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"Mais qu’on foute donc la paix 
à Audrey Pulvar !"
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Tempête politico-médiatique

"Mais qu’on foute donc la paix à Audrey Pulvar !"

La célébre chroniqueuse de "On n'est pas couché" est attaquée de toutes parts. Lundi, le secrétaire national de l'UMP, Geoffroy Didier, a appelé le couple Pulvar/Montebourg à choisir entre "redressement productif et la décence médiatique". Critique fondée ? Réponse inattendue du polémiste de droite Eric Brunet.

Eric Brunet

Eric Brunet

Eric Brunet est l'auteur de l'Obsession gaulliste aux éditions Albin Michel (2017). Il présente Radio Brunet tous les jours sur RMC de 13 heures à 15 heures

Il a par ailleurs publié Etre de droite, un tabou français (Albin Michel, 2006) et Dans la tête d’un réac (Nil, 2010).

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Atlantico : Trouvez-vous les attaques envers Audrey Pulvar justifiées ? Elle n’a jamais caché ses opinions ni sa position et cela ne gênait pas grand monde. Pourquoi tant de critiques maintenant ?

Eric Brunet : Je pense que les gens de droite qui s’en prennent à Madame Pulvar se trompent de combat. Audrey Pulvar fait son travail. Je rappelle qu’elle ne présente pas le journal de 20h. Elle participe à une émission de divertissement présentée par Laurent Ruquier. Elle est payée pour jouer les « poil à gratter », par conséquent, elle gratte ! Ne confondons pas : son rôle n’est pas de produire de l’information objective. Elle s’inscrit dans la tradition française des polémistes. Voilà pourquoi, ces attaques sont totalement injustifiées. Enfin, un autre élément : je considère qu’il est insultant de considérer qu’une femme journaliste perd son indépendance d’esprit, dès qu’elle a une relation avec un puissant, fut-il ministre.

Pour moi, le vrai problème est ailleurs. Au fond, on se fiche bien de ces quelques dizaines de polémistes, même si la grande majorité est de gauche. En réalité, le malaise vient de ceux qui ont délibérément fait perdre Nicolas Sarkozy : les 37 300 cartes de presse de notre pays,ces journalistes de la presse généraliste, qui se doivent d’être objectifs, et qui de façon quotidienne, dans les médias nationaux et régionaux, déversent leur opinion de façon sournoise. Un jour, il faudra admettre que ces gens-là ont fortement influencé le vote des français.

On a vu par le passé avec certains couples comme Béatrice Schoenberg et Jean-Louis Boorlo que le mélange des genres, entre politique et  journalisme ne fait pas bon ménage. Est-ce normal ?

Arrêtons le sexisme. Ce serait un bien mauvais procès de considérer que, sur la base d’une simple coucherie,des femmes journalistes remettraient en cause leur éthique, leur honnêteté, les idéaux et leurs rêves. Audrey Pulvar n’a pas attendu Arnaud Montebourg pour avoir le cœur à gauche. Elle a toujours été de gauche. Je le sais, je combats ses idées depuis des années. Mais retrouvons la raison : le débat public à besoin de ces polémistes et de ces éditorialistes. La polémique est un matériau que nous autres Français adorons.

Le vrai problème est autre, il vient des journalistes qui dissimulent leurs opinions, qui camouflent leurs piques derrière le masque de la déontologie. Ils font semblant d’être honnêtes, objectifs et en réalité ils font passer de façon insidieuse des messages. Je trouve que mes amis de droite se trompent de combat. Audrey Pulvar appartient à un style très particulier de journaliste. Ce sont des chroniqueurs, des polémistes, des éditorialistes. Ils sont à part, ils ne racontent pas un fait d’actualité mais ils le prennent, le tordent et le présentent de façon polémique pour construire dessus une opinion. C’est beau, c’est noble et c’est utile à la démocratie.

N’est-ce pas faire beaucoup de bruit pour rien ?

Ce qui est dommage, c’est le poids du politiquement correct. La gauche est tellement policée et pudibonde qu’elle trouvenormal qu’une femme s’efface devant son compagnon. C’est absurde. Ma femme est de gauche et elle est toujours restée de gauche, malgré son mari. Ce débat n’a pas lieu d’être. Audrey Pulvar doit continuer son travail au nom de la liberté de conscience des femmes. Son compagnon doit continuer son travail de ministre. Plusieurs ministres ont des épouses journalistes, je pense notamment à Michel Sapin. Il faudrait donc demander à ces femmes de démissionner, comme l’avait fait l’épouse d’Alain Juppé, ou de Gerhard Schroder, elles aussi journalistes ? Je trouve cela absurde.

Une bonne partie des journalistes français étant de gauche, ne peut-on pas voir là un malaise plus profond ? 

C’est un autre débat. Les journalistes qui informent sont à 80% de gauche. Ils ont accompli un travail militant pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy et en particulier pendant la campagne électorale de 2012. Le plus étonnant c’est que la quasi-totalité des médias s’est alignée sur la ligne éditoriale de Libération et Marianne, des titres ultra sarkophobes. Le malaise est là. Les vrais journalistes, ceux qui sont tenus d’informer les français sans faire de commentaires ne le font pas. A quelques exceptions près, ils ont menti pendant cinq ans à 65 millions de français. Un jour, ils devront rendre des comptes devant l’Histoire.

Propos receuillis par Charles Rassaert 


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