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En se contentant de son habileté politique, François Hollande pourrait être en train de détruire son propre parti.
En se contentant de son habileté politique, François Hollande pourrait être en train de détruire son propre parti.
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Balle dans le pied

Université d’été de la Rochelle : comment le PS semble s’être résigné à son assassinat par François Hollande

Les travaux de l'université d'été du PS ont débuté vendredi après-midi à La Rochelle dans un contexte difficile suite notamment aux propos d'Emmanuel Macron devant le patronat. Le PS n'est plus un mouvement solide mais un parti face à des obstacles qu'il ne semble pas arriver à surmonter.

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Serge Federbusch

Serge Federbusch est président d'Aimer Paris et candidat à l'élection municipale de 2020. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, et de Nous-Fossoyeurs : le vrai bilan d'un fatal quinquennat, chez Plon.

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Jean Petaux

Jean Petaux

Jean Petaux est docteur habilité à diriger des recherches en science politique, spécialiste de la vie politique française. Il s’est aussi spécialisé dans l’analyse localisée de la politique. Il dirige une collection aux éditions « Le Bord de l’Eau » intitulée : « Territoires du politique ». Prochain livre à paraître : « Entretiens avec Jacques Valade » (octobre 2021). Officier des Palmes académiques, il est, par ailleurs, membre associé de l’Académie nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux.  

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Atlantico : Après trois années au pouvoir, François Hollande n'est pas parvenu à imposer une ligne claire au Parti socialiste, faisant ainsi écho à ses années passées à la présidence du parti. Au regard des résultats du quinquennat, François Hollande est-il, par son incapacité à produire un aggiornamento au PS et en se contentant de son habileté politique, en train de détruire son propre parti ?

Jean Petaux :La question que vous posez va bien au-delà des relations que François Hollande entretient désormais avec le parti qu’il a dirigé pendant dix ans. Elle concerne, plus globalement, la longue et tumultueuse histoire qui existe sous la Vème République entre le président et le parti qui l’a porté au pouvoir. Aussi bien pour un président de droite que pour un président socialiste, ces relations peuvent être résumées en une seule phrase : "Après moi le déluge" ou si l’on veut être plus complet encore : "Je me suis servi du parti pour être élu, je n’en ai plus besoin une fois élu". De Gaulle était d’une stature historique telle que la question des relations avec le parti qu’il avait fondé, le RPF d’abord en 1947 puis l’UD Vème avant l’UNR-UDT devenue UDR dans les années 60, étaient accessoires dans sa trajectoire souveraine.

On aurait pu croire d’ailleurs, du fait de cette particularité, que le fondateur de la Vème République aurait quelques égards au contraire envers cette "jeune" organisation partisane. En réalité il traita très vite les députés de son propre parti de "godillots" (chaussure militaire de type "rangers") puisqu’ils votaient comme "un seul homme", soldats disciplinés et obéissants. Georges Pompidou n’aimait guère plus l’UDR dont il détestait les manières de soudards lui l’agrégé de Grammaire et Valéry Giscard d’Estaing ne parvint jamais, pendant tout son septennat, à faire grandir la formation politique qu’il fonda en 1975, l’UDF, alors qu’il pensait qu’elle pourrait, à terme, rassembler "deux Français sur trois" (objet de son livre "Démocratie française" publié un an après son arrivée à l’Elysée). Avec François Mitterrand ou Jacques Chirac on  a pu croire que les relations entre le locataire de l’Elysée et le parti qui lui avait permis d’entrer au Château allaient être transformées. L’un et l’autre n’avaient-ils pas littéralement construits une machine de guerre partisane (le PS en 1971 ou le RPR en 1974) dont la raison d’être, la "raison sociale" en somme, était de conquérir la fonction suprême sous la Vème : la présidence de la République ? Or il n’en fut rien là aussi.

Quand François Mitterrand est élu il fait clairement comprendre à ses lieutenants de la rue de Solférino qu’il ne leur appartient plus… C’est la France qui est désormais son seul et unique horizon. Il est le président de tous les Français et le sera encore plus après sa réélection exceptionnelle de 1988. Le PS va être littéralement vidé de ses forces vives, largement intégrées dans les cabinets ministériels entre 1981 et 1982 avant, elles-mêmes d’être remplacées par des technocrates souvent non encartés, à partir de 1983. Le scénario va être le même avec Jacques Chirac, d’autant plus qu’en 1995 le RPR lui-même est quasiment coupé en deux entre ceux qui ont soutenu Chirac et ceux qui ont défendu la candidature Balladur… Douze ans plus tard Nicolas Sarkozy ne va pas faire beaucoup mieux. Qui ne se souvient de la phrase de Patrick Devedjian à propos de la stratégie d’ouverture défendue à tout va par le président nouvellement élu en 2007 : "Je n’ai rien contre l’ouverture, je trouve cette idée très bonne… Je suis même favorable à l’ouverture jusqu’au…. RPR". Manière de se rappeler au bon souvenir de Nicolas Sarkozy lui-même… 

Que François Hollande traite le PS avec bien peu de considération c’est évident. Qu’il l’analyse peut-être même comme un "astre en train de s’éteindre" c’est tout aussi probable. De là à estimer qu’il a choisi délibérément de "détruire" le parti je ne le pense pas. Il veut simplement avoir la paix de ce côté-là. Ou si l’on préfère : ne pas y trouver une source de contraintes. C’est ce qui explique sa ligne de conduite dans la préparation du Congrès de Poitiers et le choix d’un "verrouilleur" ex-Trotskyste comme Cambadélis en qualité de "taulier en chef" de la rue de Solférino. Dans cette perspective la question l’aggiornamento du PS ne se pose pas… Elle est renvoyée à plus tard.

Serge Federbusch : En fait, François Hollande est simple à comprendre. Il ne connaît qu'une méthode : attendre que la reprise mondiale lui évite d'avoir à faire des réformes qui malmènent son électorat naturel et ne s'en prendre dans l'intervalle qu'à ceux qui ne votent pas pour lui. Il n'est aucunement question d'idéologie ou d'aggiornamento, juste d'électoralisme. Hollande incarne un degré extrême de cynisme politicien. Sa dernière promesse de baisse des impôts en 2016 illustre à merveille cette absence totale de scrupule. Dans ce jeu purement personnel, le Parti socialiste n'est qu'un instrument au service de ses intérêts. Il ne se soucie donc dudit parti que s'il le sert et le sacrifierait sans aucune hésitation s'il pensait que cela lui était utile.

Échec de la politique économique, défaites lors des dernières élections, incapacité de définir une ligne politique claire, et une faible probabilité de victoire à la présidentielle de 2017, Le PS semble aujourd'hui incapable de toute réaction face à la situation provoquée par le quinquennat de François Hollande. Comment expliquer l'immobilisme ou la résignation actuelle du Parti socialiste face à une situation aussi critique ?

Jean Petaux :Une des explications qui peut être donnée à cet état d’atonie du PS devant une forme de disparition plus ou moins programmée tient à ce que je viens d’expliquer. L’organisation partisane, conçue sous la Vème République comme une "machine électorale" (et cette caractéristique s’accentue de plus en plus avec l’apparition ritualisée des primaires) sur le modèle de ce que l’on appelle les "machines" aux Etats-Unis n’a, progressivement, qu’une fonction principale à assurer : "sécréter", "produire", "sélectionner" le meilleur candidat possible pour la prochaine présidentielle.

Si, par chance, cette entreprise se trouve couronnée de succès alors la "machine" n’a presque plus de mission. Au contraire elle doit nécessairement se mettre en veilleuse, réduire la voilure et ne pas venir parasiter le rôle que va jouer pendant cinq ans le vainqueur de l’élection. Cette "hibernation" est tellement forte, tellement spectaculaire, que les congrès que le parti organise pendant cette période sont littéralement vidés de leur substance… Et, mieux que cela encore, la question de l’organisation de primaires pour désigner celle ou celui qui sera candidat à la prochaine présidentielle devient une question taboue, une question interdite puisque le président en place peut choisir de se représenter pour un second mandat et que cette candidature est presque de "droit" (divin ?...). Comment imaginer alors que le parti du président (PS aujourd’hui ou RPR hier) puisse par exemple se mettre à produire des idées, un programme, ou, plus simplement, à exister politiquement… C’est tout bonnement inconcevable car littéralement inacceptable pour l’hôte de l’Elysée.

Serge Federbusch : Je suis persuadé qu'une majorité de militants et de députés PS rêvent désormais de se débarrasser de Hollande. Mais les socialistes ne savent pas comment sauter de la voiture folle. S'ils allaient jusqu'à voter la censure à brève échéance, ils subiraient une déroute immédiate. Hollande et ses sbires les plus proches : Sapin, Le Foll, Cambadélis, Le Guen ont donc intérêt à figer le jeu interne au PS suffisamment longtemps pour rendre les Primaires impossibles. Les socialistes devraient alors se résigner à les soutenir jusqu'au bout faute de pouvoir trouver une alternative en temps utile. Mais, à moins d'être aveugle, l'aile contestataire ne se laissera pas faire et tentera de lui opposer un autre candidat dès lors que la défaite apparaîtra certaine en 2017. Pourquoi ne pas risquer le tout pour le tout et "tomber à gauche" ? Cela préserverait au moins leur image auprès de leurs électeurs les plus naïfs pour les temps futurs, La logique voudrait que cette confrontation s'engage début 2016, après la déroute aux régionales.

Les frondeurs socialistes se sont réunis vendredi et samedi en Charente-Maritime avant l'ouverture de l’université d'été du PS afin de discuter de la stratégie à mettre en œuvre, avec 2017 dans le viseur. De plus, Les récentes démissions au sein du parti EELV pourraient ouvrir une brèche. Est-ce le calme avant la tempête ? Quelles sont les réelles menaces, internes au PS, qui pèsent sur François Hollande ?

Jean Petaux : Les frondeurs n’ont aucun poids aujourd’hui. Ils n’entrainent aucune masse significative de militants. Leur capacité d’action est très faible et seul le jeu des petites phrases peut encore les maintenir sur les estrades médiatiques dans la mesure où ce sont de "bons clients" qui "balancent" à souhait et qui "l’ouvrent" là où la majorité socialiste est muette. Mais au fur et à mesure que l’échéance présidentielle de 2017 va se rapprocher le poids relatif des frondeurs va croître. Exactement de la même manière que la faiblesse structurelle de Jean-Pierre Chevènement en 1999 est devenue stratégique quand il s’est présenté à l’automne 2001 pour la présidentielle de 2002 et qu’il a contribué, avec Christiane Taubira, à affaiblir considérablement Lionel Jospin le 21 avril. Les 5,33% de suffrages exprimés qu’il recueille ce jour-là vont durement manquer à Lionel Jospin pour être parmi les deux finalistes. Pour l’heure aucun frondeur ne semble ainsi pouvoir se lancer en 2017, mais Arnaud Montebourg (qui n’est pas, à proprement parler, un "frondeur") est à peu près capable de tout et n’importe quoi pourvu que cela concerne Arnaud Montebourg.

Au-delà du PS la situation des Ecologistes est tout aussi compliquée pour François Hollande qui, pour l’heure, observe et attend de voir, fidèle à sa stratégie quasi-instinctive. Les départs de François de Rugy et Jean-Vincent Placé sont, littéralement, des tempêtes dans un dé à coudre. Leur poids électoral est quasiment asymptotique à zéro et leur capacité d’entrainement nulle. François Hollande n’ignore pas que dans ce genre de situation offrir un portefeuille ministériel à ce type de "rallié" c’est payer au prix fort un ou deux débauchages individuels. Ce n’est pas ce qu’il attend ou espère. L’objectif primordial n’est pas de faire entrer un "ambitieux nommé Placé" au gouvernement, c’est soit empêcher une candidature Duflot en 2017, soit faire en sorte qu’elle se marginalise et se "gauchise" tant qu’elle ne fasse guère mieux que Dominique Voynet en 2007 (1,57% de suffrages exprimés et un peu moins de 580.000 voix, autant dire "rien").

Est-ce que, dans cette perspective, les défections de Placé et de Rugy peuvent contribuer à affaiblir ou à grignoter la position de Cécile Duflot ? Peut-être… Est-ce que François Hollande peut accentuer la pression sur les Verts jusqu’à modifier le mode de scrutin législatif qui assurerait aux Ecologistes un socle minimal de députés en 2017 pour être en mesure de créer un groupe parlementaire ? Agissant ainsi il ôterait du même coup, un argument de poids à Cécile Duflot avocate intégriste de l’indépendance des Verts par rapport aux Socialistes après avoir vendu son âme au "diable socialiste" en 2012 en concluant un accord de gribouille avec la Première secrétaire du PS d’alors Martine Aubry : pas de candidature des Verts à la présidentielle contre une trentaine de circonscriptions "réservées" pour ces mêmes Verts aux législatives suivantes… ? Peut-être aussi…

Serge Federbusch : Après les régionales, seuls ceux qui croient au miracle pourront penser que Hollande s'en sortira et qu'il ne les entraînera pas dans sa chute. Sa dernière carte sera une explosion des "Républicains" qui aborderaient la présidentielle avec plusieurs candidats de telle manière que le "champion" socialiste soit certes derrière Le Pen mais devant eux. Mais, même dans cette situation, n'importe quel autre candidat socialiste que Hollande serait susceptible de mieux tirer son épingle du jeu. De plus, l'explosion de l'ex-Ump, si elle advenait, se produirait après celle du PS. Je pense donc que la probabilité d'une crise majeure chez les socialistes est beaucoup plus grande que ce qu'en disent les commentateurs habituels.

François Hollande peut-il mettre en place une opération de déminage ? Quels sont les outils à sa disposition et les scénarios possibles ?

Jean Petaux :François Hollande n’aime pas, à la différence de Nicolas Sarkozy, renverser les tables. Il ne pratique pas, en politique intérieure, la "Blitzkrieg". Cela signifie clairement qu’il y a fort peu de chances qu’il agisse avant les prochaines élections régionales dont il a déjà forcément anticipé le résultat. Celui-ci sera catastrophique eu égard à la situation "sortante" : 21 régions dirigées par le PS et ses "alliés" sur 22 régions métropolitaines en ajoutant la Corse. Ce n’est qu’au début de l’année 2016 que le président sera en mesure de prendre des initiatives. S’ouvrira alors le dernier tour de piste avant de franchir la ligne d’arrivée que représente la présidentielle d’avril-mail 2017. Pour filer la métaphore "athlétique" : on sera "à la cloche" au début du mois de janvier 2016. Si François Hollande entame le dernier tour de piste dans la posture du candidat à sa propre succession il le fera forcément, en excellent tacticien qu’il est, en ayant les yeux rivés sur ses rivaux.

Son principal atout est qu’il est président, son principal handicap est qu’il justement président. S’il parvient à consolider sa place de candidat unique d’une gauche gouvernementale et gestionnaire il peut espérer recueillir entre 18 et 20% des suffrages exprimés au soir du premier tour. Tout dépendra alors de l’identité de ses adversaires et de leur score. Mais pour raisonner en termes de scénarios de déminage, l’un des plus probables est de modifier le mode de scrutin législatif pour être ainsi en mesure de faire le vide des candidatures présidentielles autour de lui. Pour ce qui concerne en revanche les mesures politiques, économiques et financières qui pourraient être prises pendant ce "dernier tour de piste" elles semblent d’autant plus limitées que la marge de manœuvre économico-financière est nulle et que, de toute manière, leurs effets (si effets positifs il doit y avoir) seront nécessairement des "effets retards". Donc faiblement impactants sur le sort des urnes et le comportement des électeurs au printemps 2017…

Serge Federbusch : Il n'y en a guère qu'une : dissoudre, espérer que les Républicains n'exigent pas sa démission et se faire tout petit en attendant que l'impopularité atteigne le nouveau gouvernement de droite. Mais, même comme cela, Hollande a atteint un tel niveau de détestation que l'opération serait très aléatoire. Il existe bien la possibilité de provoquer un referendum sur une question quelconque mais il le perdrait et l'opposition réclamerait ensuite se démission.

En l'absence de réaction d'ici la fin du quinquennat, que risque le Parti Socialiste, notamment dans le cas d'une réédition du 21 avril 2002, à savoir son absence au second tour de la présidentielle ? S'agirait-il d'un coup fatal porté au parti ? 

Jean Petaux :Probablement en effet... Mais tout dépendra alors de l’alternative qui se présentera au soir du premier tour. Un duel Le Pen / Sarkozy obligerait les militants et surtout les électeurs socialistes puis au-delà d’eux les électeurs de gauche, à un choix cornélien… Pour eux, de leur point de vue, ce sera vraiment un choix qui s’apparentera à celui existant entre "la peste et le choléra". On voit mal comment le PS pourrait résister dans une telle hypothèse. Le tsunami politique sera tel, l’abstention au soir du second tour également, qu’aucune organisation politique de gauche ne sortira indemne d’une telle situation.

Je dirai même que c’est la totalité de la société française qui sera secouée à partir du moment où celui ou celle qui sera élu.e à l’Elysée aura recueilli la majorité des suffrages exprimés avec une abstention qui dépasserait les 60% par exemple…. Si le choix qui se présente est entre Marine Le Pen et Alain Juppé, la configuration, quoique différente (l’effet de surprise et de sidération du 21 avril 2002 n’aura plus lieu et donc la "mobilisation générale" ne se produira pas de nouveau) s’apparentera à celle que les Français et les électeurs de gauche ont connu en 2002 dans l’arbitrage du duel Chirac – Le Pen père. Dans cette hypothèse le choc pour le PS sera sans doute moindre et le risque d’explosion réduit… mais pas nul du tout. Ce qui peut se passer en 2017 dans l’hypothèse d’une élimination du candidat socialiste dès le soir du premier tour, c’est que le PS se fracture aux législatives suivantes entre une fraction qui considérera qu’il faut donner un vrai coup de barre à gauche et la tendance "social-libérale" qui, éventuellement, ralliera le nouveau président dans une logique réformatrice et de "grande coalition".

De la même manière que la victoire de Cameron contre Gordon au Royaume-Uni a provoqué un "gauchissement" du Labour Party avec Ed Milliband à sa tête par rapport à la "troisième voie" du "New Labour" de Tony Blair dans les années 90 et que la récente et cuisante défaite de Ed Milliband a entrainé, de nouveau, un glissement à gauche du Labour Party très sensible désormais au discours du "camarade" Jeremy Corbyn, 66 ans et incarnation de la gauche du Parti Travailliste depuis des années, une partie du PS pourrait, dans le cas d’une élimination de son candidat officiel dès  le premier tour de la présidentielle de 2017, être tentée par un repli sur une ligne "rose foncée – rouge"… Le Parti social-réformateur, à plus forte raison, social-libéral modèle Jospin modifié Hollande serait alors clairement enterré au profit d’un retour au PS modèle Congrès d’Epinay 1971 : discours très à gauche, prônant la "rupture" (avec le capitalisme) et plaidant pour l’union de la gauche avec un Parti Communiste Français qui flirtait alors avec les 20%... Avec "L’International" vibrant entonné à la fin des meetings du PS et François Mitterrand, la rose au poing levé, à la tribune… On sait ce qu’il en est advenu après 1983…

Serge Federbusch :  L'un des drames de la France - un effet pervers de la Cinquième république auquel De Gaulle n'avait pas songé - est que le scrutin majoritaire à deux tours, réitéré lors de la présidentielle et des législatives, fige le jeu politique en permettant aux vieux appareils de survivre aux pires défaites. Imaginez qu'en Italie la Démocratie chrétienne, le PC et le PS ont disparu depuis longtemps alors que nous conservons les mêmes clans depuis 1958... De plus, les questions migratoire et de l'islam, instrumentalisées par le PS et ses nombreux idiots utiles, empêche l'émergence d'une force contestataire qui réunirait tous ceux qui à gauche et à droite en ont assez de l'oligarchie européenne. Dans ces conditions, le vieux PS pourra renaître de ses cendres. Pour autant, bien sûr, que la situation économique ne continue pas de se dégrader ce qui disqualifierait tous les partis au pouvoir depuis des décennies.

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