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Si Hollande avait accepté la main tendue par Bayrou en mai 2012, Valls aurait-il plus de marges de manœuvre deux ans après ?
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Hypothèse

Si Hollande avait accepté la main tendue par Bayrou en mai 2012, Valls aurait-il plus de marges de manœuvre deux ans après ?

Si certains se sont amusés à imaginer comment l'Histoire aurait pu être changée par de simples décisions, il est possible de se livrer à une semblable uchronie dans un passé très récent : 2012, François Hollande incorpore dans son gouvernement tous ceux qui l'on soutenu, y compris François Bayrou...

Yves Derai

Yves Derai

Yves Derai est éditorialiste à Atlantico. Chaque semaine, il écarte les lourds rideaux de velours des palais de la République pour nous en révéler les secrets.

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En littérature, cela s’appelle une uchronie, un genre pour lequel on réécrit l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé. Transposé à notre histoire politique récente, il me semble intéressant de se poser la question suivante : que serait-il advenu si François Hollande, prenant acte de la décision de François Bayrou d’appeler à voter pour lui entre les deux tours, avait, au lendemain de sa victoire, ouvert sa majorité au centre ? Certes, le Front de Gauche aurait poussé des cris d’orfraie. Il le fait de toutes façons. Certes, les Verts auraient sûrement refusé de participer à un gouvernement aux côtés de ministres Modem. Ils l’ont quitté au lendemain des municipales, après la nomination de Manuel Valls à Matignon. Mais aujourd’hui, si le Président s’était coulé dans cette logique politique qui consiste à rassembler ceux qui l’ont aidé à gagner, ne pourrait-il pas s’appuyer sur une majorité plus en cohérence avec les nouvelles orientations économiques du pays, le pacte de responsabilité, la réduction des déficits, une politique de l’offre ?

En mai 2012, dans le plus grand secret, Marielle de Sarnez, numéro deux du Modem, a rencontré Michel Sapin, proche entre les proches de Hollande, pour évoquer le ralliement de François Bayrou. Etait-elle mandatée pour négocier ou devait-elle juste informer le camp socialiste des intentions de son patron par un canal amical, Sarnez et Sapin entretenant à titre personnel une relation de confiance ? L’affaire n’est pas claire. Toujours est-il que rien de concret n’est sorti de cette discussion. Aujourd’hui, François Bayrou s’est rapproché de l’UDI sur le plan national et a d’ores et déjà annoncé qu’il soutiendrait Alain Juppé à la prochaine présidentielle si le maire de Bordeaux venait à se présenter…

Du coup, le tandem Hollande-Valls, replié sur un cercle de plus en plus restreint de députés socialistes, subit la pression parlementaire et médiatique de tous les « dé » de notre spectre idéologique : les utopistes de la démondialisation, de la décroissance, de la  déconsommation, de la dénucléarisation… Mais aussi de ces démagogues qui feignent de ne pas comprendre les grandes mutations qui nous entourent et, pire encore, des défaitistes qui pensent que la France et l’Europe sont condamnées à perdre toutes les batailles de demain imposées par la globalisation.

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