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Quand la presse féminine incite ses lectrices à la prostitution
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Hommes à croquer

Quand la presse féminine incite ses lectrices à la prostitution

L'argent et les biens matériels sont présentés par les magazines féminins comme les principales qualités qu'un homme peut offrir à une femme. Cette presse spécialisée n'est-elle pas en train de faire, de cette manière, l'apologie d'une forme de prostitution ? (Partie 2/2)

Arthur Vivien

Arthur Vivien

Arthur Vivien est le fondateur et animateur du blog Homme Culture & Identité consacré à l'identité masculine et aux situations des garçons, des pères et des hommes dans la société. Arthur Vivien s'oppose par ailleurs à tous ceux, et toutes celles, qui veulent opposer la femme à l'homme par des actions militantes idéologisées.
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Dans la presse féminine, l'homme est parfois abordé sous le prisme de son pouvoir matériel. Les lectrices sont invitées à profiter sans scrupules de la manne que représente un homme ayant des signes extérieurs de richesse : voiture de marque allemande, appartement et moquette confortables, téléphone mobile dernier cri... Pour la grandeur des sentiments et les qualités du cœur on repassera ! Tout est question d'opportunité, de savoir-faire, de séduction, dévoyés évidemment. La tendance dans les pages "art de vivre" des magazines est d'inviter les lectrices à "tirer profit" de leurs amants - tout devient afffaire de consommation et de fric, oui vraiment tout.

Oser lui demander un billet avant de monter avec lui pour une partie de jambe en l'air après un bon diner, serait-il le symbole de la modernité des rapports avec les hommes ? Pourquoi les femmes journalistes de la presse féminine osent-elles de telles postures, de telles impostures ? En tout cas, celles qui osent sont présentées comme des modèles dans les pages de ce début 2011. C'est une tendance prostitutionnelle qui est là sous-jacente : l'argent roi suprême, une vision bien crâde des relations homme/femme ! C'est à se demander ce qui fait encore vibrer les journalistes de cette presse. Quand on ne désire plus aimer, quand on est blasé à se jeter sous un train, il ne reste plus que... l'argent.

Vous y croyez vous aux promesses du tout-à-la-consommation ? Vous consommez des hommes, ils consomment des femmes, nous consommons, vous consommez, ils consomment... Quel bel horizon pour nous, pauvres Terriens. Nous sommes en train d'être dévorés, à petit feu, à cause d'un égarement collectif dont la seule justification est l'hymne et la dévotion à l'argent, et le besoin inconditionnel, de s'acheter le dernier IT BAG... qui viendra vite s'empiler dans l'armoire des matériels futiles. Pourquoi des femmes devraient demander du fric à leur amant après ça, mais naturellement parce les pouvoirs du marketing imposent d'être ce que l'on consomme, aussi consommer ce IT BAG devient quasiment une condition de survie pour les femmes les plus fragiles : fric, sexe, IT BAG, et ainsi de suite dans la grande roue mercantile.

Avec de telles logiques, les relations hommes/femmes deviennent un maillon du tout-à-la-consommation et donc il devient naturel dans la presse de requérir que les lectrices demandent à leurs amants un billet sonnant et trébuchant. Logique terrible, perfide, et crâde, encore une fois. Pour mettre ainsi ses lectices les plus influençables sur des chemins de vie aussi troubles, il doit bien y avoir quelque part un problème dans la grande machinerie consommante, et dévorante, qu'est devenue notre société avec en renfort la publicité qui s'immisce partout sans retenue. Pour ceux et celles qui penseraient encore que les femmes seraient les sauveuses de l'Humanité, il y a comme un "hic" à voir naître des générations de femmes embobinées par les visions mercantiles promues, sans responsabilité aucune, par la presse. Où sont les femmes, et les hommes, prêts à se battre contre cette dictature de l'argent qui s'immiscent aussi perfidement dans nos relations ?


Conclusion : femmes et hommes, nous sommes tous perdants

A force de proposer à ses lectrices une relation à l'homme uniquement sous des registres sexuels ou mercantiles, les journalistes sont-elles encore en mesure de faire autre chose que d'intoxiquer leurs lectrices ? Avec plus de 220 millions d'exemplaires vendus chaque année, la presse féminine est devenue plus influente que le livre la plus vendu au monde (La Bible en l'occurrence). "Aimez-vous-les-uns-les-autres-comme-Je-vous-ai-aimé" est alors remplacé par "baiser-les-uns-les-autres-ainsi-vous-aurez-des-IT-BAG". Reconnaissez que l'on tombe bien bas... Cette presse a-t-elle conscience de son influence, notamment auprès des plus jeunes de ses lectrices qui peuvent être, par définition, plus influençables et donc tentées d'appliquer la formule "sexe-fric-bag" naïvement ? Proposer une approche de la relation entre les hommes et les femmes un peu plus inspirée, un peu plus engageante, serait-ce trop demander aux journalistes apparemment irresponsables qui noircissent des pages dévouées à la logique consumériste ? Apprenez à parler du coeur des hommes, de la tendresse, et vous trouverez sur votre chemin des hommes tendres et aimants. Je crois qu'à force de se focaliser sur nos pulsions les plus primaires, cette presse nous enfonce, et nous enferme, nous limite, dans des pulsions primaires. A force de mettre les hommes au niveau d'un sextoy, les hommes deviennent guère plus que des sextoys pour les femmes.

Les femmes, dont certaines disent qu'elles pourraient apporter beaucoup à l'humanité, qu'elles en seraient l'avenir, pourront-elles tenir ce rang ambitieux si elles sont elles-mêmes polluées par une presse infidèle aux idéaux féminins ? Les femmes pourront-elles élever nos vies, et notre société si, semaine après semaine, elles lisent une presse qui salit les hommes et conditionne les femmes à percevoir les hommes par un très petit bout... de la lorgnette ? Les femmes se rendent-elles compte qu'elles sont parties prenantes à tout cela, et qu'elles ont aussi beaucoup à craindre du monceau de clichés et de raccourcis qu'elles lisent et entendent sur les hommes ? Comment peuvent-elles espérer en l'homme, l'envisager comme un partenaire fructueux et sincère dans ces conditions ? Pour le moment, dans les magazines féminins, les hommes sont réduits à des sexes, caricaturés comme des objets à consommer, et cela fait deux perdants : la femme ET l'homme. Combien de temps faudra-t-il pour que cela change, pour espérer qu'un jour, après avoir posé, simplement et sincèrement, des mots justes et attentifs à l'Autre, de perdants, nous devenions tous et toutes gagnants ? Tant que l'homme sera réduit à son sexe, l'homme se réduira lui-même à son sexe, comme par effet d'entrainement, une forme d'auto-réalisation. Si vous attendez autre chose des hommes, demandez-le, exigez-le fermement à celles qui formatent de façon irresponsable, les têtes et les coeurs.

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