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Votre mémoire pourra-t-elle être piratée dans le futur ? La réponse est plus inquiétante que vous ne le croyez
©FRED TANNEAU / AFP

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Votre mémoire pourra-t-elle être piratée dans le futur ? La réponse est plus inquiétante que vous ne le croyez

Cela ressemble à de la science-fiction, mais les progrès actuels de la médecine, principalement en neurologie, poussent de nombreux professionnels à tirer la sonnette d'alarme : notre cerveau doit être protégé contre les dangers qui le menacent dans un futur proche.

Laurent Alexandre

Laurent Alexandre

Chirurgien de formation, également diplômé de Science Po, d'Hec et de l'Ena, Laurent Alexandre a fondé dans les années 1990 le site d’information Doctissimo. Il le revend en 2008 et développe DNA Vision, entreprise spécialisée dans le séquençage ADN. Auteur de La mort de la mort paru en 2011, Laurent Alexandre est un expert des bouleversements que va connaître l'humanité grâce aux progrès de la biotechnologie. 

Vous pouvez suivre Laurent Alexandre sur son compe Twitter : @dr_l_alexandre

 
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Atlantico : Avec la "robotisation" de la médecine, de nouvelles technologies pour aider à traiter des maladies neurologiques, comme Parkinson et d'autres, suscitent de l'espoir chez les patients. Mais au-delà des immenses progrès pouvant être réalisés, qui dit technologies informatiques dit risque de piratage. Certains avancent l'hypothèse que dans un futur proche, des hackers pourraient modifier, voir effacer, la mémoire des personnes ayant ces "augmentations".

Entre le réel et le fantasme, quels sont les risques ?  

Laurent Alexandre : Pour ce qui est du cœur, on sait qu'il est déjà possible de pirater des pacemakers par exemple. Dans le domaine cérébral, on peut imaginer pouvoir hacker les prothèses et implants intracérébraux, mais aujourd'hui il n'y a pas d'implants qui peuvent agir directement sur la mémoire. Ceux qui agissent de nos jours le font sur le coté "moteur". Pour le cas de Parkinson, des centaines d'implants ont été mis en place et permettent de diminuer les tremblements de la maladie. Quand on pose la question d'implants pouvant modifier la mémoire, on parle du futur. Ce genre de technologies pourrait aider les médecins dans le traitement d'Alzheimer, mais cela aujourd'hui reste de la théorie. Nous ne savons pas booster la mémoire des malades, des gens comme Musk investissent pour, mais encore une fois c'est pour le moment entièrement théorique. Cependant, bien entendu, de telles avancées ouvriraient un champ à risque pour les pirates qui voudraient soit toucher aux augmentations soit récupérer les données.

Comment créer une prévention spécifique à ce genre de problèmes ?

Dans le futur, si nous arrivons à développer des implants modificateurs, la neuroprotection deviendra une chose absolument nécessaire. Dans cette hypothèse, le neuro hacking menacerait ce qui nous est le plus précieux, notre conscience. Ce serait une attaque majeure, et tout-à-fait inédite, sur notre autonomie. Si on pouvait modifier nos souvenirs, ou des éléments de notre cerveau, ce serait une véritable révolution. On sait déjà le faire chez des petits animaux, comme la mouche, mais chez l'homme cela poserait de grandes questions éthiques. Il faudrait de fait des "firewall" cérébraux et une législation très sévère contre les hackers, il y a un ensemble de métiers et de dispositifs législatifs à mettre en place.

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