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repas alimentation table famille amis couple influence habitudes alimentaires
repas alimentation table famille amis couple influence habitudes alimentaires
©HANS SCOTT / AFP

Relations sociales

Régime alimentaire et entourage : dis-moi avec qui tu manges, je te dirai combien tu pèses

Au sein des couples, des familles ou entre amis, des compromis interviennent souvent lors des repas. Cela peut parfois conduire à adopter de nouvelles pratiques culinaires ou provoquer des troubles alimentaires.

Béatrice de Reynal

Béatrice de Reynal

Béatrice de Reynal est nutritionniste. Très gourmande, elle ne jette l'opprobre sur aucun aliment et tente de faire partager ses idées de nutrition inspirante. Elle est par ailleurs l'auteur de Ouvrez les yeux avant d’ouvrir la bouche, publié chez Plon, et du blog "MiamMiam".

 

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Atlantico.fr : Les relations sociales semblent être au cœur même de nos habitudes alimentaires. Selon les groupes qui nous entourent, notre régime alimentaire est-il impacté ? 

Béatrice de Reynal : Nous sommes le fruit d’influences familiales, sociales, génétiques et épigénétiques… qui intéressent les 1000 premiers jours de nos vies à partir de la conception même. C’est dire toute l’importance de notre environnement !

Selon notre éducation alimentaire, donc, notre origine, tradition culturelle, familiale, sociale, économique, nous sommes imprégnés de règles, tabous et diktats. Parfois, cet héritage est protecteur : l’adage dit « plus ton père gagne de l’argent et moins tu manges »… façon de dire que les gens aisés peuvent trouver le temps et les moyens pour manger mieux de bons aliments, et les déguster dans de bonnes conditions pour percevoir la satiété.

Parfois, c’est tout le contraire. Je cite souvent Zaza, une femme immigrée qui a trouvé un logement réduit dans la grande banlieue parisienne. Elle a 3 enfants de 3 pères différents, vit seule d’emplois précaires qui la fait sortir du lit à 6h et revenir à plus de 20 h après avoir passé plus de temps en transport en commun qu’à une activité rémunérée. Les enfants, livrés à l’aîné, font comme ils peuvent et lorsqu’elle rentre, Zaza culpabilisée leur apporte des mets riches et roboratifs. Elle est en surpoids bien sûr, car elle aussi a besoin de lutter contre le stress qui l’assaille.

Une bonne stabilité dans ses relations sociales permettrait-elle de garantir un poids idéal ? 

Il est très étonnant de suivre le poids moyen des adultes lorsqu’ils débutent une relation de couple : pour séduire, l’individu a tendance à faire des efforts : silhouette alerte, tonus et vitalité. Une fois en couple, on adopte des habitudes qui n’en sont pas : on zappe un repas, on fait de nombreux repas partagés, quelques excès suivis de périodes d’abstention.

Ensuite, madame prend du poids, monsieur s’accompagne souvent et le bébé remet le couple sur les rails du « manger correct » afin de donner le bon exemple. On en revient à de vrais repas structurés, pris ensemble à table. Pas d’excès, on se tient bien… Monsieur a gardé ses kilos alors que Madame cherche à les perdre et y parvient souvent.

Si tout va mal, le stress, la frustration, la colère font parfois des dégâts : dans un sens ou un autre, mais la douleur du couple pèse sur la balance.

Mal marié, le poids en est un bon indicateur.

La vie passe… souvent, le couple grossit lentement avec l’âge. Ce qui est étonnant, c’est le veuvage. Nous les femmes, retrouvons alors nos habitudes d’avant couple : salade, fromage, léger. Alors que monsieur devenu seul… trouve rapidement une nouvelle prestataire… pour faire la cuisine et conserver les habitudes auxquelles il est attaché.

A l’inverse des mauvaises relations (solitude, toxicité, etc.) peuvent-elles causer des troubles alimentaires ?

Le malheur nous fait réagir de différentes manières : la solitude fait dépérir les uns, grossir les autres. Nous ne sommes pas tous égaux devant l’isolement.

Par contre, les études scientifiques ont pu démontrer que les commensaux (ceux avec qui vous rompez le pain) influencent énormément votre appétit. Si vous mangez avec des maigres, vous mangerez moins. Si vous mangez avec des personnes en surpoids, vous mangerez plus. Par mimétisme et pour vous faire accepter du groupe. 

Lors des diverses sorties et dîners, pouvons-nous adapter notre façon de se nourrir pour ne pas prendre de poids ?

La prise de poids est le problème N°1 de 90 % des sujets. Ayant tous la même préoccupation, nous devrions nous mettre d’accord sur le menu. Autant j’apprécie la générosité d’une cuisinière, surtout pour ses petits-enfants, autant je trouve déplacé l’insistance d’un cuisinier pour goûter ceci ou cela, reprendre de ci ou de ça. La nutrition est une histoire d’équilibre personnel et intime et vous devez respecter cette sphère d’intimité propre à chacun.

Alors n’insistez pas, jamais. Surtout sous le sceau de l’obligation familiale ou sociale.

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