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Un bateau plus grand que la tour Eiffel... une vision de l'avenir du secteur énergétique
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Decod'Eco

Un bateau plus grand que la tour Eiffel... une vision de l'avenir du secteur énergétique

Laissez tomber les Google glass et autres montres intelligentes, la véritable révolution est énergétique et n'est autre qu'un bateau. Mais un bateau plus grand que la tour Eiffel capable de forer partout dans le monde.

Byron  King

Byron King

Byron King est diplômé de l'Université de Harvard et exerce actuellement la profession d'avocat à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Il contribue régulièrement à l’édition américaine de La Chronique Agora, le Daily Reckoning. On peut également retrouver ses analyses économiques et géopolitiques dans La Quotidienne d’Agora ou L’Edito Matières Premières.

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A moins que - et même si - vous viviez sur une île déserte, vous devez être au courant de la grande révolution énergétique qui a lieu en Amérique du Nord. Grâce aux nouvelles technologies, on tire à nouveau des bénéfices impressionnants d’anciens sites de forage. Oui, vous avez déjà entendu cette histoire…

Mais l’aviez-vous déjà considérée ainsi ?

Source : Shell
Six fois la taille d’un porte-avions américain.

Le géant Shell est sur le point d’achever la plus grande plate-forme offshore flottante jamais construite : le premier tanker de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde.

Et pour bien comprendre à quel point il est "gros", il suffit de le comparer aux plus grands bâtiments de la planète…

Source : Shell

D’autres grandes compagnies pétrolières talonnent Shell, avec des plans semblables pour construire leur propre unité flottante de production de GNL. Ces entreprises sont ConocoPhillips, le Français GDF Suez et la compagnie nationale pétrolière malaisienne Petronas.

Une longueur d’avance pour Shell

Toutefois, Shell a l’avantage non seulement parce qu’elle est la première à lancer son unité flottante de production de GNL mais aussi parce qu’elle a déposé pas moins de 3 500 brevets pour sa propre technologie, ce qui en fait le leader de l’industrie. Cela signifie que probablement dans les années à venir Shell devrait en savoir plus à propos de ce nouveau territoire de marché qu’aucun autre de ses concurrents.

L’entreprise n’investirait pas dans une véritable ville flottante si elle n’attendait pas un retour sur investissement appréciable. Comme l’explique Frank Curzio dans la lettre The Growth Stock Wire :

"Jusqu’ici, Shell a consacré 600 de ses meilleurs ingénieurs et plus de 1,6 millions d’heures à construire ce navire. Il aura la longueur de quatre terrains de football et pèsera 600 000 tonnes. C’est six fois plus lourd que le plus grand porte-avions au monde. C’est pratiquement une ville flottante".

"Il est capable de forer du gaz naturel quasiment partout en offshore. Le carburant propre est ensuite transformé en GNL sur le navire en étant refroidi à -127°C, ce qui le liquéfie. Ce processus réduit de 600 fois le volume du gaz — permettant ainsi le transport d’une plus grande quantité de gaz naturel".

En outre, l’environnement réglementaire est plutôt en faveur du GNL. Il y a quelques mois, le gouvernement américain a approuvé la construction de quatre terminaux d’exportation de gaz naturel, et 15 autres sont en attente d’approbation. D’ici quelques années, les Etats-Unis pourraient avoir atteint leur objectif d’exporter massivement ce carburant plus propre vers l’Europe et l’Asie, où les entreprises américaines peuvent le facturer plus cher. Voilà quelque chose que beaucoup de nos amis au Moyen-Orient et ailleurs — des endroits dont dépendent les Etats-Unis pour le pétrole — n’apprécient guère.

Pour autant… n’investissez pas dans Shell !

Autre probabilité qui confère une certaine crédibilité à l’idée que les compagnies de GNL seront réellement "capables de forer du gaz naturel quasiment partout en offshore" : pour le meilleur ou pour le pire, même si les politiques nationales changent, cela n’affectera sans doute pas les lois dans les eaux internationales.

Selon Reuters il y a cinq semaines : 

"La vitesse à laquelle la dernière approbation a été accordée - seulement cinq semaines après le projet précédent - laisse penser que le département de l’Energie statuera sur plusieurs autres projets avant la fin de l’année".

On pourrait penser que tout cela est bel et bon. Mais qui voudrait investir dans Shell Oil ?
L’entreprise est trop grosse pour avoir en retour un rendement décent rapidement. Même les dividendes ne sont pas intéressants.

Cela nous amène aux acteurs "pioche et pelle" dans lesquelles il serait intéressant d’investir. Lorsque les grosses compagnies comme Shell ont besoin de quelque chose pour l’une de leurs immenses plate-formes, elles s’adressent à des entreprises comme FMC Technologies pour les équipements et les matériels — FMC est une entreprise leader dans le domaine de la technologie sous-marine, de l’extraction aux réseaux de collecte et de transformations, et j’en passe.

Ces entreprises sont grosses mais elles sont plus dynamiques que Shell. Ce n’est pas parce qu’on est gros qu’on ne peut pas devenir plus gros encore. Ainsi, FMC Technologies a fait quatre fois mieux que Shell au cours des cinq dernières années. Plus récemment, sur une année, Shell est en baisse de 1% tandis que FMC a gagné 37%.

L’entreprise est bien implantée en Amérique du Nord, en Amérique du Sud (en particulier au Brésil), en Europe, en Asie et en Afrique. Elle peut encore gagner des parts de marché alors que la ruée mondiale vers une production en eaux profondes se développe rapidement.

Autre entreprise semblable qui vaut la peine qu’on s’y intéresse : Oceaneering International. Elle fabrique des véhicules sous-marins télécommandés et a bien performé ces deux dernières années – et ce n’est pas fini.

En résumé, dans ces nouvelles eaux, lorsqu’une grosse entreprise travaille en symbiose avec une méga-grosse entreprise… investissez dans la plus petite des deux. 

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