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Demain, tous porno stars ?
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Scarlett Johansson nue sur Internet

Demain, tous porno stars ?

Après Blake Lively et tant d'autres stars, Scarlett Johansson a eu la mauvaise surprise de voir des photos d'elle nue circuler sur Internet. Un symbole de la démocratisation du sexe et de la pornographie...

Antoine Bueno

Antoine Bueno

Antoine Bueno est écrivain et chargé de mission au Sénat. Il se produit aussi dans son seul en scène, "Antoine Bueno, l'Espoir".

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Quoi de plus banal qu’une star à poil ? Lorsque l’on y réfléchit, le nombre d’actrices, de chanteuses ou de top models dont le bon public n’a pas au moins entrevu la poitrine est relativement restreint. Pourtant, à chaque nouvelle entrante dans ce large cercle des célébrités nues, les feux de la fête se rallument. Médias et rubriques people, dont l’indigence n’a d’égale que le nombre, s’emparent du phénomène pour l’ériger en curiosité délectable ou scandale du moment. La dernière en date : Scarlett Johansson.

Une histoire qui fait froid dans le dos (surtout le sien) : la dame se serait fait pirater son ordinateur portable. Deux clichés de la plus haute importance y auraient été subtilisés pour être diffusés sur la toile. Elle apparaîtrait topless sur le premier. Le second permettrait d’entrapercevoir son cul à tous ceux qui n’auraient rien d’autre à faire. Brrrr ! L’avocat de l’actrice a grondé. Enfin, un vrai événement quoi, surtout à l’heure où toute l’économie mondiale pourrait se casser la gueule.

Bref, le phénomène de la célébrité à poil est suffisamment inintéressant pour passionner les foules et donc mériter une analyse un peu plus approfondie. Que nous révèle-t-il de l’état et de l’évolution de la société ? Au moins deux choses, dont la contradiction se résout dans une troisième : la démocratisation du porno.

Il faut bien distinguer selon que la star ait voulu rendre public son image dénudée ou non.

De Marilyn Monroe jusqu’à Laetitia Casta, en passant par Madonna et toutes les célèbres héroïnes du Bal des actrices qui posèrent nues et enchevêtrées pour l’affiche du film de Maïwenn, elles ne sont pas rares à avoir fait de leur nudité une facette de leur image publique. Apparaître dévêtue devient une carte à jouer, comme une autre, dans un plan de carrière. Ces images contrôlées ne choquent ni n’émeuvent plus guère. Ce qui révèle une banalisation du corps dans notre société, une déchristianisation de ce corps.

A l’opposé, c’est lorsque l’image de la nudité est volée qu’elle suscite encore le frisson. C’est bien ce qui se produit avec la présente affaire Johansson, réédition du cas Blake Lively et de tant d’autres. Pourquoi ? Sans doute parce que nous ne parvenons pas encore à dissocier nudité et sexualité. Le corps interdit est un corps sexualisé. La sexualité demeure le tabou. De ce côté-là, le christianisme tient bon.

Une contradiction donc. Contradiction dont l’addition des deux termes pourrait bien trouver sa solution paradoxale dans le phénomène de la démocratisation du porno.

En effet, si le corps peut être montré mais qu’il demeure associé à la sexualité, cela ne revient-il pas à dire que s'il doit être montré, c’est en situation d’acte sexuel ? Le triomphe du porno amateur, le gonzo, en témoignerait. Un triomphe largement relayé et accéléré par l’essor des nouvelles technologies. Photographier, filmer et diffuser étant devenu accessible à tous. Aujourd’hui, le X amateur s’est à ce point développé qu’il remet en cause jusqu’à la professionnalisation du Hard. C’est dit : chacun d’entre-nous est une porno star en puissance. Scarlett Johansson, pas moins que les autres.

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