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Sur le front des idées : la liste des ouvrages à lire ou à relire pour trouver les réponses aux grandes questions de 2014
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Sur le front des idées : la liste des ouvrages à lire ou à relire pour trouver les réponses aux grandes questions de 2014

Régulièrement, Jean-Jacques Netter, vice-président de l’Institut des Libertés, publie les notes de son cahier concernant les ruptures économiques, les frictions géopolitiques et les évolutions idéologiques de notre société. Cela permet, essentiellement à partir de livres qui ne s’inscrivent pas forcément dans le court terme, de regarder la réalité telle qu’elle est aujourd’hui ou de faire apparaître de nouveaux angles d’évolution.

Jean-Jacques Netter

Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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Cet article a initialement été publié sur le site de l'Institut des libertés

L’esprit d’entreprendre : l’inventaire des idées reçues qui plombent la France a été réalisé par David Thesmar et Augustin Landier dans « Les 10 idées qui coulent la France ». Violemment anti-néocolbertiste, les auteurs veulent remplacer les stratégies nostalgico-électoralistes de la gauche et de la droite au pouvoir par une société de confiance, ouverte, schumpétérienne où l’esprit d’entreprendre, l’incitation à l’innovation, la capacité à tourner la page des industries du passé, sont les seules idées à mettre en place pour sauver la pays…

Révolution du marché libre : Yaron Brook et Don Watkins se sont retrouvés aux Etats-Unis en tête des best sellers avec le livre « Free Market Revolution. How Ayn Rand’s ideas can end big government ». Le livre intéressera tous ceux qui pensent que ce ne sont pas les gouvernements qui ont la solution pour résoudre les problèmes de l’économie d’aujourd’hui.  

Libéral : en Angleterre même la gauche est libérale. En France, même la droite ne l’est pas. Telle est la confession du philosophe André Comte-Sponville qui dit avoir pourtant toujours voté à gauche…

Marché :David Graeber, professeur à la London School of Economics dans « Dette 5000 ans d’histoire » rappelle que le marché et les capitalistes ont toujours fait l’objet de critiques de tous ceux, philosophes, religieux, intellectuels qui les accusent d’entraver par l’appât du gain et les conflits qu’ils déclenchent par l’élévation des communautés humaines vers le bien et la paix…

Exil : Selon André Bercoff auteur de « Je suis venu te dire que je m’en vais » de nombreux Français sont en train de s’organiser pour quitter leur pays : grosses fortunes, entrepreneurs, cerveaux, jeunes qui ont soif de liberté et d’aventure. Leur exil avant d’être fiscal est économique et humain explique-t-il.

Normes : Les règles idiotes qui tuent l’industrie française sont bien décrites dans le livre de Philippe Eliakim « Absurdité à la française. Enquête sur ces normes qui nous tyrannisent ». La France est devenue kafkaïenne, les mille-feuilles réglementaires mènent à d’infernales absurdités bureaucratiques. Une simple norme décidée souvent dans un bureau à Bruxelles peut condamner au chômage des centaines de salariés…

Désordre : Le dernier livre de Nassim Taleb« Antifragile. Les bienfaits du désordre » est désormais traduit en français. L’économiste qui a connu un succès mondial avec son « Cygne noir », pense que nous sommes tous des dindes incapables de prévoir le futur à partir de la prétendue régularité du passé. Notre monde résume-t-il est dominé par l’extrême, l’inconnu et le très improbable et pendant ce temps nous ne cessons de nous livrer à des bavardages inutiles et de nous focaliser sur le connu et le répété. Trop d’ordre empêche l’adaptation. Il laisse croire à une domestication du hasard et confine à un certain confort pseudo scientifique.

Décrochage : La France était en déclin , elle est aujourd’hui en phase de décrochage explique François de Closets dans son dernier livre «  Maintenant ou jamais. Une dernière chance pour la France ». Il souhaite la nomination comme chef du gouvernement d’un « Monti français » qui pourrait être selon lui Pascal Lamy, Louis Gallois ou Didier Migaud. Celui qui sera nommé pourrait prendre la tête d’un gouvernement d’union nationale composé de personnalités au dessus des partis.

Pour Karine Berger, député socialiste et Valérie Rabaultdans leur livre «  La France contre attaque », l’idée pour une entreprise de réduire ses coûts est une stratégie intellectuellement paresseuse et juste destinée à faire quelques gains de court terme dont la vertu première est de permettre aux dirigeants de s’enrichir plus vite ! En lisant de tels propos on comprend bien pourquoi le gouvernement français a tant de mal à réduire les dépenses publiques de l’Etat…

Amérique : L’affaiblissement de l’Amérique est toujours un sujet qui fait recette dans les médias français. Josef Joffe raconte très bien dans « The myth of America’s decline » qu’il n’en est rien.Il rappelle que Paul Samuelson l’économiste très souvent cité dans les manuels français avait prédit que l’économie de l’Union Soviétique dépasserait celle des Etats-Unis en 1984…

Blancs : Le blanc sera à tout jamais « le colon raciste qui a fait suer le burnous à l’Arabe et a mis les fers à l’esclave noir ». Tel est le constat fait par Sylvie Laurent et Thiérry Leclère dans leur livre « De quelle couleur sont les blancs. Des colonies au racisme anti-blanc ». Pourtant, font remarquer les auteurs, un blanc, même petit, peut être opprimé, mais il est condamné pour l’éternité à être un dominant.

Crise : Pour les Français la crise n’est pas seulement celle de la croissance, de l’euro ou de la finance mais elle est d’abord une crise de la société, une crise des valeurs, une crise d’identité. François Miquet-Marty, spécialiste des études d’opinion, dans « Les nouvelles passions françaises » explique que la France ne croit plus ni à la politique ni au progrès. Elle rejette sans fard et sans crainte tous ceux qui ne respectent pas ses valeurs : les « puissants », les « assistés », et les « étrangers »…

Crise : Cette crise n’est pas financière mais énergétique sur le plan mondial explique Jeremy Rivkin, l’essayiste américain qui annonce une grande mutation industrielle et écologique. Son livre « La troisième révolution industrielle » est encensé par Arnaud Montebourg et adoré par les verts !

Protectionnisme : Alors que les outils budgétaires traditionnels sont inefficaces, que l’arme monétaire est émoussée il est temps d’utiliser le protectionisme. François Lenglet, journaliste respecté propose cette arme dans son dernier livre « La fin de la mondialisation ». C’est une idée qui plaira à Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et bien sûr Arnaud Montebourg ! Profits : Le « cost killing », la réduction des coûts dans une entreprise, c’est un management par la finance pour répondre à l’impatience irrationnelle des profits.

Etat : Tout le monde sent qu’il va falloir refaire complètement ce qu’on appelle l’Etat. Bruno Latour dans« Enquête sur les modes d’existence. Une anthropologie des modernes » estime que les instruments de l’Etat sont dérisoires par rapport à ce que les marchés permettent d’apprendre sur de simples marchandises. Si l’on prétend connaître à l’avance la différence entre les intérêts privés et le bien public on n’arrivera à rien…

Gauche : La gauche a fait une partie du chemin mais la route est encore longue pour se réconcilier vraiment avec les entrepreneurs. Tel est le constat de Olivier Mathiot dans« La gauche a mal à son entreprise ». Le fondateur de Price Minister, qui a voté François Hollande en 2012, estime que nous essayons de sauver une vision de l’Etat-providence dont la version actuelle est en train de détruire la marque France de l’intérieur sur la scène internationale…

Gauchisme culturel : Il faut briser son influence estime Jean-Pierre Le Goff, sociologue. Auteur de « La gauche à l’épreuve 1968-2011 »  il estime qu’il faut en finir avec la pratique de la synthèse et ses salmigondis, de trancher le nœud gordien entre l’angélisme et le sens de l’Etat qui enserre la gauche au pouvoir et l’entraine vers la débâcle…

Assimilation : Michèle Tribalat regrette que l’assimilation ait laissé la place à un modèle multiculturel. Dans son livre « Assimilation, la fin du modèle français » ,la démographe estime que la diversité est souvent hissée au rang de valeur. C’est une théorie méliorative qui selon elle est dangereuse.

Jésuites : Un jésuite peut en cacher un autre. Le Révérend Robert Sirico est un jésuite qui a fondé l’Acton Institute aux Etats-Unis. Il défend avec grand talent l’idée que c’est l’entreprise privée évoluant sur un marché ouvert qui est le mieux à même d’améliorer le sort des plus pauvres.Dans son livre « Defending the free market. The moral case for a free economy », il montre que l’Etat et les systèmes d’assistanat sont assez inefficaces. Gaël Giraud est un jésuite qui vit en France. Pour lui, l’obstacle c’est la finance dérégulée… Il faut selon lui renoncer à la financiarisation idolâtre (= le crotin du diable selon Saint-François d’Assise)… Les financiers ont construit des jeux mortels qui nous menacent… Nous attendons que les marchands et les banquiers lachent le veau d’or… L’épargne ne doit pas être captée par le casino international des marchés…Ces propos sont extraits de la Conférence de Carême de Notre Dame de Paris du 11/03/2012.  Michel de Certeau dans « La fable Mystique » est à la lisière de l’ordre des jésuites sans jamais le quitter. Il avait le goût de l’autre et mettait en œuvre une compétence transversale. Il voulait opérer des croisements inattendus libres, paradoxaux entre tous les savoirs qu’il maîtrisait…

Nation : Il n’ y a pas de nation sans préférence nationale explique Alain Finkielkraut. Dans son livre « L’identité malheureuse » il en appelle au courage de chacun pour soustraire la pensée à la tyrannie de la bien-pensance. Les bobos doivent arrêter de célébrer le métissage tout en vivant dans des forteresses. Si rien ne se produit le philosophe considère que la société française basculera d’une communauté de destin à une juxtaposition de particularismes…

Miroirs : les hommes politiques sont sensibles à trois regards qui se cherchent, s’évitent et se séduisent. Ils se regardent en permanence dans les miroirs du pouvoir, des médias et de l’opinion. Pour Michel Schneider, psychanalyste dans son livre « Miroir des Princes », le problème c’est que le pouvoir n’a plus de pouvoir, les médias ne médiatisent plus et l’opinion est débranchée.

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