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L'année 2012 a été marquée par l’arrivée de Free, qui a révolutionné à la baisse les prix des forfaits mobile et des offres hors forfait.
L'année 2012 a été marquée par l’arrivée de Free, qui a révolutionné à la baisse les prix des forfaits mobile et des offres hors forfait.
©Reuters

Il a tout compris... ou pas

Y a-t-il vraiment un effet Free sur le prix des forfaits mobiles ?

D'après le palmarès de consommation des Français pour l'année 2012 publié par l'Insee, les dépenses en « biens et services de l’économie de l’information » ont augmenté de 3% en volume mais baissé de 3,6% en valeur. Se pose alors la question de la supposée influence du géant low cost Free sur ces chiffres.

Catherine Lejealle

Catherine Lejealle

Catherine Lejealle est docteur en sociologie et ingénieur télécom (ENST Bretagne). Elle est professeur à l'ISC Paris et co-fondatrice de la Chaire Digital BusinessSes domaines de recherche couvrent les usages des TIC (téléphone portable, Internet, médias sociaux…)

Elle a publié La télévision mobile personnelle : usages, contenus et nomadisme,  Les usages du jeu sur le téléphone portable : une mobilisation dynamique des formes de sociabilité  aux Editions L'Harmattan et J'arrête d'être hyperconnecté ! : 21 jours pour réussir sa détox digitale chez Eyrolles.

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Atlantico : D'après le palmarès de consommation des Français pour l'année 2012 publié par l'Insee, les dépenses en « biens et services de l’économie de l’information » ont augmenté de 3% en volume mais baissé de 3,6% en valeur. Comment peut-on expliquer cette baisse des prix des forfaits de téléphonie mobile alors que la consommation en volume augmente dans le même temps  ?

Catherine Lejealle : Dès janvier, l’année 2012 a en effet été marquée par l’arrivée de Free qui a révolutionné à la baisse les prix des forfaits mobile et des offres hors forfait. L’ampleur de la baisse a surpris les observateurs. L’ARCEP estime que les prix des services téléphoniques « se replient plus fortement que les années précédentes (– 11,3 %) ». En effet, les autres opérateurs se sont rapidement alignés en baissant les prix de leur gamme nominale et en créant des marques low cost. On peut donc incontestablement parler d’un effet Free. Mais cette véritable rupture est unique et ne se reproduira plus cette année.

Les consommateurs ont-ils réinvesti cette économie sur d’autres postes liés au numérique ?

Effectivement, on note une croissance exponentielle des ventes de smartphones en progression de 66,5% en volume cette année. Rappelons que Free a lancé des offres sans subvention du terminal, ce qui explique notamment cet essor des ventes de smartphones. Par ailleurs, les offres proposées par Free étaient illimitées, ce qui a eu pour effet de généraliser des offres illimitées. De fait, les services télécoms ont également crû de 7,1% en volume l’an dernier. On peut également penser qu’une partie de l’économie réalisée sur les consommations mobiles conjuguée à l’arrivée de tablettes moins coûteuses a permis aux Français d’investir dans des tablettes puisque celles-ci ont connu une hausse de 9,8% en volume.      

Y a-t-il des éléments négatifs générés par l'effet "Free Mobile" pour les consommateurs ? 

A priori pour les usagers, non. Ils sont gagnants car les offres mobiles plus attractives sont restées sans engagement. De plus, les opérateurs ont renforcé leurs offres quadruple play et ont contacté leurs clients pour leur proposer ces offres à des niveaux de prix inférieurs à la somme des abonnements chez différents opérateurs. Donc sur les autres postes (ADSL…) là encore, l’usager est gagnant. 

L'effet Free n'est-il que passager ? Ou bien les prix vont-ils finir par remonter à la hausse ?

Pour les opérateurs, la rétention de clients passe notamment par les offres quadruple play qui verrouille de manière plus pérenne un client. En parallèle, les opérateurs se sont lancé dans la course à la 4G en espérant reprendre des parts de marché et vendre des forfaits plus coûteux. Reste à savoir si les usagers en ressentent le besoin. En effet, il est intéressant de noter que les usages n’ont pas augmenté exponentiellement. La voix notamment est en recul cette année encore avec 2H44 soit 1 minute de moins. Le temps des usagers n’est pas extensible. Ils consomment davantage d’applications et surfent plus au détriment des appels. On observe une segmentation autour de profils qui surfent énormément et téléphonent marginalement et d’autres qui téléphonent majoritairement et surfent peu. Pour combien d’entre eux la qualité de la 4G est-elle nécessaire et combien sont-ils prêts à la payer ?   

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