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Prison avec sursis : la lourde peine infligée à Claude Reichmann et aux libérés de la Sécu
©PHILIPPE HUGUEN / AFP

Prisonniers

Prison avec sursis : la lourde peine infligée à Claude Reichmann et aux libérés de la Sécu

Le tribunal correctionnel de Paris vient de rendre une décision lourde pour Claude Reichman et quelques autres militants de la lutte contre le monopole de la Sécurité Sociale. Des peines de prison avec sursis ont été prononcées. La décision met probablement fin à une épopée intéressante, mais menée dans un climat malsain de sectarisme et d’intolérance.

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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Le tribunal correctionnel a eu la main lourde. Pour avoir organisé un système d’incitation à la désaffiliation au RSI, Claude Reichman écope de 10 mois de prison avec sursis. Son association se voit infliger 60.000 euros d’amende, dont la moitié avec sursis. Les autres prévenus prennent également cher. Laurent C., en particulier, bien connu des « libérés », écope de 5 mois avec sursis. L’association Liberté sociale, dont les porte-parole ont souvent le verbe haut, est elle aussi soumise à l’amende.

Un combat mené dans une étrange cécité

Sur le fond, les sanctions tombent dans un étrange contexte de paranoïa. Depuis plusieurs années, Claude Reichman et ses acolytes mènent un combat dans un climat toxique proche de l’esprit sectaire. Alors que l’association des Libérés de la Sécu et ses multiples avatars enchaînent les défaites en justice sur le monopole de la sécurité sociale, ses adeptes crient régulièrement victoire et n’hésitent pas à imaginer des complots pour les faire taire.

Leur argument principal (selon lequel le monopole de la sécurité sociale serait contraire au droit communautaire) a beau être régulièrement infirmé, sous toutes ses formes, par la Cour de Justice de l’Union Européenne elle-même, rien n’y fait. Ceux qui ont subi une condamnation hier ont répété à de nombreuses reprises qu’ils avaient manifestement raison contre toutes les évidences. La justice n’a pu que tenir compte de cette mystérieuse obstination.

Les conflits d’intérêt à peine évoqués

Au demeurant, la justice ne s’est pas encore intéressée au fonctionnement financier des libérés. Selon nos sources, beaucoup d’adhérents ont été étonnés du faible service effectif rendu par Claude Reichman en contrepartie des cotisations versées.

La déception a été forte pour plus d’un cotisant qui s’était entendu certifier que ne plus payer ses cotisations de sécurité sociale était parfaitement légal. Les audiences devant les tribunaux de sécurité sociale qui s’ensuivaient étaient souvent sanglantes…

Certains se sont par ailleurs régulièrement étonné que, dans la foulée, Claude Reichman fasse la promotion d’un cabinet de courtage anglo-saxon, supposé offrir des garanties équivalentes à celles de la sécurité sociale. Le héros des libérés peut d’ailleurs se féliciter, à ce stade, que le régulateur n’ait pas approfondi cette étrange façon (et opaque!) de promouvoir des opérations d’assurance.

Le silence du régulateur a d’ailleurs fait des émules, puisqu’un avatar des libérés proposait récemment de mutualiser les coûts des procédures judiciaires entre adhérents.

Un gâchis pour les adversaires du monopole de la sécurité sociale

Les libéraux adversaires du monopole de la sécurité sociale regretteront le climat d’intolérance que Claude Reichman et ses affidés ont fait régner sur leur cause depuis plusieurs années. La condamnation pénale d’hier finit de discréditer un sujet majeur pour nos sociétés.

De ce point de vue, Claude Reichman est le meilleur ami des partisans de la sécurité sociale et de son monopole. Facile à corneriser, il a terni toute possibilité de débat pour de nombreuses années.

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