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Algérie : 
L’abstention pourrait aider les partis islamistes à remporter les législatives
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Algérie : L’abstention pourrait aider les partis islamistes à remporter les législatives

Les élections législatives algériennes se déroulent ce jeudi. Ce scrutin verra la participation de 44 partis et 211 listes complémentaires. Il s’agira du premier scrutin depuis les réformes politiques adoptées au parlement en automne et promulguées en janvier 2012.

Mehdi Lazar

Mehdi Lazar

Mehdi Lazar est géographe, spécialiste des questions de géopolitique et d’éducation. Il est docteur de l’Université Panthéon-Sorbonne, diplômé du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques et de l’Institut Français de Géopolitique.  

Il a publié récemment l’ouvrage Qatar, une Education City (l’Harmattan, 2012) et dirige la commission Éducation, Programmes FLAM et Francophonie du laboratoire d'idées GenerationExpat.

Il vient de publier, également, L'Algérie Aujourd'hui, aux éditions Michalon (Avril 2014)

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Face au risque d’abstention annoncé, le pouvoir algérien s’est largement employé à inciter les Algériens à aller voter. Le président Bouteflika n’a ainsi pas hésité à comparer l’importance des législatives au déclenchement de la Guerre de libération nationale. Jouant ainsi sur la fibre mythique révolutionnaire et la multiplication des partis, le régime tente de maintenir sa légitimité avec une forte participation. Néanmoins, cet enjeu se conjugue à l’islamisation du champ politique, à la féminisation de la représentation et aux appels au boycott du scrutin.

Une islamisation attendue du champ politique

Dans le sillage de la conquête des exécutifs tunisien, marocain et égyptien, les partis islamistes algériens, alliés pour la circonstance sous le nom de l’Alliance de l’Algérie verte, semblent être en mesure de remporter le scrutin.

Selon le président du mouvement pour la société et la paix (MSP), Abou Jerra Soltani et ses alliés, Hamlaoui  Akouchi du parti Ennahda et  Fatah Rebaï du parti El Islah, l’alliance de l’Algérie verte vise 120 sièges de députés sur les 462 sièges de la future assemblée législative  qui aura comme priorité la révision de la Constitution.

Et le nombre élevé de partis participant aux élections, résultat de la nouvelle loi sur les partis politiques, ouvre la voie libre aux islamistes pour remporter la majorité des sièges. Ceux-ci ont depuis maintenant plusieurs années investis le champ social et jouissent d’un crédit grandissant auprès d’une population désabusée par le train des réformes. Les islamistes tâchent par ailleurs de ne pas être associés au pouvoir en place tout en demeurant proches de la jeunesse. Ainsi près de 90% des candidats islamistes sont de la génération post-indépendance.

Une féminisation de la représentation et une persistance des appels au boycott

La grande nouveauté résidera également dans la participation record des femmes sur les listes législatives. Conséquence des nouvelles dispositions réglementaires (un minimum de 33% de femmes sur les listes), sur près de 25 000 candidats briguant les sièges de la future assemblée nationale, 7 646 sont des candidates. Voilées pour la plupart, elles participent pour la première fois d’une façon aussi massive.

Néanmoins, ces élections qui ne passionnent que très peu d’Algériens (inversement passionnées par la présidentielle française) ne verra pas la participation du RCD qui compte actuellement 14 députés. Le parti a appelé au boycott de ces élections estimant que la fraude électorale sera encore massive malgré la présence de 500 observateurs internationaux, envoyés par l’Union européenne, la Ligue arabe, l’ONU et plusieurs ONG. Conscient de cette fragilité, le régime tente de neutraliser les différents appels au boycott. C’est dans ce contexte que le jeune Tarek Mameri a été arrêté le soir du 1er mai en raison de son activisme sur internet.

Alors que l’ombre du printemps arabe plane sur le régime, un fort abstentionnisme démontrerait l’ampleur de la perte de confiance dans le système politique algérien (en 2007, seuls 36% des électeurs s'étaient exprimés) tandis que pour le gouvernement d’Abdelaziz Bouteflika cela représenterait un large discrédit et une perte de légitimité inquiétante.

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