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Un monde sans moustique : possibilité ou utopie ?
©REUTERS/Paulo Whitaker

Bzzzzz

Un monde sans moustique : possibilité ou utopie ?

Leur extermination permettrait de se débarrasser de nombreuses maladies et de sauver un million de vies.

Ils vous font des boutons, vous empêchent de dormir la nuit, transmettent des maladies mortelles… Vous vous l'êtes sûrement demandé : à quoi servent les moustiques ? Ou plutôt, ne pourrait-on pas les éradiquer pour ne plus avoir affaire à eux ?

Si dans l'Hexagone, ils ne font pour le moment que nous embêter les chaudes soirées d'été, leur présence est en revanche bien plus problématique dans les régions tropicales en proie au virus Zika, au paludisme, au chikungunya, à la fièvre jaune ou à la dengue, maladies dont ils sont vecteurs. C'est simple : le moustique est l'animal le plus meurtrier pour l'homme. En outre, selon la biologiste Olivia Judson, l'extermination d'une trentaine d'espèces de moustiques – il en existe 3 500 - permettrait de sauver un million de vies.

Moustiques génétiquement modifiés

Certaines régions tentent déjà de lutter contre le fléau : au Brésil, on contrer Zika en libérant des milliers de moustiques génétiquement modifiés  dont la descendance est vouée à mourir dans l'œuf. Cette technique avait déjà été utilisée pour lutter contre la dengue. Il serait même possible de rendre les moustiques stériles. Une manière de laisser le moustique courir à sa perte sans devoir déverser des tonnes de produits chimiques en pleine nature, comme ce fut le cas dans les années 50 lorsque les pays d'Amérique latine entreprirent d'éradiquer une race de moustiques au très chimique DDT, aujourd'hui interdit, relate Le Monde. Résultat : l'écosystème s'en était retrouvé endommagé, mais le moustique était revenu.

Les conséquences de leur éradication sont obscures. Si certains prônent le statu quo, d'autres indiquent que leur extermination n'aurait aucun effet sur la faune environnante, indique New Scientist. C'est le cas de l'entomologiste et directeur de recherches à l’Institut de recherche pour le développement, Frédéric Simard, interrogé par Le Monde : "Aucune de ces espèces n’est irremplaçable. Leur disparition pourrait être compensée par l’arrivée d’autres insectes, qui profiteraient de l’espace ainsi libéré car la nature a horreur du vide".

Combat voué à l'échec

Alors pourquoi se prive-t-on ? Tout simplement parce qu'ils sont trop nombreux, présents sur la quasi-totalité du globe, et parce que la nature reprend toujours ses droits. "Il faut considérer qu’on ne pense éradiquer qu’une ou quelques espèces de moustiques sur les milliers disponibles, précise au Monde Eric Marois, biologiste moléculaire à l’université de Strasbourg. Une espèce éradiquée sera probablement rapidement remplacée par d’autres au niveau de la niche écologique. Il se peut qu’on ne voie pas la différence".

Malgré tous les efforts que l'homme fait pour lutter contre le moustique et les maladies qu'il propage, le combat semble ainsi voué à l'échec, se désespère New Scientist. Nous ne pouvons, au mieux, que limiter leur propagation, ou trouver un vaccin contre les virus qu'ils portent. Mais le moustique en lui-même semble inatteignable. Comme quoi, ce n'est pas la taille qui compte.

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