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Nadine Morano s'est déclarée candidate à la primaire de son parti.
Nadine Morano s'est déclarée candidate à la primaire de son parti.
©Reuters

"Et moi, et moi, et moi"

Primaire des Républicains : et si la multiplication des candidatures favorisait clairement Nicolas Sarkozy ?

A 15 mois de la primaire à droite chez Les Républicains, de nouvelles ambitions voient le jour, pour Nadine Morano ou Christian Estrosi par exemple. La multiplication des possibles candidatures rebat les cartes pour les tenants actuels au titre.

Michaël Darmon

Michaël Darmon

Michael Darmon est journaliste, chef du service politique de Itele.

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Atlantico : Les candidatures semblent se multiplier dans le cadre de la primaire au sein du parti Les Républicains. Derniers en date, Nadine Morano et Christian Estrosi ont annoncé leur volonté de se porter candidat.

Michael Darmon : Pour le moment, ces candidatures ne sont pas confirmées. Il s’agit d’intention de candidatures, annoncées mais pas validées à l’heure où nous parlons. C’est une chose de déclarer vouloir être candidat, ça en est une autre d’avoir le nombre de parrainages nécessaire en termes d'élus parlementaires afin que cette candidature devienne effective.

Dans le cas de candidatures multiples qui s’alignerait sur le départ de la primaire pour la droite, on peut penser, en fonction des personnalités, qu’elles aideront Nicolas Sarkozy à organiser un second tour. Ce qui est en train aujourd’hui de changer la donne dans la perception de la primaire chez les Républicains, c’est que Nicolas Sarkozy se fait à l’idée qu’il ne fera pas plus de 50%, il y aura donc un second tour. C’est à lui de l’organiser. Il s’agit pour le président des Républicains d’arriver à passer des accords avec les nouvelles candidatures de manière à bénéficier d’un report de ces voix au second tour. Voilà ce qu’il se joue. Si Nathalie Kosciusko-Morizet, Nadine Morano, Christian Estrosi, réussissent à valider leurs candidatures et sont présents au départ de la course, d’une part, cela rendra obligatoire la tenue d’un second tour puisque la répartition des voix empêchera tout candidat d’emporter la partie dès le premier tour, et d’autre part, Nicolas Sarkozy devra arriver à tisser des accords politiques avec ces candidats pour pouvoir sortir vainqueur.

Dans quelle mesure Nicolas Sarkozy serait-il le principal bénéficiaire d’une multitude de candidats ?

A l’heure actuelle si l’on prend ceux qui sont candidats officiellement  - François Fillon l’a déjà dit, Alain Juppé aussi, Bruno Le Maire tente d’entretenir un doute jusqu’à janvier 2016 mais les chances qu’il ne se présente pas sont très faibles, pour Xavier Bertrand cela dépendra des régionales - ne sont pas forcément des soutiens obligatoires de Nicolas Sarkozy. Ils peuvent très bien passer un accord avec le second, par exemple Alain Juppé ou François Fillon pour faire battre le président du parti Les Républicains.

Dans ce contexte, celui qui a tout intérêt à voir émerger de nouvelles candidatures, car cela pourrait lui profiter dans un accord de second tour, c’est Nicolas Sarkozy. En effet, il connait ces personnalités depuis longtemps, ce sont des proches : Nadine Morano, malgré la colère qu’elle peut nourrir à l’égard de Nicolas Sarkozy, est une sarkozyste affective, Christian Estrosi est un compagnon de longue date, Nathalie Kosciusko-Morizet est numéro 2 du parti et a été sa porte-parole pendant la campagne de 2012… Les possibles candidats déjà connus seraient plus enclins à soutenir Nicolas Sarkozy. De même, si un candidat centriste UDI rejoignait la primaire, il pourrait être en situation d’aider le président du parti Les Républicains au second tour.

En quoi une multiplication des candidatures, entrainant alors une large mobilisation pourrait servir à Alain Juppé qui vise l’électorat centriste et handicaper alors Nicolas Sarkozy ?

Je ne pense pas que Nicolas Sarkozy réussisse à réduire le corps électoral. La primaire sera très suivie, elle est un évènement politique considérable puisque c’est la première fois que la droite Républicaine utilise ce procédé pour désigner son candidat/sa candidate à l’élection présidentielle. Le fait qu’il y ait de la médiatisation, que les débats soient retransmis à la télévision, que cela soit ouvert aux sympathisants et non aux seuls adhérents… tout cela contribue à faire de cette primaire un évènement politique qui attirera du monde, contrairement à ce que certains pensent.

Il est certain que plus le nombre de candidats est élevé, plus c’est compliqué pour les autres politiques en course. C’est la raison pour laquelle il faut passer beaucoup d’accords ! Telle est la difficulté. Personne ne sait comment se déroulera cette primaire pour la droite. L’exercice est inédit, ce n’est pas un congrès ou un conseil national. C’est une primaire ouverte au-delà des encartés qui pour la première fois va mettre sur la même ligne de départ de très fortes personnalités politiques à droite pour une compétition qui désignera le chef de file dans le cadre de l’élection présidentielle.

Un candidat centriste dans cette primaire volerait-il des voix à Alain Juppé, ou, au contraire cette présence mobiliserait-elle un vaste électorat au centre favorable au Maire de Bordeaux ?

Un candidat centriste va prendre des voix à Alain Juppé. C’est lui qui peut le plus pâtir de ce type de candidat.

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