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Quand Libération pleure sur l’interview d’Emmanuel Macron à Causeur
©AFP

Et nous on se marre...

Quand Libération pleure sur l’interview d’Emmanuel Macron à Causeur

L’interview de Macron a fait souffrir Laurent Joffrin...

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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On imagine la scène. Certes on n’y était pas mais c’est parce qu’on avait mieux à faire. Un stagiaire haletant fit irruption dans le bureau du directeur de Libération. Il tenait à la main le dernier exemplaire de Causeur. « Vous avez vu chef, vous avez vu ? » « Quoi ? » « L’interview de Macron ! » Et il ouvrit le magazine à la page 55. 
 
Il y avait là un titre affreux, insupportable. « Emmanuel Macron : La France n’est pas et ne sera jamais une nation multiculturelle ». Un rictus déforma le noble et doux visage de Laurent Joffrin : « Ce n’est pas possible ! Il n’a pas dit une chose pareille ! Pas lui et pas ça ! » Il appela ses troupes de choc, c’est-à-dire la cellule Désintox. Les Désintox sont aux rédacteurs lambda ce que le RAID est aux flics chargés de la circulation, ce que les forces spéciales sont aux trouffions de l’armée de Terre. 
 
« Vous fouillez, vous dépiautez, vous enquêtez et vous vous démerdez pour démontrer que l’interview est bidonnée et mensongère ». Les soldats de l’unité d’élite de Libération partirent au combat. Ils revinrent la mine déconfite : « Mission impossible chef, l’interview est authentique, authentifiée et en plus il s’agit d’un texte écrit ». « Vous êtes des nuls, des pleutres, des bons à rien tempêta Joffrin. Il arracha les épaulettes des gars de la cellule Désintox qui furent aussitôt dégradés et ramenés à la base.
 
Un kamikaze fut désigné pour s’occuper de Causeur. Le type bossa comme un malade. Il était à l’essai et aurait fait n’importe quoi pour être titularisé. Il apporta son article à Joffrin. Il y était écrit que « dans un entretien accordé à Causeur le candidat semble opérer un revirement dans sa défense d’une identité française diverse et métissée. Le raisonnement du candidat est plus complexe que ça. » « Mouais… », fit Joffrin. 
 
L’article poursuivait avec une phrase que les plus jésuites des jésuites n’auraient pas reniée. « Le paquebot En Marche ! a-t-il mis la barre à droite ? Pas vraiment. Car il y a ce qu’Emmanuel Macron a voulu dire et ce que Causeur a voulu entendre ». Interrogée par mes soins, Elisabeth Lévy ricana méchamment : « moi je n’ai rien entendu, il n’y avait rien à entendre, je me suis contenté de lire le texte que Macron nous avait envoyé ». Mais peut-on croire une femme qui dirige une « revue laïco-identitaire-grincheuse » (selon Libération) ? 
 
L’article poursuivait dans la même veine vaseuse où la choucroute le disputait à la semoule. Ainsi, après nous avoir appris que Macron n’avait pas tout à fait dit ce qu’il avait dit et ce que Causeur avait voulu entendre, on découvrait qu’il n’y avait pas de quoi faire un plat de cette interview. En effet, sur un ton triomphant, l’article indiquait que Macron avait déjà dit chez Pujadas ce qu’il avait dit à Causeur. 
 
« Mouais… », fit encore Joffrin de moins en moins convaincu par cet exercice talmudo-byzantin. Puis le directeur de Libération tomba en arrêt sur la dernière phrase de l’article. Il y était écrit que dans l’interview « Macron déclarait sa flamme à Alain Finkielkraut et Michel Houellebecq. » On entendit un hurlement déchirant. Depuis Laurent Joffrin n’est plus qu’une loque sanglotante… 
 

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