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"L'attitude de Xavier Cantat fournit un argument pour le FN et au-delà."
"L'attitude de Xavier Cantat fournit un argument pour le FN et au-delà."
©Reuters

Pain bénit

Xavier Cantat et cie, meilleurs carburants de Marine Le Pen

Le compagnon de Cécile Duflot a réagi sur Twitter à des propos tenus par Manuel Valls à l'Assemblée nationale, déclarant que la phrase du ministre de l'Intérieur sur la fierté d'être Français n'avait aucun sens.

Dominique Jamet

Dominique Jamet

Dominique Jamet est journaliste et écrivain français.

Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

Parmi eux : Un traître (Flammarion, 2008), Le Roi est mort, vive la République (Balland, 2009) et Jean-Jaurès, le rêve et l'action (Bayard, 2009)

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Atlantico : Le compagnon de la ministre Cécile Duflot Xavier Cantat s'est une nouvelle fois exprimé sur Twitter. Il a répondu à Manuel Valls, qui a déclaré dans les questions à l'Assemblée nationale que  "Nous pensons qu'être Français, c'est une fierté, c'est une chance pour le pays, c'est une chance pour la République, c'est une chance pour la France.", en twittant que cette phrase n'avait aucun sens. Cette réaction traduit-elle une forme de haine de la France ? 

Dominique Jamet : Ce tweet traduit d’abord l’impulsivité du personnage. A la lumière de ce tweet et du précédent sur le 14 juillet, il semble que ça ne soit ni le patriotisme ni le respect des institutions qui caractérisent M.Cantat. Il semble être un anarchiste, ce qui est parfaitement son droit : il n'exprime pas un grand amour pour son pays. Ce qui pose un problème, c’est sa position : il est le compagnon d’un ministre en fonction. Même si il n’a pas de mandat, que ce n’est pas un homme politique et qu’il ne représente personne hormis lui-même, il devrait se conformer à un droit de réserve. Il est curieux qu’il n’observe pas le même devoir de réserves que celui qui est demandé aux compagnes des hommes politiques. Il se conduit de façon aussi intempestive que Madame Trierweiler lorsqu’elle a envoyé son tweet de soutien à Olivier Falorni.

En juillet dernier, Xavier Cantat avait twitté à propos du 14 juillet : "Fier que la chaise à mon nom reste vide au défilé de bottes des Champs Elysées". Ce type de déclaration qui heurte l'attachement des Français aux symboles nationaux est-il le meilleur carburant du FN ? 

Ce genre d’attitude est provocateur et cela fournit un argument pour le FN et au-delà. C’est le constat qu’il y a dans ce pays un courant d’idées ou de sensibilités qui correspond à une certaine détestation de la France, une haine. Il y beaucoup de pays où ce courant n’existe pas, où l’on n’est naturellement attaché et fier de son pays, comme les USA, où de telles attitudes sont rarissime. Le Front de Gauche n’est pas dans ce registre, l'extrême gauche garde la tradition jacobine du patriotisme et de l’attachement à la France et à la Nation. 

La création du ministère de l'Identité nationale par Nicolas Sarkozy avait suscité un tollé. Cela était-il une manière intelligente de répondre au FN ? 

Nicolas Sarkozy avait pris conscience qu’il y avait un problème et qu’il convenait d’y répondre, en redéfinissant l’identité nationale. Cette initiative a été compromise par son impopularité à l’époque. Il faut réapprendre la France aux Français, pas forcément sous la forme d’un ministère, mais peut-être d’une mission ou d’un enseignement scolaire.

Le thème de la nation est-il condamné à être monopolisé par le FN?  La gauche peut-elle aussi s'en emparer comme le fait Manuel Valls ?

Manuel Valls s’inscrit très clairement dans la filiation républicaine patriotique et jacobine de la gauche. Il y a toute une partie de la gauche qui est sous cette ligne. La droite n’a pas l’exclusivité là-dessus.

L’une des raisons de la mauvaise opinion du patriotisme s'explique car la Nation ne parait pas en danger pour beaucoup de gens. Avant les événements de 1940, le sentiment patriotique était aussi faible qu'aujourd'hui, le regain de ce sentiment est venu pendant l’occupation française.

A maintes reprises, on a commis l'erreur, surtout à gauche, de croire que le thème de la Nation était un sujet détestable car le FN s'en est emparé.

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