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Quand les diagnostics chocs de santé poussent à devenir criminel.
Quand les diagnostics chocs de santé poussent à devenir criminel.
©Josep LAGO / AFP

L’autre effet des cancers

Quand les diagnostics chocs de santé poussent à devenir criminel 

La hausse de la criminalité chez les adultes déjà avancés en âge ont poussé des chercheurs danois à des recherches aux surprenants résultats : être atteint d’un cancer peut pousser à la délinquance.

Steffen Andersen

Steffen Andersen

Steffen Andersen est professeur à la Copenhagen Business School au Danemark. Son principal domaine de recherche est la finance des ménages. Il a publié de nombreux articles et ses travaux de recherches dans des revues comme Econometrica, American Economic Review, Review of Financial Studies, Journal of Financial Economics. Il est également chercheur au CEPR.

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Atlantico : Votre étude Breaking bad: Les effets des chocs de santé sur la criminalité, tend à expliquer le fait que la part des crimes commis par des personnes âgées augmente dans les pays développés. Un diagnostic de santé "choc" (comme l'annonce d'un cancer) sont-ils une piste sérieuse ?  

Steffen Andersen : Ce que notre article montre est qu'un lien de causalité entre un diagnostic de cancer et la propension à commettre un crime est réel. Nous avons plusieurs pistes pour expliquer pourquoi nous pensons qu'un tel lien existe - et la perte de revenus en fait partie. Donc, dans un sens, le choc du cancer en lui-même ne donne pas nécessairement aux individus un état d'esprit criminel. Mais le diagnostic de cancer peut être le point le plus délicat à l'origine du crime pour de nombreuses raisons. Et la perte de revenus en fait partie. 

Quel est le motif principal de ces crimes ?

Dans notre étude, il est difficile d'indiquer exactement le motif principal. Nous regardons si les préférences et les habitudes semblent changer, et cela ne semble pas être le cas. Mais la situation financière et le matelas financier semblent assez importants. Pour ceux qui en ont le moins, le cancer semble être l'artifice à l'origine de plus d'incidents criminels. 

Comment expliquer le fait que les conjoints en bonne santé de patients atteints de cancer soient également plus susceptibles de commettre un crime que la population moyenne ?

Si un point délicat et déclencheur pour la criminalité est la détresse financière, alors une baisse de revenus d'un conjoint malade dans le ménage affectera le revenu du ménage - ce sera donc aussi un point plus délicat pour le conjoint en bonne santé.

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Les résultats que vous avez observé sont-ils liés à certains aspects culturels du Danemark ou pensez-vous qu'ils pourraient être extrapolés à d'autres pays occidentaux ?

Bien que difficile à prouver, je pense que la formulation : «À situation désespérée, mesures desespérées » vaut pour presque toute l'humanité. Si vous êtes aculé et dans une situation désespérée, vous agirez en conséquence. Il est difficile de voir que cela n'est valable que pour les Danois.

Pensez-vous que le comportement observé dans la série télévisée "Breaking bad "est exact ? Est-ce conforme à vos conclusions ? Les gens sont-ils prêts à aller aussi loin sur la voie criminelle s'ils savent qu'ils n'ont aucune issue ? 

Je pense que nos conclusions sont exactes dans l’essence de la formulation suivante : À situation désespérée, mesures desespérées. Les gens sont prêts à aller loin lorsqu'ils sont poussés à bout. Une autre série télévisée pertinente à ce sujet est "Ozark" - même si ce programme parle d'un comptable. Et même s'il n'y a pas de cancer dans cette série télévisée, cela correspond davantage au type de crime que les individus commencent à commettre, des types de crime qui permettent de s'enrichir sur le plan économique. 

Steffen Andersen est professeur à la Copenhagen Business School. Son principal domaine de recherche est la finance des ménages. Il a publié de nombreux articles et ses travaux de recherches dans des revues comme Econometrica, American Economic Review, Review of Financial Studies, Journal of Financial Economics. Il est également chercheur au CEPR.

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