickaël et David (les prénoms ont été modifiés) n'ont pas souhaité parlé précisément de leur rôle dans la manifestation du 5 octobre qui a dégénéré, mais se sont exprimés sur les conséquences concernant leur vie personnelle et professionnelle.

"Je ne regrette pas d'avoir participé à une manifestation pour sauver mon boulot", témoigne David. "On est venu là pour nos emplois, pas pour casser". Mickaël, lui, fustige le nouveau plan de restructuration, "c'est une catastrophe sociale. C'est des divorces, des pertes de maison, de vie... c'est injustifié.

Les deux hommes regrettent notamment les conditions de leur interpellations, le 12 octobre. Après une nuit de travail, Mickaël rencontre trois policiers devant son domicile, aux alentours de 6h du matin. "Ils ont fouillé chez moi, j'avais l'impression d'être un terroriste". Mais le pire c'est pour les enfants", qui s'interroge selon lui: "Il a disparu papa, qu'est-ce qu'il a fait?"

Quant à David, il se dit personnellement "traumatisé par la garde à vue" et affirme voir un psychiatre depuis. "Je ne dors pas vraiment, je ne mange plus. Je n'ai jamais eu de problème avec la justice, c'est vraiment dur psychologiquement d'être traité comme un bandit. Nous aussi on s'est fait violenter".

Les salariés critiquent également les réactions des hommes politiques et des médias suite à cette affaire. Selon Mickaël, ils ont été jugés "coupables avant d'être jugés, même par les médias et par Valls." Le Premier ministre avait parlé de "voyous", suite à ces violences. Si un jour on a des excuses, c'est déjà bien. On a été mis plus bas que terre. On sert de bouc-émissaires, Air France a voulu faire un exemple en disant -si vous vous rebellez, vous aurez le même traitement".

Les cinq salariés d'Air France poursuivis pour les violences en marge du comité central d'entreprise (CCE)  sont mis à pied à titre conservatoire, sans solde. Ils seront jugés le 2 décembre devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour des "faits de violences en réunion".

Lu sur l'Express

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