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Vous pensiez avoir tout vu en termes de mauvaise foi chez les parents d'élèves ? Repensez !
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Bonnes feuilles

Vous pensiez avoir tout vu en termes de mauvaise foi chez les parents d'élèves ? Repensez !

Depuis quarante ans que Patrice Romain les fréquente en tant qu'instituteur, directeur d'école puis principal de collège, il les connaît bien, ses parents d'élèves ! Une plongée fascinante, souvent hilarante, dans l'univers méconnu des rapports entre chef d'établissement et parents d'élèves. Extrait de "Quand un proviseur se lâche" de Patrice Romain aux Editions du Cherche Midi.

Patrice Romain

Patrice Romain

Instituteur, directeur d'école puis principal de collège, Patrice Romain a pris sa retraite fin 2020, désabusé par la gouvernance de "son" école publique. Il est l'auteur d'une dizaine de livres sur l'Éducation nationale, dont le best-seller Mots d'excuse. Son dernier ouvrage est  "Requiem pour l'Education nationale - Un chef d'établissement dénonce : parents et professeurs doivent savoir !" (2021) aux éditions du Cherche Midi.

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Petit commerce

Madame,

Vous défendez votre fille en m’expliquant qu’elle a dû chaparder ça à son grand frère. Qu’à votre connaissance, c’est la première fois. Comme vous m’appréciez – je le vois bien –, vous ne voulez pas me contrarier et me promettez donc de gronder Émilie. Car même si vous ne comprenez pas bien pourquoi, vous sentez que j’attache de l’importance à cette vétille.

Après tout, peut-être avez-vous raison, je suis sans doute un peu dépassé...

Mais je ne peux m’empêcher d’être choqué qu’une élève de 5e vende du cannabis à sa voisine pendant le cours d’anglais...

Respectueusement.

Un bon petit diable

Monsieur,

Vous m’avez pudiquement avoué hier «vous faire déborder» par votre petit dernier.

Vos paroles laudatives sur mon autorité naturelle, vos remerciements concernant la manière dont «j’éduque» les élèves au collège et votre admiration quant au fait que je parviens à ne pas céder me gênent toutefois un peu.

Allons, monsieur, ne désespérez pas, rien n’est encore perdu! Après tout, votre enfant n’est qu’en maternelle... Respectueusement.

Autorité occulte

Madame, Monsieur,

Après le passage de votre fils en commission éducative suite à ses actes de violence, vous l’avez retiré du collège pour l’emmener en vacances une semaine plus tôt que la date officielle. Il en est d’ailleurs revenu avec une semaine de retard.

Aujourd’hui qu’il vient d’être exclu pour avoir à nouveau agressé des camarades, je maintiens mes dires: votre fils aurait besoin de voir un psychologue. Même si le marabout que vous avez consulté lors de votre séjour au pays vous a affirmé le contraire.

Respectueusement.

Méthode forte

Madame,

Je vous le dis tout net: je n’approuve pas vos méthodes. Si, lors de notre entretien, vous aviez donné une claque à votre fils qui nous mène la vie dure, j’aurais – à la limite – pu le comprendre. Mais votre mari, madame, il ne vous avait rien fait!

Respectueusement.

Mamma mia !

Madame,

Je vous ai entendue, alors que vous attendiez votre tour pour la remise du bulletin de votre fis Arthur, qui est en 5e. Pourtant, loin d’être un premier prix de beauté, vous hurliez sur votre fille cadette, assise sur vos genoux: «Cache-toi, t’es pas belle!» «Ouh que t’es laide!» «T’es laide comme un pou quand tu pleures!» «T’as pas honte? Tout le monde voit comme tu es laide!»

Puis, entre deux claques: «Maman, c’est pas papa, alors ferme-la!» «T’iras pas au manège!» «T’auras pas de cadeau à ton anniversaire!» «Regarde les autres, ils sont sages!» «Tu vas voir, quand tu seras au collège, ça sera pas la même musique!» «Tu veux que j’appelle le directeur? Lui, il va t’calmer!» «Les profs, ils t’ont déjà repérée!» Etc.

Si, dans une petite dizaine d’années, votre fille manque d’assurance au collège et a des accès de violence, je pense pouvoir affirmer que ce ne sera pas uniquement la faute de ses professeurs. Respectueusement.

Carotte et bâton

Monsieur,

Votre fils, qui avait traité son professeur de «fils de pute», a effectivement bien effectué ses heures de colle, contrairement aux autres fois.

Je ne suis pas persuadé pour autant qu’il fallait, pour le récompenser d’avoir exécuté sa punition, lui acheter un iPad.

Mais bon. Vous êtes son père, vous savez mieux que moi ce qui est bon pour lui.

Respectueusement. 

Extrait de "Quand un proviseur se lâche" de Patrice Romain aux Editions du Cherche Midi

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