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Refondation de l’école : quand Vincent Peillon mobilise le débat public autour d’une non-réforme

Pourquoi le projet de loi de "refondation de l'école de la République", voté ce mardi 19 mars par l'Assemblée nationale, "évite soigneusement les sujets difficiles" et les "chantiers prioritaires".

A l’heure où Vincent Peillon présente son projet devant l’Assemblée, il faut avoir le courage de dire qu’il y avait la place pour une réforme d’envergure du système scolaire.

Le Ministre déclare vouloir « refonder l’école de la République »… Un rien emphatique pour une proposition qui évite soigneusement les sujets difficiles. Le temps de travail des enseignants, par exemple, l’autonomie des directeurs d’établissement ou encore la qualité de l’accueil des enfants après les heures de classe.

C’est dommage. Quel bien y a-t-il à mobiliser le débat public, tout en évitant avec soin de faire grande réforme, en concertation avec les familles. On perd du temps, on use la résistance psychologique des enseignants et des Français. Pourquoi Vincent Peillon ne commence-t-il pas par se pencher sur les contenus ? Il est urgent de les adapter aux nouvelles exigences de notre économie et aux nouveaux outils pédagogiques.

Le sujet des rythmes scolaires doit en découler. Mais s’il y a un sujet qui ne peut être traité dans une fausse concertation, c’est bien celui-là ! Les familles et les collectivités locales doivent être au premier rang de ces discussions.

Dommage aussi de ne pas nous inspirer des succès d’autres pays. En Allemagne, où j’ai vécu durant plusieurs années, les enfants ont des journées de cours moins chargées. Mais après la classe, la vie continue à l’école : sport, éveil à la musique, activités artistiques. Aux Etats-Unis, cette culture de campus est évidente. Elle prend le relais des heures de classe. Sommes-nous aujourd’hui capables de prendre ce tournant ? Les collectivités peuvent-elles en assumer l’organisation ? Les familles, dont les mères travaillent davantage que les mères allemandes, y sont-elles favorables ? C’est ce débat qu’il nous faut mener collectivement.

Dommage enfin de ne pas effleurer le sujet de ces 150 000 décrocheurs par an. C’est une injustice sociale et humaine, autant qu’une menace réelle sur notre cohésion sociale.

Vincent Peillon a une mission très importante dans ce gouvernement. La réforme de l’école est un chantier prioritaire pour notre compétitivité de demain. Jusqu’à présent, c’est une politique fragmentée, menée par à-coups et dans le souci manifeste de contenter l’électorat enseignant.

Il y a des sujets qui méritent plus d’ambition.

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