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Ils se sont mis à soixante (tous de gauche) pour embaumer définitivement François Hollande !
©BERTRAND GUAY / POOL / AFP

Requiem

Ils se sont mis à soixante (tous de gauche) pour embaumer définitivement François Hollande !

Ils l’aiment le président de la République… Ils l’aiment tellement qu’ils l’ensevelissent sous un déluge écœurant de mièvreries.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Depuis 2012, la France a un martyr qui endure stoïquement les tortures affreuses qu’on lui fait subir. Depuis 2012, un homme saigne de toutes parts et sur ses plaies, des monstres sadiques versent du sel. Depuis 2012, un homme souffre et, dignement, s’abstient de toute plainte et de tout gémissement. Cet homme, c’est François Hollande.

Nous sommes des millions à ne pas nous en être aperçus. Nous sommes des millions à ne rien avoir voulu voir. Rien voulu entendre. Alors que près de nous gisait le corps meurtri d’un Saint-Sébastien percé de flèches. Et nous devons aujourd’hui avoir honte de notre sécheresse de cœur qui est la pire des invalidités de l’âme. Mais quand même, et enfin, soixante personnalités se sont courageusement levées pour dire stop à cette infamie et à cet ignoble lynchage. Elles signent une pétition publiée hier par le Journal du dimanche. Le texte vaut le détour. Il est dans la tonalité émotionnelle d’un tableau représentant Marie veillant le corps de son fils. On a "dénigré" ce pauvre Hollande ! On l’a "insulté"  sans relâche ! On a été "indignes" avec lui ! Cette douloureuse protestation s’accompagne d’un Himalaya d’éloges sur son action.

De la guimauve mélangée à de la barbe à papa. Du loukoum enrobé du plus sucré des nougats. Tout cela avec la consistance d’un vieux cierge dégoulinant religieusement. Une façon implacable d’embaumer François Hollande placé dans un sarcophage couronné d’une pièce montée.

Même dans les romans-photos, même dans les livres de la collection Harlequin, on n’ose plus écrire comme ça. Les signataires de ce texte pathétique valent aussi le détour. Ils se définissent eux-mêmes comme des "artistes, sportifs et créateurs, penseurs, chercheurs, entrepreneurs et citoyens indépendants". On se précipite pour voir. Et on trouve Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Mazarine Pingeot, Benjamin Biolay. On continue et on trouve ? On trouve rien.

Un penseur ? Pas de penseur. Un chercheur ? Pas de chercheur. Même pas un petit philosophe, un petit historien ou un encore plus petit sociologue. On a raclé les fonds de tiroir et on a trouvé une pléthore de "citoyens indépendants" (c'est-à-dire de gauche, ceux de droite étant certainement "citoyens dépendants"). François Hollande, qu’Atlantico n’a pas ménagé, méritait quand même mieux que ce linceul mité. 

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