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Les hommes disposent-ils de technologies suffisantes pour découvrir de petits hommes verts ?
Les hommes disposent-ils de technologies suffisantes pour découvrir de petits hommes verts ?
©© United International Pictures (UIP)

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A l'heure où la première sonde envoyée par des humains sort du système solaire, où en est la conquête spatiale ?

Les scientifiques ont déjà découvert quatre planètes "potentiellement habitables". Mais rien ne confirme encore l'existence de vie hors de notre système solaire.

Qui ne s'est jamais posé la question de l'existence d'une vie extraterrestre ? La littérature, le cinéma n'ont cessé de s'emparer de l'idée. Du gentil E.T., qui ne cherche qu'à "téléphoner maison", aux terrifiants aliens de Ridley Scott, qui dévorent les humains, l'existence d'une vie dans l'espace obsède. Mais l'hypothèse est-elle même plausible ? Les hommes auraient-ils aujourd'hui la capacité, la technologie suffisante, pour découvrir de petits hommes verts ?


L'espoir de découvrir une vie extraterrestre a toujours été l'un des objectifs principaux de la conquête spatiale. Galileo, la sonde spatiale américaine développée par la Nasa et lancée en octobre 1989, avait pour mission d'étudier la planète Jupiter et ses lunes, avec l'ambition d'y déceler une trace de vie. Pour être sûrs que la sonde pourrait effectivement remplir son office en dépit des grandes distances qu'elle serait amenée à parcourir, les chercheurs l'ont testée sur la Terre. Ayant été capable de déceler l'activité humaine, Galileo était fin prête pour son périple spatial.

Le programme Voyager va bien plus loin. Lancé en 1977, il a pour ambition de faire naviguer une création humaine au-delà du système solaire. C'est maintenant chose faite : après avoir passé plus de cinq fois le choc terminal, Voyager 1 vient enfin de quitter le système solaire. L'appareil se trouve aujourd'hui à une distance d'environ 18 milliards de km de la Terre et se déplace à une vitesse de 10 km / s. Pour la première fois, des images et des sons humains pourraient être perçus en dehors de notre système solaire. Les scientifiques comptent sur le fonctionnement ininterrompu de l'unité d'ici à 2020.

Actuellement, les scientifiques ont réduit leurs recherches de vie extraterrestre aux exoplanètes, c'est-à-dire aux planètes en orbite autour d'une étoile autre que le soleil. A chaque découverte de ces nouvelles planètes extra-solaires, le monde scientifique, et le reste de la population d'ailleurs, s'emballent, s'imaginant déjà trouver une forme de vie extraterrestre.

En septembre dernier, une équipe internationale d'astronomes annonçait la découverte de plus de cinquante nouvelles exoplanètes en orbite autour de proches étoiles. Parmi ces découvertes, il y avait même seize "super-Terres", dont une située dans une zone dite habitable, c'est-à-dire où l'eau peut être trouvée sous forme liquide. Le climat sur cette planète extrasolaire située à 340 560 milliards de km de la Terre et en orbite autour de l'étoile naine Gliese 581 serait propice à la présence d'eau liquide, et surtout, à la vie. Le Centre national de la recherche scientifique déclarait même qu'"elle pourrait devenir la première planète potentiellement habitable jamais découverte". Le CNRS expliquait que la vie serait possible sur cette planète car elle pourrait bénéficier d'un effet de serre lui offrant "un climat chaud au point de permettre la formation d'océans, de nuages et de pluie".

 

 

En février dernier, des scientifiques annonçaient cette fois que la planète appelée GJ 667Cc était la meilleure candidate pour accueillir une forme de vie, portant à quatre le nombre d'exoplanètes potentiellement habitables.

Du conditionnel, toujours du conditionnel. Rien n'assure en effet qu'une exoplanète, même si elle a une atmosphère et une surface de vie "conviviale", héberge d'autres formes de vie. Quels seraient alors les moyens pour établir l'existence de vie sur d'autres planètes ? Les astronomes partent du principe que l'existence de la vie dépend de la composition de l'atmosphère d'une planète. Si c'est le cas pour la Terre, ça doit l'être pour les autres.

Les scientifiques utilisent donc des méthodes spectroscopiques pour analyser la composition chimique des atmosphères d'autres planètes. Ainsi, pour que la vie puisse exister sur une autre planète, cette dernière devrait selon la Nasa avoir de l'eau à sa surface. Elle ne devrait pas être trop ou trop peu éloignée de son étoile, pour que l'eau puisse exister en dépit des différentes périodes géologiques. L'atmosphère devrait également contenir des gaz spécifiques. Elle serait modifiée par la présence de vie, de telle façon que seule l'existence d'organismes vivants soit à l'origine d'un niveau étonnamment élevé de gaz. C'était par exemple l'une des raisons avancées pour plaider en faveur d'une vie sur mars. En janvier 2009, des chercheurs avaient démontré que des bouffées de méthane sont régulièrement lâchées par Mars dans son atmosphère. Or sur notre planète, ce sont les êtres vivants qui produisent à 90% le méthane. De là à penser qu'il y a une vie sur la planète rouge, il n'y a qu'un pas.

Pour étudier l'atmosphère d' une exoplanète, il faut l'observer lorsqu'elle se trouve en face de son étoile centrale. Si la planète a une atmosphère, une partie de la lumière passera à travers elle. Les substances dans l'atmosphère absorbent de façon spécifique certaines longueurs d'onde, et tout cela peut s'observer grâce à un télescope spatial approprié. Les scientifiques peuvent alors déterminer si l'atmosphère contient de l'oxygène, de l'eau, du méthane ou encore du gaz carbonique.

En résumé, l'hypothèse de vie extraterrestre ne peut être établie actuellement que de façon indirecte.

Par ailleurs, le fait que le gouvernement américain réduise le budget alloué à la Nasa de 20% n'annonce rien de bon. Le lancement du télescope spatial James-Webb, censé succéder en 2018 à Hubble et qui devait nous apprendre plus sur l'univers, a été remis à plus tard. Et c'est bien dommage puisque "nous sommes plus proches que jamais de découvrir la vie dans un autre monde" assure Carl Sagan, scientifique et astronome américain à l'origine du programme SETI de recherche d'intelligence extraterrestre, qui regroupe des projets afin de détecter les signaux qu'une intelligence extraterrestre pourrait émettre depuis sa planète d'origine.

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