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Certains experts se frottent les yeux devant la croissance de 0,6% qui s’est affichée au premier trimestre.
Certains experts se frottent les yeux devant la croissance de 0,6% qui s’est affichée au premier trimestre.
©Reuters

Editorial

Pourquoi l’embellie de l’économie française pourrait bien connaître des ratés

La croissance de 0,6% qui s’est affichée au premier trimestre n'est pas due à des réformes internes au pays mais seulement à des facteurs externes, tels que la croissance américaine ou le cours du pétrole. Dès lors, l'embellie économique française reste très fragile.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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L’économie française est-elle enfin sortie de la léthargie qui la mine depuis des années ? Certains experts se frottent les yeux devant la croissance de 0,6% qui s’est affichée au premier trimestre et qui permet à la France de se situer au cours de cette période parmi les meilleurs pays européens. Un tel rythme de croissance n’avait pas été enregistré depuis le deuxième trimestre 2013. Un résultat dans lequel certains voient déjà un début de renouveau,  même s’il est bien connu qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Car le petit bond en avant réalisé  n’est pas le résultat d’une politique volontariste alors que les freins qui enserrent l’Hexagone sont toujours à l’œuvre. Les fondements de la reprise sont extérieurs : la baisse du pétrole, qui apporterait vingt milliards d’euros de pouvoir d’achat supplémentaire que nos compatriotes utilisent  en augmentant leur consommation, le repli de l’euro et des taux d’intérêt, dont les effets ont pour l’instant été moins spectaculaires, même s’ils commencent à se faire sentir.

Il reste que le bon chiffre du premier trimestre a été salué avec soulagement comme s’il annonçait un changement salutaire. La Commission de Bruxelles a mis la pédale douce sur les critiques qu’elle adresse régulièrement à Paris pour exprimer cette fois des encouragements à poursuivre sur ce qui pourrait apparaître comme  une bonne voie, tout en conservant une certaine prudence. Car il faut conforter la bonne nouvelle, pour qu’elle ne  reste pas une performance sans lendemain. On sait déjà que l’investissement est toujours en panne, plombé par le secteur de la  construction en recul, tandis que le chômage poursuit son ascension sous l’effet des plans sociaux en cours. Par ailleurs, la baisse de l’euro n’a pas encore d’effet positif sur le commerce extérieur : les importations continuent de se développer plus vite que les exportations, en raison des difficultés du système productif à répondre à la demande. Par ailleurs, la fenêtre qui vient de s’ouvrir sur le monde pourrait bien se refermer en partie : les cours de l’or noir ont repris leur ascension, avec plus de vingt pour cent au mois d’avril, et l’euro opère une remontée sensible  par rapport au dollar. Et la conjoncture américaine reste mollissante. Si cette tendance se confirme, le vent fort qui soufflait de l’extérieur dans le bon sens pourrait se transformer rapidement en une faible brise et annuler une partie des effets positifs qu’il  avait généré. Ce qui signifie que la France ne doit pas continuer à se laisser porter par un courant fragile, mais profiter au contraire de la chance qui lui est offerte pour amorcer enfin les réformes indispensables si elle ne veut pas continuer à perdre du terrain vis-à-vis de ses voisins européens qui se sont mis résolument à l’ouvrage.

 

Il faut que notre pays se décide à changer de modèle : abandonner le schéma qu’il déroule imperturbablement  depuis trente ans, fondé sur des subventions pour maintenir contre vents et marées des entreprises et des organismes obsolètes, nourris aux aides publiques, qui génèrent les déficits, conduisant à un recours excessif à l’impôt, le tout asphyxiant l’économie du pays, freinant les transformations indispensables du tissu industriel productif et maintenant un niveau déraisonné  de chômage. Un chantier énorme à réaliser, qui supposerait un programme qui irait bien au-delà de la prochaine échéance de l’élection présidentielle de 2017. Encore faudrait-il fixer des objectifs précis et commencer dès maintenant à poser la première pierre.

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