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Selon Donald Trump, les musulmans "représentent un problème pour nous, et ça, ça ne fait aucun doute"
©Reuters

Bonnes feuilles

Selon Donald Trump, les musulmans "représentent un problème pour nous, et ça, ça ne fait aucun doute"

Populiste, sexiste, xénophobe et vulgaire, le milliardaire Donald Trump est parvenu à s'imposer comme candidat inévitable à l'élection présidentielle américaine de 2016. Malgré ses outrances et ses provocations verbales, ou peut-être grâce à elles, le magnat de l'immobilier et des médias a déjoué les pronostics et éliminé tous ses rivaux républicains. Cet ouvrage rassemble les piques et répliques prononcées par "The Donald" au cours de sa déjà longue carrière. Extrait de "Petit Trump illustré", de François Durpaire et Kévin Picciau, aux éditions Nouveau Monde 2/2

François Durpaire

François Durpaire

François Durpaire est historien et écrivain, spécialisé dans les questions relatives à la diversité culturelle aux Etats-Unis et en France. Il est également maître de conférences à l'université de Cergy-Pontoise.

Il est président du mouvement pluricitoyen : "Nous sommes la France" et s'occupe du blog Durpaire.com

Il est également l'auteur de Nous sommes tous la France : essai sur la nouvelle identité française (Editions Philippe Rey, 2012) et de Les Etats-Unis pour les nuls aux côtés de Thomas Snégaroff (First, 2012)

 


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Kévin Picciau

Kévin Picciau

Kévin Picciau est journaliste indépendant. Il suit de près l'actualité des Amériques et s'intéresse aux industries de la culture et des médias.

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L’histoire commençait pourtant bien…

« J’ai des amis qui sont musulmans. Ce sont des gens bien, des gens formidables. Et la plupart des musulmans – comme tout ce qui existe –, enfin, ceux-là, sont des gens fabuleux. Mais ils représentent un problème pour nous, et ça, ça ne fait aucun doute. »

Face à Jake Tapper dans l’émission State of the Union sur CNN, 20 septembre 2015

Le clan Trump est donc prêt à se priver (et à priver tous les Américains) de la présence de concitoyens exceptionnels, si tel est le mal à endurer pour régler « certains problèmes ».

« Donald J. Trump requiert la fermeture complète de toutes frontières pour les musulmans qui souhaiteraient entrer aux États-Unis, jusqu’à ce que nos représentants aient pu saisir la nature de ce qui est en train de se passer. »

Communiqué de presse signé Trump, 7 décembre 2015

Pour le présentateur Chris Matthews, qui a mené un long entretien avec Donald Trump, c’est là une posture de repli contre-productive : « Aujourd’hui, ils ont une certaine envie de combattre ce prétendu État islamique, mais ils en auront peut-être moins envie une fois qu’ils se diront : “Les Américains ne nous aiment même pas, alors… ?” » Réponse de notre matamore :

« Je ne sais pas, peut-être qu’ils seront un peu plus motivés pour combattre le prétendu État islamique. Peut-être qu’ils se diront : "Nous voulons rentrer en Amérique, nous devons résoudre ce problème." » 

Sur MSNBC, 30 mars 2016

« Pour moi, il y a deux types de public. Le vrai public, et puis, à part, il y a ce gros tas de merde qu’est la société new-yorkaise. Le vrai public a toujours aimé Donald Trump. Le vrai public est sensible à ce harcèlement auquel doit faire face Donal Trump. Maintenant, quand je sors dans la rue, n’y pensez même pas. La foule se jette sur moi. C’est la cohue. » 

Vanity Fair, portrait, septembre 1990 

« On n’est pas le meilleur quand on le croit, mais quand on le sait. » (Matrix)

Terme plus fréquent dans le vocabulaire Trump que l’expression « afro-américain ». Pour lui, le poids de la communauté noire aux États-Unis est un danger pour la justice électorale. En 2011, il s’approprie cet argument pour défendre Hillary Clinton, sortie perdante de l’investiture démocrate en 2008. Ou pour dénigrer Barack Obama, c’est selon.

« Je vais vous dire les choses comme elles sont. On entend des journalistes politiques dire et insister sur le fait que tout ça [les résultats de l’investiture] n’a rien à voir avec la race. Mais comment [Hillary Clinton] a-t-elle pu récolter si peu de voix auprès d’eux [les Afro-Américains] ? Je vais vous dire, c’est bien triste. »

Ce qui n’altère en rien ses sentiments (envers les Noirs, pas envers Hillary) :

« J’ai un très bon rapport avec les Noirs. J’ai toujours eu un très bon rapport avec les Noirs. Mais, malheureusement, les chiffres que vous donnez sont très effrayants. »

Face à Fred Dicker sur la chaîne de radio Talk1300, 2011

Au début de cet entretien, Donald Trump confiait sa peur de ne pas voir son amour rémunéré à sa juste valeur, en ne recevant pas le soutien qu’il mérite de la part de la communauté afro-américaine.

Dans une émission diffusée sur MSNBC, le présentateur Chris Matthews livre un combat sans merci pour faire parler le candidat à la présidence. Plus exactement pour lui faire répéter clairement ce qu’il a déjà laissé entendre :

« Pouvez-vous dire clairement que vous n’utiliserez pas l’arme nucléaire au Moyen-Orient ?

– Je ne dirai jamais ça. Je garderai toutes mes cartes en main.

– Dites-le pour l’Europe alors : nous n’utiliserons pas l’arme nucléaire en Europe.

– Je… je garderai toutes mes cartes en main. […] Si quelqu’un vous attaquait avec un couteau, vous ne vous défendriez pas ? »

Deux poids, deux mesures. Le va-t-en-guerre poursuit :

« D’accord, on ne parle pas du nucléaire. Mais n’y a-t-il pas un moment où il serait possible d’y avoir recours, juste possible ?

– OK. Le problème, c’est que quand vous avez dit ça, tout le monde vous a entendu. David Cameron en Grande-Bretagne vous a entendu. Les Japonais, que nous avons bombardés en 1945, ont entendu eux aussi. Les gens entendent parler d’un type qui se présente pour être élu président des États-Unis et qui parle d’utiliser l’arme nucléaire. Personne ne veut entendre un président américain dire ça.

– Alors pourquoi est-ce qu’on les fabrique ? Pourquoi on les fabrique ? »

Sur MSNBC, 30 mars 2016

« Quand vous parlez du bouton nucléaire, ceux qui m’inquiètent ce sont ceux qui sont de l’autre côté et qui ont l’arme nucléaire. Mais pas la peine de vous inquiéter en ce qui me concerne… »

Dans l’émission Hannity sur Fox News, 17 juin 2015

On ne demande qu’à le croire…

Extrait du Petit Trump illustré, de François Durpaire et Kévin Picciau, aux éditions Nouveau Monde. Pour acheter ce livre, cliquez ici

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