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Adele et Paul Epworth reçoivent un oscar pour "Skyfall" en 2013
Adele et Paul Epworth reçoivent un oscar pour "Skyfall" en 2013
©Reuters

Décalage

Un album sur huit vendu dans le monde : l’énorme puissance de feu de l’industrie musicale britannique

L'industrie de la pop britannique représente des milliards d'euros amassés par le gouvernement chaque année. Quant aux Français, ils sont loin derrière...

Voilà une bonne nouvelle pour l'économie de nos voisins anglais. L'industrie musicale britannique enregistre en effet des revenus à la hausse pour l'année 2013, et pour cause : selon une nouvelle étude, elle a progressé de 9% par rapport à l'année précédente, générant 4,8 milliards d'euros pour l'économie du pays. Les ventes d'albums mondiales, les concerts et l'argent liquide générés grâce à la composition musicale font désormais travailler 111 000 personnes à temps plein au Royaume Uni.

Adele Atlantico

La raison ? Les places de concerts des artistes britanniques comme Adele, les Arctic Monkeys ou Ellie Goulding se vendent comme des petits pains dans le monde entier, grâce au succès de leurs albums qui se placent au sommet des ventes à travers l'Europe et les États-Unis.

La patronne du groupe UK Music, Jo Dipple, à l'origine de ces chiffres cités par le Daily Mail, souligne que même si le succès de l'industrie du disque britannique a toujours été reconnu, c'est la première fois que l'on peut "mettre un chiffre à sa valeur".

Arctic Monkeys Atlantico

A ce sujet, le Ministre de la Culture anglaise, Sajid Javid, a indiqué que l'industrie de la musique était l'un des plus grands succès de l'économie du Royaume-Uni. "L'année dernière, l'industrie musicale a progressé de 9% : c'est vraiment déterminent. Nous sommes des leaders dans le domaine de la musique, de la composition, de la production, des enregistrements et des spectacles. La musique est l'une de nos plus grandes réussites. Non seulement elle contribue très largement à notre croissance économique, mais elle joue un rôle essentiel dans la répartition de la culture britannique à tous les coins du globe", a-t-il déclaré. Mais, d'après Jo Dipple, le gouvernement doit prendre davantage de mesures pour protéger les droits d'auteur et pour sensibiliser les jeunes à acheter leur propre musique, pour contrer les problèmes de la piraterie sur Internet.

UK Music a également appelé Google et les autres géants de l'Internet à donner la priorité aux services de musique en ligne répertoriés dans les résultats de recherche. Le groupe demande, par ailleurs, à ce que l'accès au financement bancaire pour les petites entreprises de la musique soit favorisé.  La patronne de UK Music ajoute qu'elle souhaiterait pouvoir aider le gouvernement britannique à "élaborer des politiques aussi bonnes que la musique que nous produisons".

Et côté français ? Le bilan est... mitigé. En mars dernier, le SNEP, le Syndicat National de l'édition Phonographique, soulignait la très bonne performance des productions françaises dans les ventes d'albums en 2013, avec les succès des Daft Punk, Stromae, Christophe Maé, Zaz ou encore Maître Gims.   

Stromae Atlantico

Pourtant, d'après un nouveau rapport sur les chiffres du marché de la musique enregistrés pour le premier semestre 2014 - et dévoilé par le syndicat ce 1er septembre, le marché global est en baisse de 9,2% avec un chiffre d'affaires de 197,7 millions d'euros. Rien de comparable avec l'industrie britannique, donc, qui nous devance de très loin. En revanche, le streaming, qui poursuit sa progression, représente plus de la moitié du marché numérique et compte pour 17,5% dans le marché global.

Un chiffre relativement bas, qui n'a pas de quoi endiguer la crise d'un secteur qui, entre 2002 et 2013, a vu son chiffre d'affaires annuel passer de 1,3 milliard d'euros à moins de 500 millions d'euros...

Daft Punk Atlantico

"Nous sommes au point charnière d'une nouvelle ère de croissance pour la musique. Un moment où il faut se montrer optimiste et travailler ensemble pour être sûr que la reprise de notre industrie s'étende sur chaque marché, qu'il soit émergent ou mature", a expliqué en janvier dernier Bruno Crolot, le directeur du Midem, rencontre annuelle de l'industrie du disque en France.

Mais même si l'industrie du disque au Royaume-Uni est en hausse et que certains musiciens français, comme les Daft Punk, contribuent grandement aux ventes de disques, tous les artistes n'en profitent pas de la même façon. Une nouvelle étude le confirme : l'industrie musicale, de façon générale, est extrêmement inégalitaire. 77% des revenus générés par la musique dans le monde sont en effet reversés à seulement 1% des artistes mondiaux – des statistiques révélées par une étude de Mark Mulligan, consultant spécialiste de l'industrie, sur son Music Industry Blog.

lu sur le Daily Mail

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