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Régis Debray écrit sur Stendhal mais c’est de Macron dont il parle
©FETHI BELAID / AFP

Vous préférez Gavroche ou Julien Sorel ?

Régis Debray écrit sur Stendhal mais c’est de Macron dont il parle

Le philosophe n’est pas très charitable avec Julien Sorel : il lui en veut certainement de servir de modèle au président de la République.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Son « Du génie français »* est un livre magnifique. Il donne à penser vrai avec ses tripes. A penser juste avec son cœur. Les bien-pensants, les bobos semi-lettrés, les journalistes conformistes et serviles doivent donc s’abstenir d’ouvrir ce livre.

A la demande de la Société des gens de lettre qui consultait pour savoir qui de Victor Hugo ou de Stendhal devait être proclamé « écrivain national », Debray a pris sa plume. Et il en est résulté un livre.

D’emblée levons tout suspense : le philosophe opte pour l’auteur des Misérables. Victor Hugo c’est pour lui l’homme des grandes passions et des idées généreuses. Pour elles on peut monter et mourir sur les barricades.

Stendhal, estime Debray, n’a que du charme. Il est séduisant, léger. Il proclame son admiration pour l’individualisme et la réussite. Les start-ups aiment bien Julien Sorel : il leur ressemble, en tout cas elles veulent lui ressembler.

Au détour d’une page, nous apprenons (ça nous avait échappé) que pour son portrait officiel Macron avait posé avec à sa droite les Mémoires de guerre de de Gaulle et à sa gauche le Rouge et le noir et Les Nourritures terrestres.

De Gaulle, c’est quand même un peu grand pour un homme qui est taillé pour tenir le principal guichet d’une banque. Le Rouge et le noir on comprend mieux : Julien Sorel, comme Macron, ne vit que pour réussir par sa séduction personnelle. Gide on ne sait pas bien pourquoi…

Effaçons-nous maintenant derrière Debray. Pour camper Macron, il a une formule qui fait mouche : « le tout à l’égo ». Après, ça devient féroce.

On doit tout savoir. Ce qui oblige le capitaine à commenter en public sa vie privée (« untel n’est pas mon amant » précise-t-on crûment). Plus de tapis rouge dans la cour d’honneur ni de pingouin au dîner d’Etat.

Un président en fonction file voir sa copine en scooter, un autre va au stade en bras de chemise hurler devant un tir au but. Il fait de l’Elysée une boîte de nuit jeune et pose bras dessus bras dessous avec un rappeur en bas résille.

Réflexion faite Macron ne mérite même pas Julien Sorel. Serait-il capable comme lui de mourir par amour ? Ce qui lui va le mieux c est Georges Duroy, le journaliste aux dents longues de Bel- Ami de Maupassant.

* : Du Génie Français. Régis Debray. Gallimard. 

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