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Pourquoi Nadal ne devrait
pas gagner à Roland-Garros
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Amorti ?

Pourquoi Nadal ne devrait pas gagner à Roland-Garros

Après sa victoire convaincante face à Ivan Ljubicic ce lundi, Rafael Nadal affrontera le Suédois Robin Söderling en quart de finale de Roland-Garros. Pourtant quintuple vainqueur du tournoi, l'Espagnol est un champion qui doute.

Philippe Verneaux

Philippe Verneaux

Philippe Verneaux est journaliste sportif et auteur de L'argent dans le sport (2005, Flammarion). Il anime le blog sportmood.fr.

 

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Il est reparti avec la Coupe des Mousquetaires dans les mains les cinq dernières fois qu’il a foulé, en forme, les courts de la Porte d’Auteuil. Avant d’avoir pu rejoindre Björn Borg, « l’extra-terrestre », et ses six titres à Paris, il est déjà et malgré tout considéré par les spécialistes, même les plus chicaneurs, comme au minimum l’égal sur terre battue du Suédois. Bref, à 25 ans, le gaucher de Manacor est de son vivant une légende de la poussière ocre.

Cette année, Nadal est comme prévu présent en quarts de finale, à trois marches d’un nouveau sacre, autrement dit pour lui, rien, absolument rien. Oui, mais voilà, en ce printemps 2011, quelques maléfiques pollens semblent polluer l’atmosphère du Majorquin.

Nadal présente en effet semaine après semaine depuis le début de la saison quelques signes d’allergie. Pour la première fois depuis des lustres, pour la première fois tout court, un virus d’origine serbe l’a fait tousser sur un court en terre. Le germe provocateur, Novak Djokovic, se l’est non seulement permis une fois – après l’avoir fait deux fois sur surface dure – mais une deuxième. La planète tennis en tremble encore…

Un champion qui doute

Le mal paraitrait bénin si d’autres indices n’orientaient pas les détectives vers une autre thèse que celle de l’accident. En seulement quelques mois, l’attitude générale de Nadal a progressivement laissé naître un doute sur ce que l’on croyait gravé dans ses gênes, la motivation. Le numéro 1 mondial, au soir de son premier tour remporté à l’arrachée sur le géant américain John Isner, a prononcé les mots que l’on pensait bannis de son vocabulaire :  « Ce n’est pas la première fois cette saison que je me mets tout seul en difficulté. Ça ne m’arrivait pas dans le passé. Je dois l’avouer. Je dois accepter ça. Ça fait des années que je dois maintenir un très haut niveau, chaque jour. Ça fait beaucoup de stress ». Freud aurait-il atteint les neurones d’un cerveau auquel nul n’avait détecté la moindre porosité ?

Mais c’est le pan sportif qui inquiète les fans les plus idolâtres du phénomène. A Madrid et à Rome, Djokovic l’a certes battu mais, suprême humiliation, en lui faisant mal. En neutralisant notamment, événement inimaginable, son coup droit dont la puissance et la précision n’avaient jamais trouvé le plus petit contradicteur. Et Djokovic est là, et bien là, tapi comme un fauve dans l’autre moitié du tableau, et qui l’attend, le guette encore en finale dimanche…

Enfin, c’est la gestuelle de l’invincible qui interpelle. On n’a pas observé Nadal, par exemple, pendant les huit premiers jours du Grand Chelem parisien, effectuer ses habituels bonds de cabri après un point gagné, ni ses coutumières démonstrations d’extase, pas plus que ses grimaces de jouissance… On n’a en résumé pas vu pour le moment à Paris un Nadal « ordinaire ». Rafaël, le monde attend le chef-d'œuvre de ta Renaissance…

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