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Un citoyen européen se saisit de billets en euros dans son porte-monnaie. Selon une étude, l’accumulation de fortune est moins inégalitaire qu’avant.
Un citoyen européen se saisit de billets en euros dans son porte-monnaie. Selon une étude, l’accumulation de fortune est moins inégalitaire qu’avant.
©INA FASSBENDER / AFP

Oubliez Marx 

Qui sont les riches aujourd’hui ? Surprise, l’accumulation de fortune est « moins inégalitaire » qu’avant

Selon une nouvelle étude publiée dans VoxEU, la richesse a changé de nature au cours du siècle dernier. Autrefois détenue par l'élite, elle est aujourd'hui répartie sous forme d'épargne logement et de pensions. L'accumulation de richesse est-elle "moins inégale" qu'auparavant ? Ces résultats peuvent-ils nous aider à comprendre les mécanismes pour réduire les inégalités à l'avenir ?

Daniel Waldenström

Daniel Waldenström

Daniel Waldenström est professeur d'économie à l'Institut de recherche en économie industrielle et chargé de recherche CEPR, CESifo et IZA.
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Atlantico : Dans votre étude intitulée "Wealth and history: A reappraisal", vous avez constaté que la richesse autrefois détenue par l'élite est aujourd'hui détenue sous forme d'épargne logement et de pensions. Cela remet-il en question le fait qu'une petite partie de la population détient la majeure partie de la richesse mondiale ?

Daniel Waldenström : Mon étude porte sur la concentration de la richesse dans les pays riches, et il est clair que de nombreuses personnes possèdent des actifs, de sorte que la richesse est historiquement répartie de manière égale. Si l'on considère la répartition mondiale des richesses, l'inégalité est plus importante en raison des masses de personnes sans le sou dans les pays en développement. Mais cette comparaison est problématique en raison des différences de développement entre les pays.

Qui sont les riches aujourd'hui ? L'accumulation des richesses est-elle "moins inégale" qu'auparavant ?

Le fait de savoir qui sont les riches est une question de définition, mais si l'on considère le centile le plus riche de la population, il s'agit principalement des propriétaires de grandes entreprises prospères.

L'accumulation des richesses est sans aucun doute plus égale aujourd'hui qu'il y a un siècle. À l'époque, la plupart des gens ne possédaient que quelques biens et mangeaient essentiellement tout ce qu'ils gagnaient. Grâce à l'élargissement du niveau d'éducation, à l'amélioration des droits du travail et à des systèmes bancaires plus développés, les gens ordinaires sont aujourd'hui en mesure d'économiser pour acheter une maison ou pour leur retraite.

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Alors que le capitalisme est censé générer des niveaux extrêmes d'accumulation de capital, la croissance qu'il génère tend-elle à réduire les inégalités ? Comment a-t-elle évolué entre le siècle dernier et aujourd'hui ?

Le capitalisme génère à la fois de la richesse et du bien-être. L'histoire montre que la croissance économique a amélioré le niveau de vie de chacun dans les pays riches d'aujourd'hui, même au sein des groupes les plus pauvres. Le renforcement de la démocratie et de la participation des citoyens ordinaires au cours du vingtième siècle a rendu la répartition des nouvelles richesses et des nouveaux revenus plus équitable.

Comment ces résultats peuvent-ils nous aider à comprendre la réduction des inégalités à l'avenir ? Sur quoi les gouvernements devront-ils travailler pour que la croissance serve à réduire les inégalités ?

L'histoire montre que la voie la plus efficace pour réduire les inégalités de richesse consiste à inciter les gens ordinaires à se constituer leur propre richesse, c'est-à-dire l'accumulation de capital par le bas. L'alternative, qui consiste à détruire les grandes fortunes par le haut au moyen d'une taxation excessive du capital, est une redistribution moins efficace car elle affecte les plus petites fortunes. Elle risque également de réduire la croissance globale et le bien-être en entravant les efforts des entrepreneurs.

Pour retrouver l'étude de Daniel Waldenström publiée sur VoxEU, cliquez ICI

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