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Une mauvaise nouvelle : Macron est élu… Une bonne nouvelle : Marine Le Pen est battue…
©AFP

Nul contre Nulle

Une mauvaise nouvelle : Macron est élu… Une bonne nouvelle : Marine Le Pen est battue…

Ce duel n'aurait jamais dû avoir lieu. Comment choisir entre deux produits impropres à la consommation ?

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Marine Le Pen dit n'importe quoi. Emmanuel Macron dit aussi n'importe quoi. Mais la palette du n'importe quoi est infiniment riche et variée. Chez Marine le Pen les intonations sont populacières et, parfois, elle n'a rien à envier à Nadine Morano qualifiée méchamment de poissonnière. Chez Emmanuel Macron le langage est lisse, un français savamment appris dans les beaux quartiers et les grandes écoles. 

De programme, ils n'en ont ni l'un ni l'autre. Ou plus exactement, Marine Le Pen a essayé d'en avoir un pour obtenir son ticket d'entrée au club respectable ou il faut être. A l'arrivé un indigeste salmigondis ou le franc se mélange avec l'euro, voire l'écu. Et avec des mesures sociales dignes d'un Georges Marchais relooké façon Mélenchon. Elle aurait pu sagement rester à s'arc-boutée sur ses fondamentaux protestataires : identité française, préférence nationale, lutte contre l'islamisme, immigration zéro. Elle aurait eu alors la possibilité de faire bonne figure dans cette élection. 

Macron, lui, a un programme. Il est aussi creux que celui de Marine est bordélique. Il aime la droite et la gauche sans oublier les centristes. Son cœur bat pour les musulmans et pour les juifs. Il a de l'empathie pour l'Europe et, quand il le faut, pour la France. Ses élans le poussent à se passionner pour la culture : c'est  pour ça d'ailleurs qu'il en a dénombré plusieurs en France. Il dit des mots doux aux jeunes de banlieues et charme discrètement les beaux quartiers. 

Avec lui c'est tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ! Les Français avides de nouveauté consensuelle l'ont donc élu. Inviter à diner un homme d'une exquise éducation c'est quand même mieux que de mettre un couvert pour une furie inquiétante. Au revoir Marine Le Pen. Compte tenu de ce que sera le quinquennat d'Emmanuel Macron, on vous reverra sans doute en 2022. Et nous pourrons peut-être alors écrire un article titré : "Une mauvaise nouvelle : Marine Le Pen a été élue… Une bonne nouvelle : Emmanuel Macron a été battu…". 

Mais il paraît, selon l'excellent Hugues Serraf, que cette hypothèse est idiote. Car, estime-t-il, le FN va se désintégrer après la défaite d'hier. Ce sera une autre bonne nouvelle… 

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