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Wasteland 2 : la suite, vingt-six ans après
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Atlantico Games

Wasteland 2 : la suite, vingt-six ans après

Sortir une suite 26 ans après l'original relève de la gageure et du pari impossible. Aucun éditeur sensé ne s’y frotterait. Mais c'est bien là toute la magie de Kickstarter : le financement participatif permet à des projets un peu fous de voir le jour et de trouver leur public...

Greg Jacomet

Greg Jacomet

Greg Jacomet, 24 ans, est éditeur du magazine Parisian Gentleman, éditorialiste pour le magazine "The Rake" et un expert aujourd’hui très réputé en matière de parfumerie, notamment masculine. 
 
Il est également un grand spécialiste du monde des jeux vidéo et l’animateur de la rubrique "Atlantico Games" consacrée à l’actualité internationale du secteur.
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Il serait facile d'encenser un tel jeu par coquetterie – Wasteland 2 représente tout ce qu'un vrai amateur de jeu de rôle dans les années 2000 aurait pu souhaiter. Seulement voilà, nous sommes en 2014, et nostalgie mise à part, Wasteland 2 brille autant par son absence de compromis qui s'avère, avouons-le, franchement rafraîchissante, que par la rugosité de l'expérience qu'il propose.

D'abord, le jeu est laid – graphiquement parlant, j’entends. Les décors sont souvent vides, arides, et redondants. Mais thématiquement, ça colle; le jeu se passe après une guerre thermonucléaire globale ayant ramené l'humanité à l'époque de la conquête de l'ouest. La technologie y est un rien anachronique – les armes à énergie côtoient les bons vieux colts à six-coups, et l'information n'a pas dépassé le stade de la radio à ondes courtes.  Une sorte de cross-over entre un Sergio Leone et Neuromancien de William Gibson en somme.

Le gameplay y est une drôle de bête, bien moins farouche que prévu. Bien moins complexe aussi. Ça reste évidemment du classique : vue du dessus, le joueur déplace ses petits bonshommes pour qu'ils puissent tirer, tendre des embuscades, ou simplement se planquer derrière une caisse en bois pour esquiver la première salve ennemie. Peu de subtilités à découvrir ou de stratégies complexes à élaborer : le jeu est très direct.



Le scénario, en revanche, est digne d'un jeu de rôle classique : une bête monstrueuse, au script que l'on imagine sans peine faire s'effondrer une photocopieuse sous le poids des feuilles, ce qui plutôt un compliment dans le domaine. Malheureusement, l'histoire démarre de manière abrupte, trop abrupte peut-être ; difficile de prendre quoi que ce soit au sérieux durant les premières heures, quant l'on en est encore à patauger dans l'ignorance la plus totale quant au monde qui nous entoure.

Et le monde de Wasteland est dense ; très dense. Bibliophobe s'abstenir ! Les dialogues du jeu sont pour l'essentiel sous forme de textes, volontiers fleuves, et peu d’entre eux sont doublés. Un manquement certes compréhensible eu égard à la taille vraiment démesurée du script,  mais néanmoins relativement dur à avaler en 2014. Pour apprécier Wasteland 2, il faut donc lire. Beaucoup lire. Heureusement que l'écriture est de qualité, même si la traduction française reste, comme trop souvent, bien en deçà de la VO anglaise.



Wasteland 2 est un jeu qu'il est difficile de noter. L'exemple typique de ce que les anglais appellent un Labor of love, un ouvrage titanesque qui n'a pu voir le jour que grâce à la passion déraisonnable et indéfectible de ses géniteurs. Un jeu que l'on a envie d'aimer sans retenue.

Pour autant, les défauts de Wasteland 2 sont bien présents, et difficile à ignorer : un système de combat trop simpliste, un scénario fleuve mais au rythme parfois inégal, ainsi que des décors pas franchement excitants et souvent répétitifs viennent ternir un tableau que l'on aurait tous souhaité, sincèrement, idyllique.

Malgré tout cela, Wasteland 2 vaut-il le coup ? Absolument. Tout particulièrement si votre coeur chavire toujours pour les jeux de rôles des années 2000.

Les vrais novices, n'ayant pas peur de s'attaquer bille en tête à un sacré morceau de bravoure y trouveront un univers passionnant susceptible de les tenir en haleine des semaines et même des mois durant. Et c'est bien là tout le paradoxe de Wasteland 2 : les joueurs avertis, et particulièrement les moins nostalgiques ainsi que ceux n'ayant pas connu la naissance du jeu de rôle occidental sur ordinateur, risquent tout de même d'avoir du mal à passer outre certains défauts, semblant pour la plupart tout droit issus des années 2000. C'est une chose de rendre hommage à un style de jeu, c'en est une autre que d'en actualiser les problèmes et les limites techniques…



Le titre d'InXile est âpre et boursouflé, mais une fois happé (si toutefois cela vous arrive), il vous sera pratiquement impossible de le lâcher. Un peu comme ce gros chien au poil ébouriffé, qui embaume la maison à la moindre goutte d'eau, parfois un peu teigneux et pas franchement sympa avec les visiteurs, mais qui n'en reste pas moins un chouette compagnon, fidèle, et avec un coeur gros comme ça.

Studio : InXile entertainment
Genre : Jeu de rôle à l'ancienne
Plateforme : PC/ Mac
Prix : ~30€

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